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Adam casse la télé # Semaine n°23

Publié le 16 mars 2009 par Blabla-Series

Edito

Cette semaine, Adam n’était pas d’une humeur séries. Malgré une semaine très chargée, malgré le retour du très bon Breaking Bad, malgré un hilarant The Office, malgré l’arrivée du plutôt novateur et intéressant Castle, Adam a réalisé que les séries, c’est plus ce que c’était.

Comment apprécier l’esprit de Liz Lemon lorsqu’on a grandi avec Lorelaï Gilmore ?
Comment frémir avec Olivia Dunham lorsqu’on a déjà tout vu avec Dana Scully ?
Comment Betty Suarez peut-elle succéder à Angela Chase en prime-time sur ABC ?
Comment passer de Phoebe Bouffay à Lily Aldrin sans se consterner ?
Comment admirer la trendy Serena Van Der Woodsen lorsque la fancy Carrie Bradshaw nous a fait un show pendant six ans ?
Comment se satisfaire de la famille Scavo quand on a voulu être membre de la famille Green ?
Comment se contenter de Echo après Buffy ?
Comment apprécier la fausse pertinence des starlettes actuelles de Megan Smith à Claire Benett lorsqu’on a connu Shelly Johnson et Claire Fisher ?
Comment peut-on regarder Prison Break après Oz ? Brotherhood après les Sopranos ?
Comment oublier Karen Delaney St. Croix Popeil Walker Finster-Walke lorsqu’on n'a plus que Susan Mayer à se mettre sous la dent ?
Comment rêver de l’Amérique de Kitty Walker lorsque C.J Cregg nous a déjà tout dit ?

Alors la e-plèbe, comment ?

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Dimanche 8.03

Desperate Housewives (5.16 Crime Doesn’t Pay) Sans doute les semaines de hiatus, sans doute un effort dans l’élaboration scénaristique de l’épisode…, en tout cas, le retour de Desperate Housewives cette semaine s’est avéré payant.
Si l’histoire de Susan peine à intéresser (malgré le bon personnage de Katherine mais faute de réelle recherche dans la nouvelle situation entre les deux femmes et Mike l’ennuyeux), en revanche, celle de Lynett et Gaby ont été agréablement bonnes et bien menées.
D’abord, un retour aux sources pour les Scavo, une prémice d’intrigue intéressante qui devrait déboucher sur un comeback professionnel de Lynett. L’histoire devrait pouvoir nous faire oublier l’arc inutile fait autour du films Scavo (Porter ou Parker ?) et miser à nouveau sur l’alchimie détonnante (et initialement originale) existante entre Lynett et Tom.
Celle de Gaby a été également parfaitement louable.
Grâce à des répliques dignes du personnage comique de haut vol que représente Gabrielle Solis (“Well, call the Vatican, cause we’re gonna need a manger and some hay”. She’s the most incredible woman I’ve ever met. Sheila ? C’mon, she has a Hello Kitty tip jar”) la storyline pourtant attendue (une conclusion à l’histoire de tromperie du patron de Carlos) s’est suivie sans déplaisir. Comme l’épisode, drôle et gentillet.

(8/10)

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Flight Of the Conchords (2.06 Love is a Weapon of Choice) Cela devait arriver : les Flights se battent pour une fille. Et pour une cause : les chiens épileptiques. Quand l’un veut en faire un gala de charité, l’autre veut dégoter un nouveau vaccin canin. Le summum du loufoque.

L’histoire avait de quoi déconcerter mais la scène conclusive de l’intrigue (le fameux concert, sur fond de diapositives de chiens, qui a coûté la vie à plusieurs chiens épileptiques) s’est révélée jouissive, consacrant par là même un épisode bourré d’humour (ou comment apprécier le retour de leur fan unique : Mel) et de nuances subtiles (I lost him for six years. Charlie ?).
(7.5/10)

Big Love (3.04 On Trial) Un épisode aussi intense et travaillé que les précédents signant par là, une saison parfaite et puissante.
Le procès s’est enfin déroulé, du côté de Salt Lake City. Les auteurs misent davantage sur les préliminaires de celui-ci que sur déroulement même. Evitant par là les écueils du genre légal show réchauffé.
Dans cet épisode, chaque scène de chaque sister-wive, de chaque mormon, de chaque enfant Henrickson est intense, marquante, complexe. Margene qui se cherche (la scène où elle danse frénétiquement est d’une puissance rare), Nicky qui pousse son père dans les escaliers (quel regard !) et Barb qui demande Ana en mariage.
La série développe des personnages époustouflants, aux personnalités complexes voire insaisissables et cela d’une manière simple et juste. La série devient ce qui se fait de mieux du côté des chaînes câblées, un vrai retour aux sources pour la télé. C’est un véritable régal intellectuel.

