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Ivre de «vain »

Publié le 16 février 2009 par Oliviernda
"La vanité est une ambition toute personnelle ; ce n'est pas pour ses qualités réelles, ses mérites et ses actions, que l'on veut être estimé, honoré et recherché, mais pour soi-même ; aussi, la vanité convient-elle surtout à la beauté frivole." - Johann Wolfgang von Goethe. Triste réalités de chez nous. En observant les événements en Côte d'Ivoire, à Madagascar, au Congo, l’on ne peut qu’être souvent froissé et même outragé par le plaisir que prennent nos dirigeants à faire les "unes" des presse locales pour des actes aussi risibles les uns des autres. Les « unes » sont pleines de déclaration tapageuse, de discours vide et souvent obscène qui ne contribue en rien au développement de l’Afrique. A tour de rôle chacun fait sa petite grimace, on s’expose vaniteusement sans jamais contribuer à l’essor ou à l’avancée de quoi que ce soit. Bien au contraire.Ce problème de la société Africaine est endémique et profond. Les Africains sont vains et avec n’ont aucune confiance en eux-mêmes. Ils ressentent un profond désir d’être vus et cela en dépit de la valeur de leurs actions. Nous avons entendu des prisonniers, des voleurs, de politiciens véreux, des rebelles faire des déclarations burlesques dans la presse. Du planton au ministre, toutes les classes de la société sont piégées par ce désir mesquin d’être vu et connu pour absolument rien de valeureux pour nos états. Des Héros dont les haut-faits ne valent absolument rien. "Des héros Zéros". Les bonnes intentions (ONG imaginaires) sont exhibées comme moyen d’acquisition de droit de passage dans la presse locale. Après obtention de ce droit, on défile et aligne déclarations inutiles sur déclarations inutiles, les une aussi puéril que les autres. Jamais une action n’est menée dans un but non lucratif (médiatiquement non-lucratif) ou dans un esprit d’aide au développement.
Les initiatives sont plutôt guidées par le désir de les revendiquer en insistant sur leur paternité/maternité. Surtout que tout le monde sache que cette ignoble ou belle idée a un géniteur qui doit être vénéré et adoré !Les funérailles, les réunions de famille et toutes ces centaines de petites cérémonies fantoches servent de scène à ces « Disc Jockey » au col blanc qui ne cherchent que la moindre occasion de célébrer leur vanité maladive. Se regarder et se faire voir est la règle du jeu. Deux jours d’une semaine de travail y sont consacrés. Le vendredi de "farotage" et le lundi de récupération. Monsieur « L’important » !Cette vanité encrée dans nos sociétés, détruit nos pays où nos politiciens et dirigeants passent plus de temps devant le miroir que dans leur tiroir à ordonnancer les dossiers du pays pour contribuer à le développer.Blaise Pascal disait « La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme, qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir des admirateurs ; et les philosophes mêmes en veulent ; et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit ; et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus ; et moi, qui écris ceci, ai peut-être cette envie ; et peut-être que ceux qui le liront ... » Le désir d’être publiquement apprécié siège au centre de toute leur décisions. Comprenez donc que les coûts incroyables de toutes les actions gouvernementales très souvent au stade de la planification sont médiatisés au point de confondre le commun des mortels. Ce projet est-il déjà fait ou sera-t-il réalisé dans un futur incertain ?
Les Africains sont profondément atteints d’un complexe d’infériorité qu’ils essaient de combler par un désir persistant de se sentir supérieur à autrui.
Cette « auto-importance » se traduit souvent par un traitement moins qu’humain d’autrui. « Parler mal » est apprécié, encouragé et même jugé nécessaire dans la démonstration de son importance. Cette arme est prisée et utilisée en terrain public devant le moindre micro, la plus petite camera ou le stylo de l’homme des médias.
Après tout, le « couper -décaler » a été créé pour aider les illettrés à faire ce que les politiques peuvent faire (la Prodada) sans avoir à utiliser ses méninges grippées et sans avoir à forcer des talent inexistants. Fais-toi voir à la dimension de ton postérieur, à la couleur de tes chaussures, l’essentiel c’est d’être vu. Ne contribue surtout à rien, mais ne quitte pas la scène, ton importance en dépend.Évitons les discours vains et profanes, n’oublions pas que « Vanité des vanités tout est vanité et poursuite du vent. » Par Olivier N’da

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