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Tigran Hamasyan voyage de l'Arménie à l'Amérique

Publié le 23 mars 2009 par Assurbanipal
Paris. Le Sunside. Jeudi 12 mars 2009. 21h
Tigran Hamasyan quintet
Tigran Hamasyan : piano, clavier électrique
Ben Wendel : saxophones soprano, ténor
Areni : chant
Sam Minaie : contrebasse, guitare basse électrique
Nate Wood : batterie
Cette chronique est rédigée à quatre mains avec Mme G qui y ajoute ponctuellement son grain de sel.
Swing tout en douceur pour commencer. Une petite complainte légère, dansante jouée au soprano. La chanteuse confond sa voix avec les instruments. Son cristallin de main gauche pour Tigran. Ca coule comme un ruisseau dans la montagne. Tigran vit, ondule avec sa musique. Impro un peu longue du soprano. Derrière la rythmique assure un tempo souple, puissant, bondissant. Ca groove ! Tigran est passé au clavier électrique. Cette rythmique est dense, fusionnelle, compacte, créative, bref Hénaurme. C?était « Sybilla ».
Duo piano/contrebasse avec la voix grave de la chanteuse qui plane aussi. Tigran fait scintiller le piano de mille reflets dans l?eau. Gros son lourd, ancré de la basse électrique. Le sax soprano et la voix se mélangent. Friselis de cymbales. La basse est l?élément terrien. Tout le reste va, court, vole. Le son de la basse devient hard rock FM. Mauvaise influence de Los Angeles sur Tigran étudiant en musique à UCLA. Le piano a disparu dans le magma sonore. Dommage.C?était « Corrupt ». La musique m?a en effet parue corrompue sur la fin du morceau.
« The glass hearted queen ». Cette reine au cœur de verre est-ce la chanteuse Areni qui semble avoir envoûté Tigran ? Son plus funky de la basse. Piano chantant en medium. Voix et soprano se mêlent bien. A la barbe, aux lunettes noires, au ventre, j?aurais dû me douter que Sam Minaie est un épigone de Jannick Top, un bassiste plutôt qu?un contrebassiste.
« Love Story ». Celle que vit Tigran avec Areni ? Retour à la contrebasse. Solo introductif de Tigran élégant, rythmé. Ca balance doucement avec les tambours tapotés. Chanteuse et sax soprano se suivent à la trace en deux souffles conjoints. Cette chanteuse a de la grâce mais elle est beaucoup moins intéressante que Claudia Solal qui chanta au Sunside avec Tigran Hamasyan il y a quelques mois. En tout cas, Tigran semble amoureux d?Areni et lui tisse un tapis volant. Elle chante sa folle complainte par dessus la rythmique. La batterie est sèche, précise, claire. Areni étire les notes, ne scatte pas, ne swingue pas. C?est une chanteuse arménienne traditionnelle, pas une chanteuse de Jazz ou de Pop. La rythmique sonne mieux sans elle. Le batteur est plus varié dans son jeu que Louis Moutin. Le contrebassiste est moins créatif que François Moutin. Au final, le trio avec les frères Moutin était plus cohérent musicalement. Il me semble que Tigran Hamasyan se disperse, péché de jeunesse (il est né en 1987).
Solo de batterie où les cymbales sonnent comme des steel drums mais qui tourne à la démonstration du requin de studio. Tigran nous fait un scat fou dont il a le secret. Le duo scat /batterie impressionne la jeunesse dans la salle. Solo orientalisant, modal au piano. Ca repart avec la rythmique vif, léger. Tigran monte en puissance aussi véloce main gauche que main droite.
PAUSE
« Road Song ». Solo grave de piano. A nouveau piano et voix se confondent. Contrebasse, batterie aux balais. Tout en douceur avec des passages plus rythmés.
Le point de Mme G.
Le morceau se divise en quatre temps :
1. Le joyeux barde du Mont Ararat
2. Mon bien aimé est Azéri et papa veut pas
3. Mon fidèle yatagan
4. Repose en paix, petite âme
Tigran chantonne. Areni scande, vocalise mais ne swingue pas. Contrebasse et batterie font monter la sauce. Piano, voix, saxophone s?envolent au dessus. Les chevaux courent dans la montagne. Tout s?arrête net pour un solo tout en douceur de piano. Ca c?est Tigran.
« The awakening of Mahej ». C?est un homme m?explique ma voisine Arménienne. En effet le tempo est viril, grave. Retour à la basse électrique. Ca part sans la chanteuse. L?homme s?est réveillé. Solo de basse orientalisant. Joli accompagnement aux tambours. Tigran est passé sur son jouet, le clavier électrique rouge. Tigran joue l?attaque des Martiens tout seul sur son petit jouet. Basse et batterie impulsent. Le sax ténor déroule viril mais correct. C?est tout de même un saxophoniste qui bavarde. Même sur clavier électrique, Tigran revient aux modes puis au piano. Gros son de basse, la batterie scintille et martèle, le piano décolle à toute berzingue.
Nouvelle composition jouée en trio, sans titre pour l?instant. Retour au classicisme de la ballade au format de la rythmique piano/contrebasse/batterie aux balais. Ca ressemble à du William Sheller, à une promenade en bord de mer, à une valse lente. Je propose comme titre « Soir d?automne à Deauville ». La jolie fille sur la plage nous montre son ventre plat. Publicité pour un yaourt ou pour du parfum ?
Le point de Mme G :
Propositions de titres pour le morceau
« Enjoy your fresh yoghurt »
« Up the hills et hop ! »
« Va droit devant Tigran et que Dieu te protège »
Retour sur scène de la chanteuse et du saxophoniste. Il s?agit maintenant d?une chanson traditionnelle Arménienne arrangée par Tigran. C?est vif, joyeux, léger. Les chèvres bondissent dans les verts pâturages d?Arménie. La chanteuse chante en arménien à la gloire d?une jeune fille si j?ai bien compris. Air léger, vif, primesautier qui met aux délices les Arméniens présents dans la salle.
Le point de Mme G :
Les bottes de grand papa sont en cuir vert
Elles vont te botter le cul
Petit présomptueux
Elles vont te botter?
Solo très rapide dans l?aigu de Tigran qui ponctue comme un métronome de la main gauche. Belle dissociation. Quand il joue ce genre de musique, Tigran Hamasyan est vraiment unique. Il déroule main gauche puis repart aussi sec main droite. Un couple de rustres part pendant le morceau alors qu?il est minuit et que le dernier métro est à 1h du matin. Pas d?excuse valable ! Un passage Jazz entre la contrebasse, la batterie, le sax soprano tombe là comme un cheveu sur la soupe, fait tomber la magie et rallonge inutilement le morceau. Tigran vient ajouter du coffre au piano. Une jolie jeune fille devant moi hoche la tête en mesure mais j?ai décroché. Le deuxième set finit là et c?est tant mieux. Tigran Hamasyan représente toujours le présent et l?avenir du piano mais il se disperse. Vivement qu?il se reconcentre pour nous donner plus encore !

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