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Non à l'Union européenne. Non au nationalisme.Non aux "Etats-unis d'Europe". Réflexions sur l' UE, la nation et la démocratie prolétarienne

Publié le 23 mars 2009 par Lalouve
Z'allez me dire "elle est jamais contente celle-là" et avec elle, c'est toujours "Non"!
Donc, au risque d'en agacer à nouveau certains, et comme cette période pré-électorale agite les ruches politiciennes et réveille les bourdons, je souhaiterais revenir à nouveau sur cette fameuse "troisième voie communiste" (dont je pense, naturellement, qu'elle existe), relativement à la troublante question de la nation, largement entendue.
Une voie ni trotskiste (ou "trotskisante" - c'est à dire le projet des "Etats-Unis d'Europe") ni souverainiste (comme on dit poliment pour certains camarades que je jugerais, moi, plutôt nationalistes).
- D'abord, il me semble évident que la question de la nation ne peut pas être, aujourd'hui, un "discriminant idéologique" permettant de distinguer la droite de la gauche, puisque si bien la droite qu'une partie dite de la gauche s' y retrouvent fréquemment au rythme des référendums et des élections de l'UE.
- Je dirais également qu'une position a pu être juste pour nous, communistes, il y a cinquante ou cent ans, mais qu'elle ne l'est plus forcément aujourd'hui.
Rien ne saurait être inscrit "dans le marbre", surtout pour nous qui devons, je pense, par essence, être mouvement, c'est à dire d'une certaine manière, être philosophes et donc en "prise directe" avec notre monde tel qu'il EST.
J'insiste sur ce sujet de la nation d'un point de vue politique et prolétarien plus précisément, car je pense extrêmement dangereux de nous placer volontairement dans une perspective politique qui laisse la porte ouverte à nos principaux ennemis, les Le Pen, les De Villiers... je veux dire les nationalistes de droite, bras armé du capitalisme.
Pas seulement du point de vue de leur racisme, manifeste, abjecte, ni même de leur xénophobie, mais aussi à cause de ce que leurs "ancêtres" (et eux mêmes) ont toujours fini par faire subir aux travailleurs et aux exploités, que ceux ci soient, finalement, noirs, jaunes, ou blancs! Et comment ne pas ajouter un mot sur l'anticommunisme viscéral de ces représentants politiques?
Non, il faudrait être fou pour se laisser approcher par de tels personnages, on ne peut pas se compromettre, ni compromettre nos luttes renaissantes, dans de tels errements.
C'est pourquoi nous devons de toutes nos forces lutter contre cette dérive social-chauvine et combattre ces idées nationalistes qui refont surface, progressivement, dans le mouvement communiste.
- Les concepts, notamment juridiques, changent, se transforment, au gré des années, en fonction de nombreux éléments : leur utilisation, les circonstances historiques, les jurisprudences, la pratique législative, etc.
En conséquence, les réalités qu'ils désignent sont également recréées par les concepts eux-mêmes. C'est une perpétuelle interaction.
Exemple: quelles similitudes reste-t-il entre la famille du code Napoléon par exemple, et la famille aujourd'hui? Quelles similitudes entre le citoyen de la constitution de l'an I (qui pouvait fort bien être un "étranger") et celui de la 5ème République? Le majeur de 1958 est-il le même que celui de 2009? Etc.
Je ne reviens pas sur les développements qui m'amènent donc à dire que la nation, a fortiori telle que nous la connaissons aujourd'hui, est bien un concept juridique bourgeois (au sens où ce concept est un artefact, une fiction si on préfère, produit par la pensée dominante, qui imprime à tout ce qui le touche de près ou de loin les buts que la bourgeoisie a assigné à la construction de son projet de construction politique, à savoir l'essor, et la préservation du capitalisme comme règle d'airain ), et que de mon point de vue, donc, la nation est un concept dont nous ne pouvons pas nous satisfaire; cela, je l'ai dit et expliqué maintes fois.
J'insisterai simplement aujourd'hui sur le fait que cette position ne signifie nullement que je dénie à la nation une quelconque existence, ou plutôt une quelconque réalité!
Au contraire, j'affirme bien volontiers que "la nation" est une réalité. Une réalité juridique, politique.
Mais une réalité spécifique et protéiforme aussi, car nombre de pays dans le monde, malgré la création de la SDN, puis de l'ONU, ne se servent pas de ce concept comme un concept fondateur de leur philosophie politique, ou ne donnent pas à ce concept le sens que nous lui donnons en France.
La constitution des USA par exemple, ne mentionne la nation qu'à trois reprises pour désigner des relations avec l'étranger, et commence par ce préambule que j'ai toujours trouvé très fort :
" (We, the people...) Nous, Peuple des États-Unis, en vue de former une Union plus parfaite, d'établir la justice, de faire régner la paix intérieure, de pourvoir à la défense commune, de développer le bien-être général et d'assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à notre postérité, nous décrétons et établissons cette Constitution pour les États-Unis d'Amérique."
Point de Nation comme "corps intermédiaire" entre l'Etat et le Peuple pour déterminer qui est titulaire de la souveraineté , c'est à dire, au fond qui commande à l'Etat, et au-delà qui commande au Peuple.
Point de mystification aussi compliquée à mettre en œuvre que notre fameux:
" La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum."
Oui, la nation, en France en tout cas, c'est une réalité d'origine bourgeoise, qui a un contenu bourgeois, encore de nos jours, et sans doute même bien plus qu'en 1789/1793.
On va me dire en hurlant "Il n'y a pas de réalité bourgeoise, tu délires, sale gauchiste"!
Je pense, toujours, que non, c'est faux. Il y a des réalités bourgeoises.
Notre réalité politique actuelle est bourgeoise "des pieds à la tête", du droit de manifester en passant par la liberté d'expression jusqu'à la citoyenneté qui nous qualifie politiquement ... (et c'est pour cela que le combat politique des communistes est aussi dur, c'est parce que nous devons nager dans cette réalité politique-là pour espérer la transformer et changer de société un jour...).

