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Culpabilité

Publié le 24 mars 2009 par Christophefaurie

La délinquance se développe, le gouvernement veut la punir

Durkheim aurait probablement dit que le crime est un fait social. Il est créé par l’organisation de la société, un peu comme un concours crée un nombre fixe d’élus et un reliquat de laissés pour compte. Robert Merton a construit une modélisation simple du phénomène : la société nous donne à la fois des objectifs et des moyens de les atteindre, si ces derniers sont difficiles à utiliser, nous tendons à « tricher ».

Explication de la délinquance de la jeunesse des banlieues ? Si l’on applique le modèle de Merton, on la voit prise entre les valeurs de réussite matérielle (quasi inaccessible par qui que ce soit) que lui transmet la télévision (Médiamorphose) d’une part, et l’incapacité de faire au moins un pas dans un sens qui lui permettrait de l’obtenir, du fait d’un système scolaire qui ne semble pas lui réussir (c’est du moins ce que dit Laurent Mucchielli, un sociologue).

Une solution à long terme à la délinquance n’est donc pas une politique répressive, mais une évolution appropriée de l’organisation de la société, un « changement » (Définition de changement).

Compléments :

  • DURKHEIM Émile, Les Règles de la méthode sociologique, Flammarion, 1999.
  • La modélisation de Merton sur un exemple : Braquage à l'anglaise.
  • J’ai retrouvé un ancien article de The Economist (In the can) qui explique ce que l’on peut attendre d’une politique répressive :

Les conservateurs ont essayé de changer l’Amérique de bien des façons. Il est possible qu’aucune n’ait eu un plus important effet que de flanquer autant de personnes en tôle. En 2001, dit une nouvelle étude du département de la justice, un Américain sur 20 a eu « une expérience de la prison ». Ce chiffre pour les noirs est proche de un sur six. Une législation augmentant l’agressivité des peines, en particulier pour les crimes liés à la drogue, signifie que la proportion de détenus et d’ex détenus a doublé depuis 1974, de 1,3% de la population à 2,7%.

Le chiffre le plus étonnant concerne l’avenir. Grâce à la plus dure politique d’incarcération au monde, 11,3% des garçons nés en 2001 iront en prison, au cours de leur vie. Pour les noirs, il y en aura un sur trois. À moins que quelque chose ne change dans des résultats de réhabilitation pourris (deux tiers des prisonniers sont de nouveau arrêtés dans les 3 ans suivant leur sortie), les conservateurs auront créé une classe criminelle d’une proportion inimaginable.

  • Sur l’école : BRIGHELLI Jean-Paul, La fabrique du crétin : La mort programmée de l'école, Jean-Claude Gawsewitch, 2005.
  • Remarque : l’entreprise donne un autre exemple de ce phénomène : si les résultats de ses employés sont décevants, c’est qu’elle est mal organisée. Elle a besoin d’un « changement ».

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