(9/10)

The United States of Tara (1.08 Abundance) L’épisode axe sa trame dramatique sur le nouvel alter de Tara, Gimme, sorte d’animal féroce et violent qui préoccupe Max et la thérapeute de Tara sans en dévoiler davantage sur cette nouvelle personnalité.

Laissant finalement le spectateur sur sa faim, l’épisode préfère consacrer (exclusivement) son temps au personnage d’Alice, qui regorge autant d’afféteries et de manières truculentes. Mais cet alter gagne ici aussi en profondeur, son obsession d’enfanter avec Max, au départ dépeinte comme amusante et frivole, laisse peu à peu transparaître un véritable mal-être chez Alice. La scène finale est déchirante.

L’écriture est excellente. Les répliques d’Alice sont imparables. L’interprétation de Toni Colette meilleure encore.
(8.5/10)

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Lundi 09.03

Castle (1.01 Flowers for Your Grave) ABC, un cop-show, du formula puant à plein nez, des meurtres en abondance : tout était prédit pour que Castle soit le genre de série détestable, creuse et inutile, à la sauce CSI. Pourtant, la série, par son humour, son rythme, sa légèreté affichée, son autodérision assumée, ses acteurs convaincants et sa palette de personnages atypique, s’est révélée être la surprise de la semaine. Une sombre histoire de serial killer, copycat du best-seller Richard Castle, au démarrage.

Puis l’histoire et les personnages se mettent en place. Castle est l’anti-héros par excellence, séducteur invétéré, maladroit et blagueur. Kate, la flic bien sous tout rapport, un peu sèche, un peu frigide mais au bon fond. Un duo qui fonctionne formidablement, quasi-chimiquement.

Autour de ce duo, gravitent des personnages d’emblée originaux. Martha, la mère du héros. A l’Ouest, charmeuse voire un peu nympho, un portrait d’une sexagénaire comme on en voit peu à la télévision américaine.

Si l’histoire policière s’avère finalement plus convenue qu’au démarrage, l’écriture sarcastique et bien sentie de l’épisode et les personnages permettent de souffler à la série un air loufoque et attachant. A suivre.
(8/10)

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How I Met Your Mother (4.16 Sorry, Bro) Les techniques de l’épisode semblent usées jusqu’à la corde : on réunit notre bande de copains dans leur bar préféré, on les fait jacasser sur tout et rien pendant 20 minutes en agrémentant leur propos (toujours sur les relations amoureuses) de flashbacks intensément comiques pour distraire au maximum le spectateur.

Les répliques de chacun sont parfaitement calibrées (chacun à tour de rôle raconte son anecdote). Tant pis pour la spontanéité. Les flashbacks sont bien pensés, rythmés et souvent drôles. Tant pis pour l’originalité.
Ca reste tout de même attractif et désennuyant.

(7/10)

Heroes (3.19 Shades of Gray) Un épisode bizarrement pas-mauvais et étonnamment soigné. Pour la première fois depuis le début de l’arc de cette saison (la fameuse traque des héros part ce « gouvernement » clandestin), le fil narratif avait un sens. Emile Danko devient l’homme à abattre, il représente une menace pour les deux clans, un nouvel enjeu en découle.

Claire poursuit sa mission secrète (à savoir, sauver par ci, par-là une âme en détresse) sans que celle-ci soit faussement intense. Les quelques autres histoires (Matt en bombe humaine, Tracy en quarantaine) se sont révélées bizarrement haletantes. Plus de simplicité peut faire du bien, la preuve avec cet épisode d’action distrayant.(6.5/10)

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Mardi 10.03

The Big Bang Theory (2.17 The Terminator Decoupling) Construire son épisode entier autour d’une seule (et maigre) guest-star (Summer Glau, aka SexyRobot dans Terminator), c’était (presque) comme faire injure à la série. D’autant que la fameuse storyline (du rentre-dedans à deux balles fait successivement par les geeks (parfois drôles) du show) n’avait rien de foncièrement comique (du déjà-vu puissance mille).