- On pourrait aussi me reprocher d'accorder une importance démesurée au droit - certains me l'ont reproché d'ailleurs. On sait sur quelle idéologie repose ce reproche. Je n'y reviens pas.
Alors, ce reproche serait exact si le droit était "Idée pure", s'il n'était réalité lui-même, créateur de réalités. Si ce n'était un des instruments de prédilection de la bourgeoisie pour gérer la société. S'il n'agissait profondément par différents moyens sur nos vies!S'il n'était l'un des piliers du système capitaliste!
Mais je ne développerai pas non plus ici car je l'ai déjà fait ailleurs.
Bref, on ne peut pas évacuer la question du "Droit créateur" (et quel créateur) d'un revers de la main!
Tous les fascismes se sont appuyés sur le droit, les juristes, et plus spécifiquement, sur la loi, pour naître et grandir. Et je ne parle pas que de lois pénales bien sûr.
Bien sur, je pense, et j'espère, que la société communiste se régulera par la pratique politique, et non plus par le droit ou ce qu'on appelle "la justice". Et oui, je crois que, si à un moment, il n' y aura plus d'état, sans doute, il n'y aura plus ce que nous appelons aujourd'hui "justice". Mais c'est un autre débat.
Le cadre général de la question, à ce stade de notre évolution politique, reste le même, qu'on prenne la question par la nation ou par le peuple, et ce cadre c'est l'Etat, oui, avant même la nation, avant même le peuple peut être. Il faut commencer par ne pas oublier cela.
- Tout ceci pour revenir à mon "cheval de bataille":
comment et pourquoi nous ne pouvons pas défendre "la nation", (et encore moins aux côtés des souverainistes de droite - à supposer qu'il en existe " de gauche" - !), nous communistes.

Pourquoi nous devons radicalement faire le choix de la souveraineté populaire (et non "nationale") et de la démocratie prolétarienne comme outils transformateurs de la société et voies pré-révolutionnaires.
Y compris (surtout) contre l'Union Européenne.
- Oui, moi aussi, je pense qu'il faut sortir de l'Union Européenne (ou la faire exploser), et en tout cas, j'ai la conviction depuis très longtemps que rien ni personne ne la rendra "plus sociale".
Non, je ne crois pas une seconde à la fausse politique des "petits pas" appliquée à ces institutions.
Nous vivrons, (nous vivons déjà), communistes, les mêmes déconvenues qu'avec la 5ème République et avec toute institution bourgeoise, parce que nos forces ne sont pas en état de les subvertir, de les détourner, de les faire exploser en faisant grossir leurs contradictions internes.
Ce n'est pas une question de nombre, mais c'est une question idéologique, une question d"organisations politiques aussi.
Moi aussi, je pense que ce sont des accords entre les peuples souverains qui doivent être mis en place, comme l'ALBA (je ne dis pas que cela soit transposable), et en tout cas évidemment, je me refuse à soutenir l'impérialisme européen, de même que l'impérialisme américain, ou l'impérialisme dit soviétique, lorsqu'il existait.
Mais je ne suis pas convaincue, (doux euphémisme), de la nécessité pour nous de devoir enfourcher le cheval de "l'indépendance nationale" (et aucun raisonnement en ce sens ne me convainc puisque tous se raccrochent soit aux positions de Lénine qui me semblent sur-employées dans ce débat, soit, indirectement, aux positions de Staline - et là, ça me va forcément encore moins.)
La question de l'attitude à adopter vis à vis de l'Union européenne, on ne la résout pas en une question "d"indépendance nationale."
Il me semble que, in fine, sur cette question, Lénine, que certains citent à plaisir pour appuyer leurs positions souverainistes, a toujours raisonné ainsi, et qu'il n'a fait de l'indépendance nationale une question déterminante qu'en cas d'agression dite impérialiste, d"une nation sur une autre!
Je citerai ici un extrait fascinant de notes de Lénine, qui j'espère mettra définitivement un terme à ce "mésusage" du grand Valdimir sur cette question de la nation:
"J'ai déjà écrit dans mes ouvrages sur la question nationale qu'il est tout à fait vain de poser dans l'abstrait la question du nationalisme en général. Il faut distinguer entre le nationalisme de la nation qui opprime et celui de la nation opprimée, entre le nationalisme d'une grande nation et celui d'une petite nation.

Par rapport au second nationalisme, nous, les nationaux d'une grande nation, nous nous rendons presque toujours coupables, à travers l'histoire, d'une infinité de violences, et même plus, nous commettons une infinité d'injustices et d'exactions sans nous en apercevoir. Il n'est que d'évoquer mes souvenirs de la Volga sur la façon dont on traite chez nous les allogènes : le Polonais, le Tatar, l'Ukrainien, le Géorgien et les autres allogènes du Caucase ne s'entendent appeler respectivement que par des sobriquets péjoratifs, tels «Poliatchichka», «Kniaz», «Khokhol », «Kapkazski tchélovek ».

Aussi l'internationalisme du côté de la nation qui opprime ou de la nation dite «grande» (encore qu'elle ne soit grande que par ses violences, grande simplement comme l'est, par exemple, l'argousin) doit-il consister non seulement dans le respect de l'égalité formelle des nations, mais encore dans une inégalité compensant de la part de la nation qui opprime, de la grande nation, l'inégalité qui se manifeste pratiquement dans la vie. Quiconque n'a pas compris cela n'a pas compris non plus ce qu'est l'attitude vraiment prolétarienne à l'égard de la question nationale : celui-là s'en tient, au fond, au point de vue petit-bourgeois et, par suite, ne peut que glisser à chaque instant vers les positions de la bourgeoisie."

