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Le plan

Publié le 08 mars 2009 par Hortensia

Je m’appelle Charles. Joli prénom, n’est-ce pas ? A entendre ce prénom pour la première fois, on pourrait croire que je viens d’une famille distinguée, propre, facile, polie et bien placée. C’est le cas. J’ai fait des études respectables, une école d’ingénieur pas trop mal classée. Comme l’argent est important, je me suis lancé dès le début de ma carrière dans le conseil. D’abord dans un cabinet d’audit industriel puis je me suis spécialisé dans la gestion des cycles de vie des produits industriels pour les grandes entreprises. J’ai été formé par Siemens, puis J’ai fait avancer EADS, Thalès, Faiveley, Alstom et Areva.

Je gagnais bien ma vie. Seulement, je n’aimais pas ma vie. Elle était un gouffre mensonger de solitude et de souffrance. Aujourd’hui, je sais pourquoi. Comme dans les produits, j’ai re-pensé ma vie et j’ai trouvé la faille. J’étais un rebut. On aurait dû m’empêcher d’aller dans la vie, dans la production, en l’état. Seulement, ma mère, elle, n’a pas fait l’analyse nécessaire de sortie d’usine (sortie du bercail). Ou alors, elle a procédé par échantillonnage, et n’a tenu compte que du bon état mental de mon grand frère qu’elle a d’ailleurs toujours appelé son grand héritier… Cherchez la faille ! Elle m’a toujours ignoré, pas de lait maternel, pas de geste, pas de sortie avec elle, pas de bisou, ni bonjour, ni bonsoir. Il parait même qu’elle a fait un déni de grossesse jusqu’à ses 5 mois, quand ça commençait à se voir.

Jusqu’ici, vous pourriez penser que j’aurais été assez intelligent pour m’en sortir. Et bien non !
Nous étions une famille provinciale, j’étais à Paris, d’abord pour mes études, ensuite pour le travail, depuis 10 ans environ. La femme, cette meute conduite par ma mère à l’origine, est un groupe manipulateur et sec. J’ai longtemps cherché une mère douce. Je n’ai trouvé que des gamines matérialistes et brutes. Inutile de vous dire qu’elle n’était jamais venue me voir à Paris. Depuis, ma naissance, ma mère était une Déesse inabordable, un fantasme, un refoulement, une frustration, un monde qui m’était interdit bien que tout proche. Des barreaux d’interdiction s’étaient dressés, une prison mentale et familiale s’était érigée.

Mon plan m’est venu peu à peu. Je l’ai fignolé pendant une petite année. Je me suis intéressé à la psychanalyse, au droit pénal, à l’incarcération. Un jour, au vu des preuves et probabilités que j’avais accumulées, mon plan ne pouvait que marcher. Là était ma survivance, le but de cette vie qui me pesait et dont je voulais me débarrasser.

J’ai décidé de commettre un bon viol, être reconnu et accusé par quelqu’un d’assez vindicatif. Cela serait mon premier forfait. Je n’avais aucun lien avec Paris, je devrais psychologiquement être suivi, car ma vie ne correspondrait pas avec ce viol et je devrais donc être incarcéré dans la prison qui est à peine à 35 kilomètres de la demeure familiale.

J’ai choisis Christine, une consultante comme moi, qui travaillait sur un de mes projets depuis une dizaine de mois. Elle était jeune, belle, carriériste, vindicative à souhait, assez militante. Elle ne verrait en mon jeu que du feu. J’avais prévu de lui donner aussi un peu de plaisir pendant l’acte, cela afin qu’elle se sente intérieurement coupable et m’accuse à l’extérieur encore plus. Quand on tient les filons de la psychologie, on peut aller loin…

Le soir était arrivé. Il était 21h. J’avais exprès demandé à Christine de finir une étude pour le lendemain 8h et je lui avais dérobé sa puce d’accès au réseau de l’entreprise depuis un réseau privé. Elle était donc obligée de rester dans l’entreprise pour finir son travail.
Il n’y avait plus que nous deux. J’ai pris mon couteau japonais très bien affuté, pour ne pas qu’elle bouge trop et je l’ai prise dans la cafétéria. La cafétéria est un endroit très confortable. Moquette rouge, divans, coussins. Le management tient au bien-être des ses cadres. Un viol, c’est comme un accident de voiture. Tout va très vite mais chaque seconde retentit en nous comme une éternité. L’esprit est au maximum de sa vigilance.

Je l’ai prise par le cou, j’ai gentiment mais durement enfoncé un tout petit peu la lame du couteau dans son ventre. Son cœur battait à 100 à l’heure, Ses yeux étaient exorbités. Je me réjouissais. Elle en était presque attirante. Je lui ai fait comprendre que si elle se tenait sage, cela serait plus facile pour tous les deux et son petit ventre souffrirait moins. Du coup, elle a été très docile. Je l’ai forcée à me sucer, histoire de réveiller un peu mon organe, puis je l’ai bien baisée. J’ai pris soin de faire cela avec force et douceur, comme elles aiment. J’ai senti les ondes chez elle, son plaisir, tout cela inondé par de la vraie peur et de l’humiliation. Mon plan marchait à la perfection. Pour aggraver mon cas et qu’elle n’oublie pas le crime, pour finir, je lui ai entaillé le visage et les seins. Petite signature qui m’enverrait direct là où je voulais aller.

Le lendemain, la police est venue me prendre. J’avais eu le temps pendant la nuit d’envoyer mon préavis de sortie de l’appart, une lettre d’ordre avec chèque à une société de déménagement, ainsi qu’avertir mon père de l’arrivée des meubles. Il m’ont gardé au début en région parisienne. Il leur est vite apparu que j’avais un problème psychologique, et que toute ma famille était en Charentes. J’en ai pris pour 7 ans, dont 3 avec sursis. Comme je l’avais prévu, le psychologue a tout fait pour que je sois incarcéré là où je voulais. Avec ma bonne conduite, je comptais y rester 2 ans.

Cela fait un an que j’y suis. Un pur bonheur. J’ai commencé un MBA. Et ma mère vient me voir tous les dimanches. Je me regorge d’elle. J’apprends à la connaitre et elle à me regarder. Je compte mes heures de bonheur. Encore 12 ou 15 mois. Ma vie a pris un sens.

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