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Des banquiers rapaces

Publié le 23 mars 2009 par Unemarocaine

En me réveillant ce matin c'est la première info que j'ai entendue. Je comprends un ami qui m'a dit un jour

"il y a quelques années au réveil je réglais la radio sur des stations d'infos maintenant c'est la station musique classique ou toute autre station de musique mais surtout pas d'infos le matin".

Après un bras de fer surréaliste avec l'Elysée et toute la classe politique française, les 4 dirigeants de la Société Générale ont fini par renoncer à leurs stocks options. Les négos ont duré jusqu'à dimanche soir pour sortir ce communiqué signé par les 4 cadres dirigeants de la banque et transmis à l'AFP :

"Cher Collègue, comme vous le savez, le conseil d'administration (...) a décidé d'allouer aux mandataires sociaux des stock-options (...). Cet élément de rémunération très différé dans le temps est aligné avec la performance future et durable de l'entreprise et avec l'objectif que la Société générale sorte par le haut de la crise (...). Nous n'avons pas su en expliquer les mécanismes intrinsèquement complexes. Sa mise en place a été jugée très inopportune par l'opinion publique et a suscité une forte indignation (...) Pour couper court aux polémiques actuelles, nous avons décidé de renoncer au bénéfice de l'attribution de ces stock-options (...). Il s'agit de nous donner tous les moyens de préserver, dans une période difficile, nos fonds de commerce et le pacte social de la Société générale (...).

70.000 stock-options au président Daniel Bouton et 150.000 au directeur général Frédéric Oudéa. Ces actions ont été achetées à un prix préférentiels.

Décidement, ces gens-là vivent sur une autre planète complétement déconnectés de la réalité.

Je parle de bras de fer surréaliste car pas plus tard qu'à la fin de 2008, la Société Générale a reçu de l'Etat une aide qui s'élève à 1,7 milliards d'euros. Début 2009, la SG a déclaré un bénéfice de 2 milliards. Pas mal. Mais c'est tjrs la crise. Et elle ne cesse de s'aggraver. On annonce une récession de 1,5%. Un taux de chômage qui atteindra 8,8%.

Mais, le plus intéressant c'est qu'AIG, l'assureur américain, a versé la semaine dernière des indeminités à plusieurs banques françaises notamment BNP Paribas et Crédit Agricole via sa filiale Calyon (la banque d'investissement). La banque qui arrive en tête des indeminisations est ... la SG avec un montant de 11 milliards d'euros. Si l'AIG a indeminisé la SG c'est parce que celle-ci a acheté des produits financiers toxiques, les fameux subprimes, qu'elle a assuré auprès d'AIG. Ce qui revient à dire que la SG a pris des risques inconsidérés. Supposons qu'AIG ait sombré parce que l'Etat américain ne l'ait pas renfloué, la SG aurait eu un sacré coup surtout avec la grosse gamelle de Kerviel 5 milliards évaporés dans la nature.

Donc, en termes de gestion tout court et de gestion de risques en particulier les dirigenats de la SG ont failli. La perte de Kerviel a elle seule justifierait largement la dimension de tout l'état major de cette entreprise. C'est scandaleux et hallucinant que ce trader ait passé au travers de tous les filets du contrôle interne. C'est inconcevable. On rajoute à cela l'indeministaion de l'AIG qui révèle l'ampleur des risques pris par la SG et on se rend compte que ces stocks options censés rémunérés les performances sont une provocation pure et simple. Encore plus dans la situation énconomique actuelle.

Ce qui explique d'ailleurs les réactions de la classe politique :

Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des finances, a déclaré "j'espère vivement" que les dirigeants de la banque auront "le sens des responsabilités pour aller plus loin". Et d'ajouter "il serait grand temps que Société Générale rime un peu plus avec intérêt général". Elle a indiqué "s'interroger sur la pertinence des stock-options" tant en termes d'efficacité que de morale. Il était temps... Incompténets et pourtnat bien rémunérés !

Nicolas Sarkozy "visiblement certains ont du mal à comprendre. Quand il y a un plan social, des aides publiques, les bonus, plans, stock-options, rémunérations annexes ne sont pas admissibles".

L'intersyndicale de la Société Générale a menacé d'une "riposte du personnel si la direction maintenait ces décisions". Même Fréderic Lefevre s'est indigné. C'est dire...

Aux States, la Chambre des représentants a passé à une écrasante majorité un amendement qui taxe à 90 % les bénéficiaires de primes dans des entreprises ayant reçu des fonds de l'Etat fédéral. Le texte passera devant le Sénat cette semaine. Ben ça se comprend. On ne dilapide pas l'argent des contribuables. En France, le gouvernement n'arrête pas de brondir la menace de la loi mais les banquiers et le Medef n'en ont rien à cirer. La preuve.


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