Magazine Société

L'usage du téléphone portable dans le couple

Publié le 14 mars 2009 par Anonymeses

« Le téléphone portable dans la vie conjugale. Retrouver un territoire personnel ou maintenir le lien conjugal ? », Martin, De Singly, Réseaux, 2002

Le téléphone portable est-il un équipement conjugal ou personnel ? Quelle place prend-t-il dans le couple ? C'est à ces deux questions majeures que répondent les auteurs dans l'article que nous présentons cette semaine.

Les auteurs de l'article distinguent deux types d'usage du téléphone portable : le téléphone peut être utilisé par un individu à titre purement privé et individuel, sans que son conjoint intervienne, il est alors « individualisé », il peut être utilisé en commun avec le partenaire et dans ce cas, on dira qu'il est « conjugalisé ».

L'individualisation peut prendre plusieurs formes et recouvrir différents degrés: est-ce que son utilisateur principal va le prêter, plus moins souvent, à son conjoint ?  le conjoint pourra-t-il répondre lorsque la sonnerie du téléphone retentit en l'absence ou en la présence du « propriétaire » du portable ? Un autre élément d'objectivation du degré d'individualisation du portable est perçu par les auteurs dans la connaissance, par le conjoint, du code secret (code PIN) permettant de mettre en service le téléphone et d'activer la ligne. Pour eux, la connaissance de ce code semble être l'indice le plus important de l'individualisation du portable, car « à la différence des autres indices d'individualisation, la connaissance du code PIN ne reflète pas les usages exceptionnels ou accidentels, le prêt ponctuel ou le partage circonstanciel : il reflète le caractère potentiellement conjugal du portable »

Il peut être intéressant de connaître en fonction des principales caractéristiques sociales des individus - le sexe, l'âge, leur milieu social ou culturel - comment varie l'individualisation du portable ?

A partir de la construction d'un indice d'individualisation, les auteurs montrent que « plus le diplôme de l'enquêté est élevé dans la hiérarchie scolaire des diplômes, plus son portable a des chances d'être très individualisé ». Mais surtout,l chances d'avoir une individualisation du portable importante augmentent avec l'âge de l'enquêté : les enquêtés âgés de 40 à 45 ans comme ceux âgés de 45 à 50 ans ont, plus souvent que les enquêtés plus jeunes, un usage très individualisé de leur portable.

Comment relier l'étude de l'individualisation du portable à la vie conjugale ? Les auteurs établissent un lien entre le type de relation conjugale des individus et leur usage du portable. Les personnes qui ont un usage individualisé de leur portable ont plus de chances d'être caractérisés par une vie conjugale plus individualisée, c'est à dire moins centrée sur le couple que sur les individus qui le constituent. On remarque qu'un couple est plus ou moins individualisé ou fusionnel selon la tendance des conjoints à, par exemple, partir en vacances l'un sans l'autre, à fréquenter un club ou une association sans lui, à rendre visite à ses parents sans lui, passer régulièrement des soirées sans lui. Ainsi « l'individualisation du portable n'est qu'une dimension particulière de l'individualisation de la vie dans les couples. Il ne s'en distingue pas de manière fondamentale : les individus ayant les comportements les plus individualisés sont aussi ceux ayant un usage souvent individualisé du portable ; et inversement, les couples les plus fusionnels sont aussi ceux où le portable est souvent partagé sinon partageable »

Par contre, « le portable se distingue en effet des autres aspects de l'individualisation sur un point essentiel : l'individualisation de son usage tend à augmenter avec l'âge de l'utilisateur. »

Frédérique


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Anonymeses 29 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazine