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L'athlète et l'adolescent

Publié le 24 mars 2009 par Baxt
Tôt le matin, le téléphone sonna. L’adolescent dormait à point fermé. En se réveillant, il su que ce n’était pas le moment de flâner dans son lit. Ce dimanche hivernal n’était pas une journée comme les autres. À peine sorti de ses draps, encore chauds de sa personne, l’adolescent s’empressa de se vêtir (lui qui dors habituellement nu).
À peine sorti de sa chambre, il s’aperçut qu’il était la première personne prête pour cette sortie. Il demanda donc, en frappant discrètement à la porte de chambre parentale, s’ils avaient le temps de déjeuner. Son père lui donna instruction de faire cuir le bacon. Il s’exécuta donc sur le champ.
Après leur petit déjeuné, tous étaient d’attaque. Skis sur le toit de la voiture, ils quittèrent le domicile familial vers le lieu de rencontre avec les initiateurs de ce projet. Moins de deux heures de route plus tard, ils y arrivèrent enfin. Le soleil resplendissait malgré un froid glacial (-25°C). Le vent soufflait à peine. L’adolescent se dit que, pour une fois, les météorologues ne s’étaient pas trompés. Il avait pris la peine de regarder les prévisions, la veille, à la télé.

Confiant, il se dit qu’il pourrait enfin tester son aptitude pour la technique du "pas de patineur" qu’il avait vu dans un reportage. Bien sûre, il savait désormais que le type de neige pouvait jouer contre lui, comme lors de sa dernière tentative. En cette journée, puisque le type de neige semblait parfait, un autre facteur pouvait lui nuire. C’est une distance trop courte entre les voies déjà tracés pour la technique classique.
Après avoir préparé l’équipement, le groupe se dirigea vers la piste de randonnée. À ce moment, l’adolescent remarqua qu’il y avait quatre voies. Deux pour chaque direction. Malheureusement, l’une des deux voies ne pouvait être utilisée pour le ski de fond. Quoi qu’il en soit, il y avait assez d’espace si le nombre de skieurs n’était pas trop élevé. Il n’avait qu’à être prudent, et revenir temporairement à la technique classique en croisant des skieurs provenant de la voie inverse.
Question de s’isoler un peu, l’adolescent laissa le groupe partir devant lui. Tous savaient qu’il était le meilleur skieur parmi eux, et qu’il possédait aussi le meilleur VO2max. Il n’aurait donc aucun problème à les rattraper. Commençant par la technique classique, comme échauffement, l’adolescent entreprit quelques poussées latérales de sa jambe gauche. Puis, ce fût autour de sa jambe droite. Prenant confiance en lui, l’adolescent se permit de tenter l’expérience complète. Après un moment, il tomba en plein visage dans la neige. Surpris par son manque de coordination entre ses poussées de jambe et ses poussées de bras, il se releva le visage rapidement, question de voir si quelqu’un l’avait vu tomber. Aucun membre de son groupe ne semblait s’en être rendu compte. Regardant derrière lui, il vit à ce moment un homme skiant seul. Ce skieur portait le même type d’habit que celui porté par les athlètes aux Olympiques, en ski de fond.
Il se releva rapidement et se plaça un peu en retrait pour ne pas nuire à l’homme qui se rapprochait extrêmement rapidement. L’adolescent se dit qu’il pourrait, du même coup, analyser sa technique pour comprendre ce qui n’allait pas avec la sienne. Il remarqua que l’homme donnait une poussée de bras juste avant chaque poussée de jambe, et qu’il se laissait glisser un peu entre les poussées. Arrivé près de lui, l’homme se mit à ralentir. L’adolescent remarqua qu’il s’agissait d’un homme début de la vingtaine, très musclé au niveau des jambes. Il devait mesurer environ 6 pieds. Probablement un athlète.
Lorsque l’homme s’arrêta à ses côtés, il demanda à l’adolescent s’il s’était blessé en tombant. L’adolescent lui répondu dans la négative, et qu’il le laissait passer pour analyser sa technique. L’homme lui dit alors ce qui n’allait pas dans ses mouvements. Puis il lui spécifia qu’il était un athlète sérieux, s’entraînant pour devenir membre de l’équipe olympique canadienne pour les prochains jeux olympiques (comme sa blonde). Selon ses dires, ses chances d'être sélectionné étaient excellentes. L’athlète était donc un spécialiste de la technique du "pas de patineur". Il rajouta qu’il finançait en parti ses activités olympiques en donnant des cours privés, et qu’il travaillait dans ce centre de ski.
L’adolescent écouta attentivement les recommandations de l’athlète, puis se remit à skier. Se tenant à sa gauche dans la voie inverse, l’athlète ne dérangeait personne, car aucun skieur n’approchait à moins d’un kilomètre. L’adolescent copiait littéralement ses mouvements. L’athlète se laissa glisser un instant, en complimentant l’adolescent sur sa rapidité d’apprentissage. Puis il l’invita à pratiquer une autre variante, celle qui permet d’atteindre une grande vitesse. L’adolescent se dit alors que c’était justement pour cela qu’il s’était levé ce matin-là. Après quelques poussées, il comprit la différence entre les deux variantes.
Étant maintenant derrière le groupe, à quelques mètres seulement, l’adolescent dû laisser l’athlète prendre un peu d’avance. Il réussi à contrôler sa technique pour changer de voie, vers la gauche. Il n’osa cependant pas regarder un seul membre du groupe, trop concentré sur sa technique. Il ne voulait aucunement s’humilier à tomber sous des yeux moqueurs. Après avoir dépassé le groupe, l’adolescent entendit une voix familière et féminine (autre que celle de sa mère), le complimenter sur ce qu’il était en train d’accomplir. Puis, il se déplaça rapidement dans la voie de droite.
Comme l’athlète se trouvait qu’à quelques mètres de lui, l’adolescent augmenta sa cadence pour le rattraper. Il remarqua qu’un couple au loin skiait en leur direction, et n’était qu’à environ 150 mètres. Sur un coup de tête, il eut l’idée géniale d’une petite compétition amicale entre lui et l’athlète. Lorsque rendu côte-à-côte avec son entraîneur du moment, l’adolescent le remercia rapidement pour son aide et ses conseils. Puis il lui lança un sourire. Par la suite, il augmenta sa cadence et sa vitesse, pour que l’athlète comprenne qu’il devrait ralentir et se contenter de la deuxième place. Ce dernier, par contre, ne l’entendit pas de cette façon. Mais à chaque fois qu’il augmentait sa cadence, l’adolescent en faisait de même. À quelques reprises, l’athlète tourna la tête en direction de l’adolescent. Son sourire de compétiteur en disait long. L’adolescent compris ainsi que l’athlète acceptait le défi. Ils entendirent par la suite un cri féminin, provenant du couple. Tout cela se passait sous les yeux du groupe accompagnant l’adolescent, ce qui lui procurait encore plus de force. L’adolescent réussi à tenir cette cadence rapide devant un athlète expérimenté ! Puis soudainement, ce dernier laissa échapper un rire un peu, stressé. Voyant que l’athlète y mettait les bouchées doubles pour réussir à se placer devant lui, l’adolescent en fit de même. Il ne restait maintenant plus que 80 mètres à peine. La femme sembla en proie…à une panique certaine. L’athlète réussi à prendre la tête, et commença lentement un changement de voie. Malgré ce fait, la femme se jeta dans la neige, tête première ! Cette scène fût des plus accueillantes pour les yeux de tous les spectateurs de cette scène.
Ce fût un périple entre de parfaits inconnus.
** Version abrégée **
2009 © BAxT-Le périple de parfaits inconnus

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