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Peur du changement ?

Publié le 09 mars 2009 par Pierrem
Comme presque tous les jours, j'ouvre mon navigateur internet préféré : mes pages visitées les plus régulièrement s'affichent et je clique sur mon espace Netvibes pour y accéder.
Parmi tous les flux, je remarque le nouvel élément chez Martin Vidberg, un dessin à propos de la vie des bloggeurs. C'est un article du Monde qui l'a inspiré, je vais lire de quoi il retourne. Hypertextualité quand tu nous tiens. L'article est étrange, un peu sur le mode "les blogs sont au journalisme ce que McDo est aux produits bio", il laisse une impression bizarre.
Dans l'article est cité Nicolas Vanbremesch alias Versac. Il est dans mes contacts Facebook, je trouverais certainement sur son "mur" un commentaire sur cet article. Pas loupé, l'intéressé reproche à cet article d'avoir quelques années de retard, et relaie un peu plus tard un article de François B. (phnk et Polit'bistro, j'en parlais dans mon dernier billet).
François s'énerve sur le Polit'Bistro : selon lui le journaliste s'est fourvoyé dans sa critique de l'activité des bloggeurs, et il le démontre de manière assez efficace. Ma première impression trouve confirmation. Le recoupement des sources du journaliste est assez limite, la distanciation et l'objectivation pêche également. Pourtant il s'agit là des piliers du métier de journaliste, que l'on ne manque pas de retrouver cités dans l'article du Monde incriminé. Les commentaires du billet sur Polit'bistro sont tout aussi intéressants, et Bouillaud y rappelle que LeMonde.fr lui-même héberge des non-journalistes sur sa plate-forme de blogs, dont Martin Vidberg.
Ah oui, c'est vrai que j'étais parti de ce dessin de Vidberg. Je retourne à Netvibes, un nouvel article est tombé sur le fil du Monde, "Une soirée organisée sur Facebook dégénère".
Intrigant, je clique. Je lis. A Tours samedi soir, une soirée dont l'origine était une page Facebook (c'est un peu le descendant du flash-mob version festive) tourne mal, sans que l'on sache qui de la police ou des jeunes ont commencé les premiers a jeté des projectiles sur les autres. Et la soirée est racontée par la journaliste. Pour les détails voici les sources qu'elle a utilisé : un groupe Facebook, un compte Twitter, une vidéo sur DailyMotion, trois blogs... Elle risque d'avoir un problème avec son collègue de rédaction, quand l'un tape sur les bloggeurs, l'autre s'en sert comme source. Attention à la schizophrénie.
Finalement ce qui change le plus ce n'est peut-être pas tant le fait que les bloggeurs piquent le travail des journalistes (même si on comprend qu'il n'est pas forcément rassurant d'imaginer perdre son emploi, le "journaliste-citoyen" est plus un construit des journalistes qu'une réalité). C'est plutôt que le travail de journaliste s'en trouve modifié : les sources sont différentes, parfois elles alimentent plus rapidement les rédactions et peuvent même faciliter le travail du journaliste dans son enquête.
Si les journalistes (les professionnels) ont peur des bloggeurs (les amateurs) c'est probablement qu'ils pensent que ces derniers les concurrencent dans leur rôle de media. Pourtant les bloggeurs sont souvent plus des relais que des concurrents, et les media ont besoin de ces relais. En effet, des études en psychologie sociale (menée par Paul Lazarsfeld au Bureau of Applied Social Research de l'Université Columbia dans les années 40, ça ne date pas d'hier) ont montré que ce qui influait un individu n'était pas tant le message asséné par un media que son relais assuré par un membre de la famille ou d'un groupe dans lequel dans l'individu est socialisé. Les journalistes gagneraient sûrement à considérer les bloggeurs comme un relais de plus, mais un relais qui a la capacité, grâce au fameux buzz, de leur remonter les commentaires sur leur travail. Un aiguillon, une pression supplémentaire pour toujours plus d'exigence.
Tiens, j'ai un nouveau message sur ma messagerie Facebook, j'avais pas remarqué. Manuel me balance un lien, vers le blog d'Antoine Doyen, photojournaliste. Selon lui, La presse web veut la peau des photojournalistes. La faute à qui ce coup-ci ? La presse web qui veut plus payer les photographes ? Où les amateurs qui viennent là encore concurrencer les pros ?>>Laisser votre commentaire !

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