(Extrait de "La question des nationalités ou de l'autonomie " notes publiées pour la première fois en 1956 dans le n° 9 de la revue " Kommounistt". Repris dans "Oeuvres", T.36, pp. 618- 624; 1922) -
Cela résume, je pense, parfaitement, tout ce que Lénine a pu écrire en tant que membre bolchévik d'une "grande nation", longtemps minée par le social chauvinisme et l'esprit Grand-Russe, sur ce sujet des nations et de leur indépendance (et Marx également avant lui , et exactement pour des raisons similaires).
Ce point de vue "d'indépendance nationale", que nous pouvons certes être appelés à défendre en certaines occasions (notamment contre les agressions colonialistes, et par exemple, de mon point de vue, contre les békés en Guadeloupe, et le soutien qu'ils trouvent auprès de l'Etat français), ce point de vue ne vaut pour moi, dans la question qui nous occupe, et d'un point de vue léniniste (puisqu'on en appelle à lui) que si l'Union Européenne était une nation.
Or elle ne l'est pas! Et je ne crois même pas qu'elle tende à le devenir ( en réalité, les capitalistes n'y auraient aucun intérêt!) - en cela, d'une certaine manière, ils ont tiré la leçon de l'URSS.
Si elle est bien devenue un "bloc" impérialiste, elle n'est pas une nation, au sens où on l'entend classiquement en Europe justement. Et ce n'est pas parce que c'est une entité "supranationale" que c'est elle-même une nation. C'est une "chose hybride" - à mi chemin entre l'Etat fédéral et l'Etat-nation.
Donc, ce point de vue de l'indépendance nationale, c'est un point de vue qui vaut lorsque l'Allemagne nazie envahit les Sudètes, lorsque l'empire austro-hongrois annexe la Pologne etc.
Je vais tenter d'expliquer encore pourquoi par un dernier contre- exemple.
Imaginons.
Si il devait s'avérer que l'Union Européenne soit politique et qu'elle soit un Etat socialiste, une démocratie prolétarienne, je troque volontiers "l'indépendance nationale" (le cas échéant l'indépendance nationale d'un Etat gouverné par des fascistes), contre une nouvelle "nationalité européenne" qui m'apporterait plus de droits, plus de moyens de me défendre et je pense que tout travailleur raisonnerait ainsi.
Et d'ailleurs, si l'URSS avait finalement pu envahir la France, est-ce que les camarades alors au PCF auraient tous trouvé à y redire au nom de "l'indépendance nationale" que certains brandissent aujourd'hui comme ultime réponse à la catastrophique UE?
Rien n'est moins sûr, compte tenu de l'idéologie qui anima rapidement la IIIè Internationale.
- Par contre ce n'est pas parce que la question ne se pose pas en termes d'indépendance nationale, que l'Union Européenne est pour autant démocratique, ni qu'il ne faut pas la combattre.
Et là, nous avons un vrai combat, très difficile, mais qui ne nécessite pas non plus de passer par "l'indépendance nationale" (et même si une issue victorieuse de ce combat pourrait avoir en effet comme conséquence, cette indépendance).
Un combat, non pas pour rendre l'Union Européenne "plus démocratique" (elle ne le sera jamais car elle n'a pas été faite pour cela) - parenthèse: la seule position cohérente pour ceux qui militent pour "une UE démocratique et sociale" est au contraire donc de pousser à la transformation de cette UE, par la création d'un Etat européen, sinon leurs luttes seront réduites à néant et leurs appels ne sont qu' incantations mensongères - non, mais un combat pour restaurer LES démocraties en Europe et, à la rigueur, l'indépendance des Etats.
- La meilleure manière pour nous de le faire est, non pas de s'appuyer sur "la nation" (encore moins sur le nationalisme ou le souverainisme), mais bien sur le peuple et la citoyenneté.
Mais dans une perspective nouvelle. Créatrice.
Le moyen pour passer à cela et le seul moyen, je pense , est de proposer une nouvelle perspective politique, un nouveau projet politique qui est celui de la démocratie prolétarienne.
Le cœur de ce projet au nom un peu barbare est de faire du travail, de la classe ouvrière, des salariés.... des catégories politiques à part entière, au même titre que "la nation" et le "peuple", c'est à dire, de mon point de vue, de pousser le travail politique de Marx et Engels à son terme.
En faire, non pas des énièmes "sujets de droits" (plus de pouvoir dans les CE etc... non ce n'est pas une pseudo "république sociale", ce n'est pas cela que je vise ici).
Mais comme pouvoirs CONSTITUANTS et comme SOUVERAINS donc.
Au sens strict du terme.
- Je verrais une sorte d'équivalent, dans le monde, en tant que concept politique, à ce prolétariat comme sujet, qui dépasse états, nations et frontières, c'est peut être celui de l'Oumma (au sens originel), c'est à dire la "communauté des croyants" en Islam (et on ne rappellera jamais assez à quel point l'étude des religions comme communautés politiques, créatrices de règles, de coutumes, est importante pour notre réflexion, à maints égards).
Sur le paysage électoral actuel par rapport aux élections dans l'Union Européennes:
- Le Front de Gauche, ce magma obscur qui me semble destiné exclusivement à la promotion de Mélenchon (prochain candidat à la présidentielle de 2012 pour "La Gauche" française?), et à l'assassinat de ce qui reste du PCF, cette troïka qui flirte tellement avec les souverainistes ( à des fins purement électoralistes), et qui prétend encore nous faire arriver au mythe de "l'Europe sociale", ne répond absolument pas à ces questions.
Au contraire, pour de nombreuses raisons, cette initiative que je dirais sans problème "néo-stalinienne", contribue grandement à aggraver les maux dont nous souffrons déjà plus qu'assez dans le mouvement communiste. Tout soutien à cette "chose" est à proscrire pour de nombreuses raisons, j'en ai donc peur.
- Le projet du NPA, au niveau de l'UE, pour les élections dites européennes, ne correspond pas non plus à cette "troisième voie" qu'il me semble falloir chercher et découvrir. Il s'arrête à nouveau au milieu du gué, sans s'être débarrassé des faiblesses de la conception européenne trotsksite.
Les questions que je pose ici ne sont pas évoquées, et il n'y est pas répondu en termes politiques, (guère étonnant puisque le NPA semble se diriger vers ce qui ressemble de plus en plus à un "super-syndicalisme"). Et puis, peu ou prou, cette campagne souffre des mêmes maux que celles du Front de Gauche: "l'Europe sociale", une certaine dose d'opportunisme.
Pour le reste, les listes sont 100 % NPA- je le déplore. Mais je comprends paerfaitement que ce parti naissant ait besoin de se compter pour discuter à armes égales avec les autres partis qui composent la gauche.
En d'autres termes, il est très probable que pour moi, ces élections pour l' UE seront encore "ni l'un ni l'autre".
Est-ce à dire que nous devons ne pas nous battre contre l'Union Européenne d'une manière originale? Devons nous baisser les bras et nous laisser absorber par notre dégoût profond?
Non, et nous y reviendrons.
Car je n'appellerai pas forcément à l'abstention - cela ne me semble absolument pas constructif - et je crois que nous devons au contraire, trouver un moyen de manifester notre ras-le -bol de l'Union Européenne.
Ni stalinien, ni trotskiste, ni souverainiste:
COMMUNISTE!


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