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Allées cavalières

Publié le 17 mars 2009 par Rendez-Vous Du Patrimoine

Clichés I. Rambaud
Cette année, je ne suis pas allée au Salon... Celui du livre, pas celui de l'Agriculture !
Ceci dit, la confusion était possible car c'est au même endroit ; j'aime autant les grosses bêtes que les beaux livres ; il y a autant foule ; il y a chez l'un l'authenticité qu'on ne trouve pas chez l'autre ; chez l'autre, la complexité mondaine qu'on ne trouve pas chez l'un (devinez)...; chez l'un le cuir tanné qui vient de l'autre... donc bien des points communs, hormis l'odeur, unique à chacun (devinez).Bref, cette année, ni l'un ni l'autre. Mais j'ai revu les photos prises l'an dernier à ce même endroit, (pas à l'intérieur, à l'extérieur) et je me suis dit qu'après tout regarder les à côtés, les alentours, le "contexte urbain" comme disent les sociologues, avait aussi son sens puisque le Salon existe dans un environnement bien précis, celui de la "porte de Versailles". Un nom qui fleure bon la haute noblesse, les départs en calèche, les cortèges royaux, les allées cavalières, les bassins dorés.On s'y presse de partout, en tout cas de Paris, pour s'entasser à l'intérieur d'immenses hangars bondés, voir les livres, les tâter, les palper, approcher les auteurs, écouter par bribes les conversations, en engager, tituber dans les allées, repartir avec des chargements de sacs qui vous cisaillent les mains et vous déboîtent les épaules. On est tout seul dans la foule. On a chaud, on respire mal, on repart avec des espérances de lectures, de changements, de découvertes. On rêve d'allées cavalières.Et dehors ? et autour ? que voit-on, en sortant ? des allées cavalières ? des bassins dorés ?A ma droite : des toits verdâtres, des boîtes de climatisation (bonjour la consommation d'énergie) et au loin des tours, des immeubles en boîtes, un pantin métallique qui doit être la Tour Eiffel, des alvéoles pour les humains.

A mes pieds, un gros escargot de béton, des parkings, des voies de bitume gris, des alvéoles pour les humains.

A ma gauche, des camionnettes de livraison, des voies rapides, des voitures en bouchon, des oriflammes publicitaires et encore des tours et encore des alvéoles pour les humains.Des alvéoles où les gens lisent à l'abri des bouquins qui ont fait leur tour au Salon, histoire de respirer la ville, qui sent si bon, histoire de dire qu'ils en étaient.Des gens comme vous et moi qui rêvent alors d'allées cavalières et de bassins dorés, pour de vrai, avec le frémissement des branches basses sur leur joue et les jets d'eau qui ruissellent en colliers de perles.Merci pour votre lecture ! Thank you for reading !

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