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Fortis + BNP-Paribas : les géants bancaires coûtent cher aux contribuables.

Publié le 09 mars 2009 par Alaindumait

crise-financiereJe n’arrive pas à me réjouir de la reprise de Fortis par BNP-Paribas.

Pour les actionnaires, ils ne sauront que bien plus tard si les onze milliards d’euros mis sur la table ont été bien investis, ou non.

Pour les citoyens contribuables, je ne vois que des inconvénients ;

D’abord, c’est un nouveau pas de franchi vers la constitution d’un géant européen. Et, ce que la crise nous a fait découvrir, avec le sauvetage généralisé de tous les géants bancaires, des deux cotés de l’Atlantique, c’est que plus les banques sont grosses et moins elles courent le risque d’être déclaré en faillite. Elles sont protégées. Comme des entreprises publiques. Elles sont donc à 100% à la charge des contribuables.

Le regroupement et la concentration sont de mauvaises réponses à la crise. On remarquera d’ailleurs que ce sont les plus grosses des 450 banques françaises qui ont pris le plus de risques, ont perdu le plus d’argent, et coûtent le plus cher aux contribuables… Je ne sais pas si « small is beautiful », mais ça nous coûte moins cher !…

C’est si vrai que la reprise de Fortis a été négociée avec l’Etat belge, actionnaire direct de Fortis, non seulement par la direction générale de BNP-Paribas, mais aussi par les gnomes de la Direction du Trésor du ministère français des finances.

BNP-Paribas est devenu un  établissement appartenant à une catégorie juridique mal identifiée : privé pour le capital, et public pour ce qui est des décisions, les hauts dirigeants, tous anciens hauts fonctionnaires, étant les seuls à s’y retrouver…

Les commentateurs ne s’y trompent pas qui, désormais, parlent du « service public » de la banque, ou de « délégation de service public ».

On est bien obligé de constater que l’évolution qui s’opère sous nos yeux a sa logique. Les pouvoirs publics se sont d’abord emparé du pouvoir d’émettre la monnaie, en s’affranchissant de toute référence métallique. Les banques étaient devenues, dès lors, leurs clients obligés. Elles viennent d’être absorbées dans un système tout entier public, quasiment nationalisé.

Un certain nombre de libéraux acceptent cette nouvelle situation. Alain Madelin parle par exemple du caractère de « bien public » de la monnaie…

Mais d’autres s’en inquiètent. Car pourquoi les hommes de la sphère publique, hauts fonctionnaires et hommes politiques, sauraient-ils gérer convenablement cette marchandise, alors qu’ils ont fait la preuve qu’ils étaient incapables de gérer correctement toutes les autres ?

Et pourquoi la monnaie et les taux d’intérêt ne seraient-ils pas librement choisis et négociés sur le marché, sans l’intervention, toujours intempestive et funeste, des politiciens ?

La citation du jour : “Vous ne pouvez pas aider les pauvres en ruinant les riches” (Lincoln).


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