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Les langues, ce délit

Publié le 17 mars 2009 par Chroneric

Le procès d'Yvan Colonna met encore le doigt sur un triste constat. Les affaires corses sont délicates et troubles. C'est de notoriété publique que les Corses n'ont pas la langue facile. Parler est un danger de mort. Il est donc normal de voir cette affaire s'embourber. Entre les contradictions et les témoignages absents, les juges vont avoir du mal à rendre un verdict juste et en adéquation avec une implication réelle ou non de l'accusé. Ils vont avoir du mal à tenir la balance droite avec tous ces gens qui essayent de faire pencher de leur côté. Appelé comme témoin, le juge Bruguière a justifié son absence pour cause de santé, des témoins se rétractent, d'autres ne viennent plus. C'est digne d'un scénario de cinéma.

Pour ajouter du dramatique, le suspect ne veut plus sortir de sa cellule pour assister au procès : ses avocats dénoncent une justice injuste et une issue courue d'avance. La justice, ce n'est pas seulement quand on gagne un procès, la justice c'est la justice, point barre. Quand on manque d'arguments, on n'a plus le choix que de crier au scandale. Les avocats devraient méditer cette phrase d'Anatole France : "La justice est sociale. On l'administre avec des règles fixes et non avec les frissons de la chair et les clartés de l'intelligence. Surtout ne lui demandez pas d'être juste, elle n'a pas besoin de l'être puisqu'elle est justice". Mais l'intérêt d'un suspect est de se défendre. Les absents ont toujours tort et cet entêtement risque de lui coûter cher.

Pendant ce temps, les audiences se succèdent. Jeanne Ferrandi se présente à la barre mais refuse de s'exprimer : "Je n'ai rien à déclarer en l'absence d'Yvan Colonna et de sa défense". J'appelle ça une ruse de sioux. Sous prétexte qu'elle ne veut pas porter préjudice en parlant "dans le dos" de l'accusé, elle se protège d'une certaine manière. Mais avec un tel comportement, les dépositions précédentes effectuées par écrit sont toujours valables. Dans ces dépositions, elle n'innocente pas Yvan Colonna mais jette le trouble sur ce qui s'est passé ce soir là, notamment l'absence de son ex-mari pendant un certain temps du domicile et l'hébergement d'Yvan Colonna au retour de son ex. Si Yvan Colonna est innocent, pourquoi ne veut-il pas dire tout ce qu'il sait ? Veut-il protéger quelqu'un ?

On nage en plein roman policier. Moi je dis, il faut appeler Columbo, Jessica Fletcher et Tom Barnaby : ils ne seront pas trop de trois fins limiers pour démêler tout ça !


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