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SEMBLANT D’AUTORITÉ : par Jean-Jacques THOMAS

Publié le 27 mars 2009 par Letombe
SEMBLANT D’AUTORITÉ : par Jean-Jacques THOMAS Nicolas Sarkozy peut se déplacer où il veut et quand il veut. Malgré tout, la boussole présidentielle doit au minimum indiquer quel sens donner à ses déplacements. A l’Elysée, le pôle magnétique est forcément politique. Lorsqu’en février, le nombre de chômeurs augmentent une nouvelle fois et que 79 900 salariés viennent s’ajouter aux 90 000 sans travail de janvier pour porter le chiffre total des demandeurs d’emploi à 3,4 millions, la visite du Président de la République à Saint-Quentin devait s’accompagner d’un message fort, évidemment lié à l’actualité.
(Jean-Jacques Thomas et Gilles Pargneaux)
Certains attendaient même un nouveau plan en faveur des ménages touchés par la récession ou des jeunes, principales victimes d’une crise qui s’enkyste. Allait-il – en en changeant forcément l’intitulé – remettre au goût du jour les emplois-jeunes qu’il avait, en son temps, vilipendés ? Rien ! Si ce n’est une autosatisfaction érigée en discours de la méthode face à une salle autant triée que conquise à l’avance.
« Nous n’avons pas commis d’erreur » affirme le Président de la République. Son déplacement dans l’Aisne n’a d’ailleurs qu’un but : le faire savoir ! Quant au savoir-faire, il faudra attendre. Les Français réclament des moyens. Nicolas Sarkozy leur propose de prendre … patience. Eux qui l’ont depuis longtemps perdue en même temps que leur pouvoir d’achat !
Son discours de Saint-Quentin est-il cependant déconnecté de la réalité ? Sociale ? À coup sûr, mais peu lui importe. Politique ? Peut-être moins qu’il n’y paraît. En effet, la trame s’apparente à ses discours de campagne électorale. Sécuritaire à souhait, censeur autant que garant de l’ordre public, démagogue lorsqu’il dénonce les dérives patronales. Bref égal à lui-même.
Malgré tout, d’abord financière, puis économique et aujourd’hui sociale, la crise sera demain politique. Et comment mieux déminer de futures explosions qu’en s’indignant lui-même comme pour mieux se dédouaner de ses propres responsabilités. Comment fuir les siennes si ce n’est en les faisant porter par « ceux qui défilent » et bien évidemment ceux qui les incitent à défiler.
Nicolas Sarkozy en est réduit à sauver ce qui lui reste : un semblant d’autorité !
Par Jean-Jacques THOMAS,
Premier Secrétaire Fédéral de l’Aisne du Parti Socialiste.



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