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Accidents de mots tôt

Publié le 24 mars 2009 par Cyrilboyer
Vous imaginez une langue où tous les mots n'auraient qu'une syllabe ? Forcément, ça ferait un paquet d'homonymes. Surtout si le peuple en question n'était pas encore capable de prononcer les dentales, faute de l’équipement adéquat. On est tous passés par là, mais quand on est face à une des adeptes du dialecte, il faut bien se faire son propre dictionnaire :
BA : ça veut dire BA-llon, boire ou boîte. Ne pas confondre avec PA qui veut dire pain ou poire.
BO : ca veut dire BO-nnet, BO-ttes, mais aussi tout ce qui est beau. A savoir le gilet avec le panda, le gilet fuchsia, le T-shirt col roulé avec les petites fleurs... A ne pas confondre avec PO qui veut dire le pot, nouvel objet par ailleurs très apprécié pour se déplacer dans l’appartement mais dont les subtilités de l'utilisation ne sont pas encore complètement maîtrisées.
CO : ça veut dire en-CO-re, mais aussi s-CO-tch. Pas le whisky, ça elle ne le réclame pas encore, mais l'adhésif qu'on peut coller dans les endroits les plus improbables. Par adhésif, il faut comprendre tout ce qui colle. Y compris l’étiquette sur les bananes (on a mis du temps à comprendre).
CACA : ça veut dire caca, évidemment. Mais ça veut également dire gâteau. Le G étant remplacé par un C et le nombre de syllabes étant conservé. La règle du nombre de syllabes et du son approchant donne parfois des résultats peu évidents à traduire. Par exemple, Jessica se dit Cacaca.
COKHON : ça veut dire chausson mais aussi cochon. Je ne sais pas trop pourquoi mais j'ai l'impression que tous les parents apprennent les animaux de la ferme à leur bébé, comme si c'était le truc qui allait leur servir le plus dans la vie, alors qu'ils feraient mieux de reconnaître les marques de voitures. Surtout au Luxembourg.
PATA : ça veut dire pizza. Elle connaît le mot même si elle n'en mange pas encore (à moins que la crèche n'ait troqué son contrat Eurest contre un contrat avec Pizza Hut afin de réduire leurs coûts et de faciliter l'étape du repas). On appelle cela la force du marketing.
KOYALA : ça veut dire chocolat. Elle connaît le mot et elle en mange déjà, ne vous inquiétez pas. Mais ça veut aussi dire koala (en peluche). Difficile de confondre, vu qu'on n'a pas de pâté de koala dans nos placards et qu'on n'a pas encore laissé de tablette de chocolat à disposition dans sa chambre (ce qui ne serait pourtant pas pour lui déplaire).
Là où tout se complique c'est quand les animatrices de la crèche utilisent d'autres mots que les nôtres. Par un curieux tour de passe-passe, TITI, la tétine, est ainsi devenu COUCOU...

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