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Sin Fang Bous - Clangour (2009)

Publié le 21 mars 2009 par Oreilles
Ça commence toujours comme ça, avec ces disques forêts, broussailleux, touffus, sauvages, et hantés : au début on s'y égare, et le sentiment n'est pas des plus agréables. Les disques d'Animal Collective, Grizzly Bear, Atlas Sound, Le Loup sont toujours difficiles d'accès au premier abord, si bien que l'on préfère rester à l'orée. Mais déjà là, la main posée sur le tronc d'un pin, le pied dans la mousse, ce que l'on entrevoit a l'air merveilleux. On appelle cela savoir attiser la curiosité. Une fois que l'on y met franchement le pied, que l'on débroussaille les mélodies et les lianes, la musique se révèle : de la beauté à foison.
Sindri Màr Sigfússon, chanteur du très bon groupe islandais Seabear, a fait de son premier album sous le nom de Sin Fang Bous un splendide enchevêtrement, à la fois savant et intuitif, de voix, de machines, de guitares, de flûtes, et de tant d'autres belles choses. La forêt ainsi bâtie est chaude et accueillante, lumineuse et colorée. Nous y gravissons des collines plus clairsemées, qui nous permettent de prendre la lumière et de la hauteur et d'admirer le panorama, époustouflés par tant d'abondance ; ce sont ces refrains pop émouvants qui éclaircissent l'album, le long de "Advent In Ives Garden," "Catch The Light," "Melt Down The Knives," ou encore "Clangour and Flutes." Puis nous nous engageons sur des sentiers qui se dessinent sous nos oreilles, ce sont ces mélodies plus complexes qui parcourent l'album en tous sens. Et même lorsque nous y avons pris nos repères, nous découvrons à chaque écoute de Clangour de nouveaux recoins inexplorés. Clangour n'a pas fini de nous fasciner. Nous quittons le folk et partons à l'aventure...
Et l'aventure est merveilleuse. "Fa Fa Fa" est une jolie clairière qui s'ouvre comme du Animal Collective d'avant Strawberry Jam, et se poursuit comme du Grizzly Bear à son meilleur. Mais Sin Fang Bous se distingue en ce qu'il dessine des contours plus pop à ses compositions, et s'accroche plus au bois de ses instruments qu'aux composants des ses machines. Néanmoins, nous avons désormais une claire idée de ce à quoi aura ressemblé le lyrisme des années 2000 : aux côtés des fioritures massives façon Arcade Fire, les trouvailles de ces formations d'électro-folk nébuleuse nous aurons tout autant émus. Clangour, ou la vitale certitude d'être bel et bien de son temps, un temps que l'on écrit et que l'on fuit d'un même mouvement.
En bref : de l'electro-folk aventureuse, abondante et authentique, à laquelle l'artiste dessine des contours pop pour qu'elle décolle sans partir en vrille.

Sur Myspace.
Deux beaux clip à l'esthétique lo-fi :


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