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Les dirigeants de PME en croissance déboussolés par la polémique

Publié le 07 avril 2009 par Bernard Carlier

Extrait d’article du Figaro Economie – 31 mars 2009

 Les 400 entrepreneurs membres de l’association CroissancePlus ont l’impression de vivre dans un « autre monde » que celui des patrons de multinationales.TOUS actionnaires de leurs entreprises, les 120 entrepreneurs réunis ces derniers jours par CroissancePlus à Avoriaz, pour la première édition de son « Spring Campus », étaient d’abord là pour faire du « judo avec la crise » et imaginer les conditions de la « recroissance ». Mais quand ils ont évoqué la polémique sur les rémunérations des dirigeants des grands groupes, l’enthousiasme a fait place à la réprobation, l’incompréhension et l’indifférence.

« Le débat concerne 20 grandes entreprises qui sont de moins en moins françaises et de plus en plus mondiales. Il donne une image négative des milliers de patrons de PME qui ne se reconnaissent pas dans ces dirigeants. Ces milliers d’entrepreneurs ont des rémunérations normales que peuvent comprendre les Français et créent de l’emploi en France », explique Stanislas de Bentzmann, coprésident du directoire de la société de services informatiques Devoteam (460 millions de chiffre d’affaires).

« Ce n’est pas mon monde. Je dépense mon argent. Lafuma a été fondé par trois frères en 1930 et porte le nom de mon grand-père », constate Philippe Joffard, PDG du groupe Lafuma (262 millions de chiffre d’affaires). « Je suis choqué par l’attitude arrogante des dirigeants de la Société générale qui s’étaient attribué des stock-options. D’autant plus choqué que la Société générale est la pire des banques dans ses relations avec les PME », juge un entrepreneur. « Les amalgames nous choquent. Comment faire pour que les Français aient une bonne vision des patrons entrepreneurs, pour qu’ils comprennent que ce ne sont pas des voyous ? », s’interroge un autre.« Un outil de motivation »

Engagés dans une course à la croissance, ces patrons de PME cotées et non cotées présentes aussi bien dans l’Internet, la restauration que le développement durable, défendent aussi bonus et stock-options, qui peuvent avoir une réelle utilité. « J’ai payé des bonus à mes ingénieurs d’affaires, même quand la société a perdu de l’argent, sinon ils partaient à la concurrence », observe Christian Poyau, cofondateur et PDG de la société de conseil informatique Micropole Univers. « Les stock-options sont un formidable outil de motivation, de fidélisation et d’attraction de talents pour les PME de croissance qui ont besoin de recruter des bac + 5 ou + 7, des scientifiques de haut niveau. Elles leur permettent de lutter en terme de salaire avec les grandes entreprises. Les stock-options ont une véritable justification économique », analyse Edith Henrion d’Aubert, directeur général de CroissancePLus.

« La bonne solution serait que les personnes qui touchent des parachutes dorés et des bonus soient encouragées à investir dans les entreprises de croissance.

La France devrait s’inspirer de l’Angleterre en permettant aux personnes qui gagnent beaucoup et qui paient l’impôt sur le revenu, de bénéficier d’incitations fiscales pour investir dans des PME », propose Frédéric Bedin, président de CroissancePlus.


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