Heureusement, le geek (toujours drôle) du show (i.e Sheldon) disposait de son histoire à lui (comme toujours) en lien avec Penny (comme toujours). Et le tout s‘est avéré fructueux et très efficace, les répliques échangées entre les deux protagonistes étant (comme toujours) très élaborées.
(6.5/10)

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Mistresses (2.04) La vie suit son cours chez les Mistresses. Katie se ressaisit et reste avec Dan, Hari découvre l’infidélité chronique de Siobhan, Jessica réalise que son volage de mari ne lui convient plus et Trudy en apprend plus sur le secret de son fiancé.
Une évolution globale intéressante mais cruellement convenue. Si le spectateur ne s’ennuie pas, c’est avant tout grâce au talent et à l’émotion frappante des héroïnes et à la mise en scène prenante très BBC.

(7/10)

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Mercredi 11.03

Damages (2.10 Uh Oh, Out Come The Skeletons) A deux épisodes de la fin, Damages accélère le rythme et dégénère son propos. Et tous les protagonistes de cette saison se retrouvent. Claire Maddox et Dominic Purcell, contre Walter Kendrick, une histoire d’empoisonnement à la aracite intéressante qui aura sans doute des conséquences sur le soudain mea culpa de Claire. On comprend que Walter est un pourri fini et que Claire, sur la voie de la rédemption, sera bientôt en danger.

Ellen met enfin les pieds dans le plat : elle confie son secret à Timothy Oliphant (j’ignore encore son nom dans la série). A sa couverture, mise en danger, s’ajoute l’histoire des deux feds qui semble autant dérailler, pas très pro le FBI dans Damages. Crac et indic’, il semble que le rôle du FBI va être déterminant pour la suite. On imagine aisément une Ellen laissée à elle-même, obligée en saison 3 de faire cavalier seul et de réunir elle-même les éléments qu’elle a contre Patty. Ou autre scénario malin dans le genre.

Du côté de Patty Hexes, c’est repos. La storyline qui lui est consacrée, n’intéresse que sa famille. On imagine mal un lien éventuel entre l’arc de cette saison et la prof d’art-girlfriend du fiston de Patty, mais pourquoi pas.

La scène finale en dévoile plus quant à la fameuse scène clé de la saison 2 de Damages. Les coups de feu qui succèdent au « I lied too » n’ont donc pas tué Patty (qui en doutait ?), malgré le face-to-face, la confrontation entre les deux héroïnes. La scène nous laisse sur notre faim. C’est, encore une fois, bien vu. Vite, la suite.
(8.5/10)

The New Adventures of Old Christine (4.17 Too Close for Christine) Christine se fait une nouvelle amie, ce qui soulage Barb.
Et qui ravit Christine, pour un temps. Une thématique sur l’assistance ciblée et formidablement bien menée, comme toujours dans cette sitcom modeste mais de très bonne facture

(9/10)

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Jeudi 12.03

Ugly Betty (3.17 Sugar Daddy) C’est la crise. A Mode, aussi. Et même dans le monde hispanique du Queens. Deux histoires sur le même thème, aussi réussies l’une que l’autre.

La famille Suarez se serre les coudes, c’est dans ces moments-là que la famille paraît la plus crédible. Une happy end prévisible mais pourtant pas crispante, l’histoire des Suarez ayant emporté notre adhésion (seuil de tolérance ?) grâce à leur participation au jeu télévisé. Une alternance entre drama mélo (l’expulsion fatidique, l’air catastrophé de Betty la moche) et comédie attachante (le moment omelette, Justin fait la manche sous la bénédiction d’Hilda) particulièrement mesurée.

Sans verser dans un registre pathétique, l’histoire de Mode était tout aussi mesurée. Amusante, grâce à Wilhelmina qui découvre les joies du bus ou qui est contrainte de mettre au placard son vison, ou Marc fidèle à lui-même. Surprenante, également, grâce au rapprochement entre les deux éditeurs en chef de Mode pour une cause qui exige plus qu’une rivalité d’égos.
Pourtant pas très originale sur le fond, cette histoire s’est ancrée dans une réalité du terrain véridique, alors que la série est connue pour être tout sauf réaliste. Betty a réussi un joli coup d’essai.
(7.5/10)

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Skins (3.08 Effy) L’épisode d’Effy d’une saison davantage teenie et ternie (jeu de mot) allait-il être aussi inventif, quasi-onirique que ceux des saisons précédentes ? C’était une question légitime que le sériephile était à même de se poser.

