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Rencontre avec Gilles Berhault, Regard vers 2015 !

Publié le 10 mars 2009 par Red-Act | Concepteur | Rédacteur | Alsace @red_act

gilles-berhault.jpgPrésident d’ACIDD et fondateur du forum international TIC21, Gilles Berhault publie aujourd’hui "Développement durable 2.0, Internet peut-il sauver la planète ?". Ardent militant en faveur des Technologies d’Information et de Communication, il nous invite à mener une réflexion durable et responsable sur les apports et impacts potentiels des NTIC à l’environnement. Tous les aspects y sont traités : travail en réseaux, bâtiment intelligent, mobilités, technologies vertes, nouveaux enjeux.
Enfin, concernant les monde immersifs, il nous rappelle intelligemment que nos actes virtuels ont des conséquences réels, invitant ainsi plus que jamais à améliorer process, technologies et comportements pour les mettre en phase avec le défi incontournable du développement durable
.
Gilles Berhault, vous venez de publier l’ouvrage : "Développement durable 2.0, Internet peut-il sauver la planète ?". Pour la première fois en France, nous semble-t-il, on évoque clairement la contribution des technologies de l'information au développement durable. Quel a été le moteur de vos recherches ?

Gilles Berhault : Le point de départ a été une réflexion sur le développement durable. A l’école, on m’a appris que les ressources étaient abondantes, que l’information était rare. Aujourd’hui c’est le contraire. Ce qui est important c’est l’efficacité dans la gestion des ressources et la capacité à gérer de l’abondance d’information. Les TIC nous permettent de gérer de l’information qui permet d’être efficace et donc de moins impacter la planète avec nos activités : bâtiments mieux gérés, mobilité plus intelligente, participation collective…
Alors justement, Internet peut-il contribuer à sauver la planète ?

Gilles Berhault : Très concrètement, on peut éviter des transports, agir ensemble, prévoir, mieux se former, mieux éduquer…
Jusqu’à présent, lorsque l’on imaginer le futur, on le voyait technologique et gris façon « Cyberpunk ». Avec vous, on y met un peu de couleur. C’est une analyse ou un acte de foi ?
Gilles Berhault : Dans la science fiction et la prospective, il y a plusieurs époques. A certaines périodes, on a vision très positive de l’avenir et de la technologie… et pas seulement chez Jules Verne. Orwel ou Damasio nous emportent dans des univers plus stressants. La vraie question me semble être celle du choix. C’est dans les prochaines années que nous devrons faire les choix de la démocratie… -la situation mondiale n’est pas très bonne-, mais aussi des limites technologiques, de la question des nanos et biotechnologies, de l’intégrité du corps humain.
Dans sa préface, Catherine Trautmann vous rend hommage en vous plaçant « parmi les éclaireurs qui ont décidé d'explorer tous les aspects du développement durable » ? Quelles pistes avez-vous justement tracées dans votre livre ?
Gilles Berhault : Effectivement, Catherine Trautmann me fait un beau compliment. Mon approche se veut globale. Le développement durable et les TIC ne sont pas des finalités, des religions. Ce sont des pistes à explorer à fond, et à remettre en cause. Les deux concepts ont beaucoup à gagner à se confronter. L’essentiel reste à faire.
Vous évoquez la journée idéale d’un homme ou d’une femme en 2015. La date n’est pas loin. Pourquoi avoir choisi 2015 ?
Gilles Berhault : 2015, c’est demain… Nous vivons une accélération du temps. Personne ne peut dire sérieusement quand vont arriver les mutations. Personne ne pensait il y a cinq ans que nous serions aujourd’hui 4 milliards à utiliser un téléphone GSM.
C’est une échéance courte et longue. C’est le moment de s’y préparer.
Revenons-en à notre « quotidien de demain ». Sera-t-il vraiment le rendez-vous de tous les possibles ?

Gilles Berhault : Tout est possible, c’est évident. Les technologies sont un gigantesque amplificateur. C’est à nous de choisir. Le pire comme le meilleur.
Quel est votre regard aujourd’hui sur les mondes immersifs et la 3D. Des entreprises commencent à y communiquer et d’autres y réunissent leurs cadres pour économiser billets d’avions et déplacements.

Gilles Berhault : Les mondes immersifs sont d’excellents espaces de pédagogie et de créativité. Il est aussi temps de comprendre que la substitution est possible pour certaines réunions. Mais il va falloir mettre en priorité la diminution des impacts environnementaux de la 3D. La consommation électrique de Second Life est insupportable. C’est aussi la faute des usagers. Il faut savoir tuer son avatar inutile, éteindre ses machines, ne pas envoyer des fichiers vidéo inutilement trop lourds, faire des mailings avec des phot0s et des PDF très lourds…
Au-delà des perspectives que vous tracez, on traverse une crise économique forte. Pensez-vous qu’investir utilement dans les TIC est un moyen de créer une la convergence entre relance économique et développement durable ?
Gilles Berhault : Ce n’est pas qu’une question d’investissement. Evidemment, nous devons faire se rejoindre TIC, développement durable, crise… Mais, il ne s’agit pas que de développer des technologies… plus ou moins propres et vertes. Il y a aussi à faire preuve de créativité sur les modèles économiques, la répartition des richesses. Le droit d’auteur ne répond plus aux réalités d’aujourd’hui.


Propos recueillis par Red-Act (article libre de droits sous réserve de mention de la source)


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