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Les charmes du privé

Publié le 24 mars 2009 par Malesherbes
Vraisemblablement pour écarter le risque d’un recours en annulation de sa mise en disponibilité devant le Conseil d’Etat, M. Pérol a pris une décision héroïque : il a démissionné de l’Inspection générale des Finances. Un décret du 11 mars signé du président de la République porte "acceptation de sa démission". Ceci est à nouveau l’occasion de poser une question :
Si la prise de fonction de M. Pérol a bien eu lieu comme prévu le 3 mars, n’est-elle pas entachée de nullité étant donné qu’à cette époque il appartenait toujours à la fonction publique ?
Son aller-retour vers la Banque Rothschild lui avait sans doute permis de se constituer quelques économies, de nouer des relations efficaces et de se préparer un job futur des plus convenables. Face à cette situation nouvelle, il a fait son deuil de retourner plus tard dans le privé et a peut-être opté pour l’écuelle la mieux garnie.
Je ne pense pas que sa démission rende son nouvel emploi plus compatible avec les fonctions qu’il exerçait précédemment. On peut toujours se demander si son poste de secrétaire général adjoint de l’Elysée ne lui a pas facilité l’obtention de sa nouvelle position à la tête des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.
Notre Président est assurément l’homme le plus puissant de France, mais cela ne fait pas de lui le Tout Puissant. Le 10 avril 2007, il déclarait à Tours : « Il ne faut pas être candidat à la Présidence de la République si l'on n'est pas prêt à s'imposer davantage de devoirs que les autres. Parce qu'un Président de la République c'est quelqu'un qui n'a pas plus de droits, plus de privilèges et moins de devoirs. Mais quelqu'un qui au contraire a moins de droits, moins de privilèges que quiconque et plus de devoirs ». Il n’a peut-être pas la possibilité de sortir le pays de la crise mais tenir sa parole devrait être à sa portée. Il suffit pour cela d’un soupçon d’honneur.
Toute cette affaire laisse supposer que c’est, sinon l’action directe de Nicolas Sarkozy, du moins la crainte qu’il inspire à certaines responsables qui est à l’origine de toutes ces transgressions des lois. Le fait de disposer d’une majorité ne l’autorise pas à ordonner ou à couvrir le viol de la Loi. Attendons maintenant ce que dira la Commission des Finances lorsque François Pérol se présentera devant elle ce 25 mars.

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