Et vu la qualité grandissante de cette saison, la réponse est plutôt mitigée.
Si l’ambiance est plus soignée, plus mélo, plus touchante et que les personnages s’affirment de plus en plus au fil de cette saison, en revanche, le thème du jour manquait cruellement d’originalité.
Une sombre fête au beau milieu de nulle part virant à la peur générale, quitte à ressembler à un mauvais slash movie, c’était le pari pour célèbrer Effy. Et malgré un sentiment d’inquiétude attendu, le tout ne s’est pas révélé très prenant.
Pour le fond, même constat septique. Les storylines étant réduites à deux histoires d’amour bâclées, vues mille fois ailleurs, il y avait de quoi être déçu. Un duel qui ne va pas jusqu’au bout de ses promesses (faire mourir l’insupportable Katie et rendre criminelle une Effy déboussolée aurait été ambitieux. Et soulageant). Pourtant, le personnage d’Effy et ses compères avaient pris de l’étoffe au fil de cette saison.
Reste plus qu’à espérer que la suite soit moins one-shot que cet épisode un peu hasardeux.

(6.5/10)

The Office (5.17 Golden Ticket) Michael Scott a une idée de génie. Se déguiser en Willy Wonka et offrir aux clients chanceux (ceux ayant découvert dans leur lot de papier un golden ticket) une remise de 10%.
L’idée était astucieuse et originale, la folie enfantine de Michael n’avait pas été exploitée depuis le début de cette saison. Finalement, cette histoire n’était qu’un prétexte, joliment amené, pour approfondir la relation de pouvoir qu’il existe entre Michael et Dwight. Un angle où la cruauté de  Dunder Mifflin est notoire et sans concession.
Un bonheur pur pour le spectateur friand de ces scènes un peu absurdes, un peu dérangeantes mais surtout très drôles caractéristiques de The Office.

(8.5/10)

30 Rock (3.13 Goodbye, My Friend) Trop d’histoires peut anéantir le propos comique de 30 Rock. Preuve en est avec cet épisode fouilli, qui cumule les storylines avec peu de tact.

Si l’histoire de Liz Lemon (qui sympathise avec une jeune serveuse/chanteuse paumée pour essayer d’adopter son bébé) ou celle de Jack (qui lui, se prend d’amitié pour Frank le scénariste) sont excellentes de fait, celle de Tracy ou de Jenna ont été moins à la hauteur.

Pourtant, le potentiel ne faisait aucun doute (Jenna qui ne supporte pas d’être ignorée par ses proches, en vient à créer des mini-évènements dans sa vie). Mais l’alternance de tous ces sketches, ajoutée au format court et à l’écriture trop rythmée du show ne permettent pas d’exploiter convenablement ces histoires sans empreinte, souvent réduites à rien.
(6.5/10)

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Grey’s Anatomy (5.17 I Will Follow You Into The Dark) Le retour de la série phare d’ABC.
On avait beau se moquer un peu de la démence d’Izzie et de son comportement erratique, sa storyline devient de plus en plus touchante. Aborder la maladie de l’héroïne comme la série le fait était un pari risqué et alambiqué mais les auteurs s’en tirent bien, distillant les éléments dramatiques de l’histoire avec finesse. Et efficacité : on se prend de pitié pour cette Izzie devenue récemment insupportable à l’œil nu.
Autre storyline misant sur le lacrymalisme de l’américaine ménagère sortie des fourneaux pour l’occasion, l’histoire de Derek, qui est plus ou moins celle d’Izzie de saison 3, mais qui se finit sur une scène déchirante (ou presque) entre lui et Meredith.
Pour le reste, Georges devient inexistant et les crises cinquantenaires du chef ne sont que des bouche-trous narratifs et hystérico-chiants, typiques de la série.

(7/10)

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Après un spleen sériel (véridique mais) sans conséquence, Adam tire un bilan hebdomadaire mitigé. En brayfe cette semaine, les séries anglaises n’ont plus la côte. En revanche, de l'autre côté de l’Atlantique, les nouveaux Breaking Bad et Castle ont illuminé –toutes proportions gardées- nos soirées.

Bonne semaine.


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