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S. Augustin, Jésus flagelle ceux qui le flagelleront

Publié le 17 mars 2009 par Walterman

S. Augustin, Jésus flagelle ceux qui le flagelleront

4. Que dit ensuite l'Evangéliste? "La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem". L'Evangéliste passe à un autre récit, selon que sa mémoire le lui fournit. "Et ayant trouvé dans te temple des gens qui vendaient des boeufs, des brebis et des colombes et des changeurs assis, il fit un fouet avec des cordes et les chassa tous du temple, ainsi que les moutons et les boeufs; il répandit par terre l'argent des changeurs et renversa leurs tables, et il dit à ceux qui vendaient des colombes: Otez tout cela d'ici, et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic". Que venons-nous d'entendre, mes frères? Ce temple n'était qu'une figure, et cependant le Seigneur en chasse tous ceux qui n'y venaient que pour leurs intérêts, qui s'y rendaient comme à un marché. Cependant, qu'y vendaient-ils? Ce dont les hommes avaient besoin pour les sacrifices de ce temps-là. Car votre charité ne l'ignore pas; afin d'empêcher les Juifs de se laisser entraîner au culte des idoles, Dieu leur avait ordonné des sacrifices proportionnés à la grossièreté de leur esprit et à la dureté de leur coeur; aussi immolaient-ils dans le temple des boeufs, des brebis et des colombes; vous le savez, pour l'avoir lu. Ce n'était donc pas un grand mal de la part de ces marchands de vendre dans le temple ce qu'on leur achetait pour l'offrir ensuite dans le temple; et cependant, Jésus-Christ les en chasse. Que ferait-il donc s'il trouvait ici des ivrognes? Que ferait-il? Ceux qui vendaient des choses permises par la loi, sans enfreindre les règles de la justice (car ce qu'on achète sans blesser l'honnêteté, se vend licitement), le Sauveur n'a pas hésité à les exclure du temple; il n'a pas souffert que la maison de la prière devînt une maison de commerce. Si la maison de Dieu ne doit pas devenir une maison de négoce, doit-elle devenir une maison de débauche? Quand nous parlons de la sorte, les coupables grincent des dents contre nous; mais nous trouvons notre consolation dans les paroles du psaume que vous venez d'entendre: "Ils ont grincé des dents contre moi". Nous savons aussi, par ce que nous entendons, nous guérir de leurs coups, bien qu'à vrai dire leurs fouets retombent sur Jésus-Christ; car c'est sa parole qui est flagellée: "Leurs traits se sont réunis contre moi, et ils ne l'ont pas su". Jésus-Christ a été flagellé par les fouets des Juifs, il est flagellé aujourd'hui par les blasphèmes des mauvais chrétiens; ils multiplient les coups de fouet contre leur Seigneur, et ils ne le savent point. Faisons, nous autres, avec le secours de sa grâce, ce qui est marqué au même psaume: "Pour moi, lorsqu'ils m'étaient à charge, je me revêtais d'un cilice et j'humiliais mon âme dans le jeûne (Ps 34, 13-16)".
5. Disons-le pourtant, mes frères, Jésus-Christ n'a pas épargné les Juifs, et celui qui devait être flagellé par eux les a flagellés le premier. Et ce n'est pas sans vouloir nous signaler un mystère que, pour flageller ces indisciplinés qui faisaient du temple de Dieu une maison de commerce, il a composé un fouet avec de petites cordes. En effet, tout pécheur se fait à lui-même une corde de ses péchés. "Malheur", dit le Prophète, "à ceux qui traînent leurs péchés comme une longue corde (Is 5, 18)". Quel est l'homme qui fait de ses péchés une longue corde? C'est celui qui ajoute péché à péché. Comment ajoute-t-on péché à péché? En recouvrant sous d'autres péchés les péchés déjà commis. Quelqu'un a volé: pour que son vol ne soit pas découvert, il s'adresse à un magicien. C'était assez d'avoir volé, pourquoi vouloir ajouter péché à péché? En voilà deux. Lorsque ton évêque te détend d'avoir recours à un magicien, tu blasphèmes contre lui, voilà trois péchés. Lorsque tu l'entends dire: Mettez-le hors de l'Eglise, tu dis: Je vais m'engager dans le parti de Donat; voilà un quatrième péché ajouté aux trois autres. La corde s'agrandit, prends-y garde. Lorsqu'elle sert ici-bas à te flageller, il est bon que tu te corriges, dans la crainte d'entendre, à la fin des siècles, ces paroles "Liez-lui les pieds et les mains et jetez-le dans les ténèbres extérieures". "Car chacun est lié par la corde de ses péchés (Mt 22, 13)". La première de ces sentences est tirée de l'Evangile; la seconde, d'un autre endroit de l'Ecriture; mais c'est le Seigneur qui les a prononcées toutes les deux: Les hommes sont liés par leurs péchés, et ils sont jetés dans les ténèbres extérieures.


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