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Drew Gress amaigri

Publié le 23 mars 2009 par Assurbanipal

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> Paris. Le Sunside. Jeudi 26 février 2009. 21h30.
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> Drew Gress : contrebasse
> Craig Taborn : piano
> Tom Raney : batterie
> Ralph Alessi : trompette
> Tim Berne : saxophone alto
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> Hommage à Charles Mingus pour les 30 ans de sa disparition.
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> Ayant assisté à ce concert en compagnie de Mme G, cette chronique sera écrite à quatre mains.
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> Ca ressemble à du Mingus. Drew Gress joue d?un jouet, un quart de contrebasse, le plus petit modèle de l?espèce. Ca manque de profondeur pour jouer du Mingus. Le piano sonn très heurté. Ce n?est pas Jaki Byard, c?est Craig Taborn. Quand sax alot, contrebasse et batterie jouent ensemble, c?est la danse du serpent. Tom Raney est toujours aussi impressionnant dans son entreprise de déstructuration coordonnée. Pour l?instant, c?est un peu trop sage. Comme s?ils récitaient la leçon de Mingus.
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> Une ballade. La contrebasse murmure, Tom Raney frotte délicatement ses cymbales, Tim Berne sussurre au sax alto. Piano et trompette les rejoignent tout en douceur. Ils sont scolaires ce soir. Ce n?est pourtant pas leur genre. Charles Mingus était larger than life. Là c?est smaller. Ils tournent les pages, lisent leurs partitions. Ont-ils assez répété ?
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> Un morceau un peu funky. Bel ostinato au piano main gauche. Ca se réveille un peu. Les cuivres s?énervent pendant que la rythmique poursuit funky, déstructurée et coordonnée par Tom Raney. La rythmique seule. Le piano allège alors que la contrebasse et la batterie martèlent. Les cuivres reprennent en chœur avec la batterie. Ca commence à devenir intéressant.
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> Je ne reconnais aucun morceau. Normal, aucun n?est de Mingus finalement. Jouer dans une série de concerts en hommage à Mingus sans jouer du Mingus c?est peut-être la meilleure façon de lui rendre hommage. Le pianiste est très fort dans l?ostinato. La contrebasse improvise par dessus. Le tik tik des cymbales les accompagne. Jolies nappes de cuivres. C?est élégant mais ça ne chauffe pas. Quatre personnes impolies s?en vont. Il y a une entracte pour cela.
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> Ballade. Tom Raney aux balais. Tim Berne se promène sur la mélodie. Son cristallin du piano. Le temps se déploie, se déplie en douceur. C?est le tapis de velours sur lequel les cuivres avancent à pas de chat. Drew Gress annonce qu?ils jouent un mix de vieille et de nouvelle musique. La sienne pas celle de Charles Mingus.
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> Le morceau qui suit est plus déstructuré mais dans la continuité. Tom Raney hache aussi fin qu?un cuisinier chinois. Solo bondissant de Craig Taborn au piano. Lui reste sage, pas ses mains. Tom Raney nous délivre des roulements de tambour dont il a le secret.
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> A la PAUSE, je m?aperçois que je suis placé derrière quatre Talmudistes du Jazz, trois vieux et un jeune. Ils discutent à n?en plus finir sur tel break de batterie de 1972 y compris le jeune qui n?était pas né à l?époque. Impressionnant !
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> Le point de Mme G : Ces musiciens sont habillés comme des ouvriers de Citroën à la Jeannais, près de Rennes, en 1979.
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> Solo de contrebasse décevant sur ce quart de contrebasse. Même avec le microphone, l?amplificateur, ça manque de coffre. La grand-mère manque d?embonpoint. Craig Taborn photographie ses petits camarades en plein concert. Jeu sur l?aigu entre le piano et l?alto. Le trompettiste est un virtuose brillant mais pas émouvant. Craig Taborn s?amuse à brutaliser son piano, Tom Raney sa batterie . Raney fait son solo sur les tambours essentiellement.
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> Le point de Mme G : Ils sont nippés comme des Allemands de l?Est en 1989 : jeans Carrouf ou bénard tergal, polo avachi, chemise « no iron » couleur caca avec tshirt visible en dessous.
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> Le saxophone alto couine comme une porte, trompette wa wa mystérieuse, piano lunaire.
> Le point de Mme G : Ca sonne comme le Groupe de Recherches Musicales époque Shaeffer.
> Tom Raney frotte ses maisns sur les tambours. Beaucoup de frottements,de chuintements, de grincements. La trompette reprend un son clair. Tom Raney est le barman de sons comme disait Jean Cocteau des batteurs. Ils nous font le coup du château hanté la nuit et des fantômes qui dansent dans la lande. C?est grave et dansant à la fois. Une gigue funèbre belle comme un éléphant allant au cimetière. Duel piano/batterie arbitré par la contrebasse. Ils n?ont aucune pitié pour la banalité.
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> « That heavenly hell » tiré de leur dernier album « Irrational numbers ». Démarrage calme puis accélération brusque. C?est un enfer plutôt free jazz. Nouveau duel piano/batterie avec la contrebasse au milieu. Ca secoue !
> Le point de Mme G : Quand le pianiste s?y met et que le batteur le « sert », le bassiste relégué au rang d?accompagnateur ? au mieux ? de faire-valoir, au pire.
> Le batteur pilonne, le pianiste garde l?ostinato sur un tempo infernal et les cuivres se déchaînent, Tim Berne étant plus torturé que Ralph Alessi. Ca devient orgiaque. Ca y est. Ils y sont. Ils brisent le mur du son. Un groupe d?Américains se lève et part. Tim Berne leur montre le mur « The door is that way actually ».
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> Solo de contrebasse. Ca manque de coffre. Un bon ouvrier se reconnaît à la propreté de ses outils. Là Drew Gress n?est pas outillé. C?est une ballade. Ils calment le jeu. Piano et sax alto se répondent mélodieusement. Tom Raney chatouille sa batterie.
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> Duo contrebasse/batterie assez swinguant. Le quart de contrebasse c?est laid à voir et pauvre à écouter. Craig Taborn, seul avec sa main gauche, nous rend fous avec son ostinato. Il le maintient mais l?allège avec la main droite. Tim Berne commence un solo et l?arrête net.
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> That?s all, folks !
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