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Cardiff-Toulouse : la parole est à la défense

Publié le 09 avril 2009 par Pierre Salviac

Voici revenu le temps de la Coupe d’Europe. Je me passionne pour ce quart de finale entre Cardiff et Toulouse. Un remake de Galles-France en quelque sorte.

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Crédit photo : Ciarán Bohane

Première interrogation : la composition de l’équipe de Toulouse. Fidèle à ses habitudes Guy Novès nous la joue profil bas. Il laisse planer le doute sur la participation de Skréla (côtes), Millo-Chluski (côtes), Poitrenaud (adducteurs) et Poitrenaud (adducteurs). Mais ces incertitudes quant à la formation de l’équipe de Toulouse ne perturbent pas les gallois. Dans la presse de Cardiff on estime que c’est un problème de riches.

On a vu cette semaine Elissalde, absent depuis plus d’un mois en raison d’une luxation du coude gauche, s’entraîner à buter. Cela laisse supposer que Toulouse envisage ce déplacement à Cardiff avec au moins deux "buteurs professionnels" : Skréla comme titulaire et Elissalde comme remplaçant. C’est rassurant. Comme on dit chez moi : "Si tu ne veux pas manger sur le pouce, mieux vaut venir avec ta fourchette et...ton couteau !"

Cardiff comme adversaire, c’est tout de même un gros morceau. Au Millenium Stadium, dans une ambiance chauffée au fer rouge, c’est un handicap supplémentaire. Mais Toulouse est habitué à livrer des matches de haut niveau dans ce contexte. Cardiff-Toulouse c’était l’affiche de la première Coupe d’Europe dans ce stade en 96. Et Toulouse avait gagné.

Le plus gros handicap du Stade Toulousain c’est sa notoriété. Avec la vidéo tout le monde connaît le jeu de tout le monde. Et les adversaires de Toulouse ont suffisamment de documents à disposition pour connaître tous les lancements de jeu du Stade Toulousain. Dans ces conditions difficile de surprendre.

C’est plutôt Toulouse qui se fait surprendre de temps en temps comme à l’occasion du match perdu contre Glasgow. Les écossais avaient trouvé la parade au jeu du Stade Toulousain, le jeu pourtant le plus accompli du rugby français.

Cette semaine Novès nous a sorti du chapeau une information selon laquelle Toulouse avait travaillé la défense. C’est la moindre des choses surtout quand on affronte une équipe aussi remuante que Cardiff.

J’ai aimé cette préoccupation de Toulouse à se concentrer sur le problème de la défense. D’abord, c’est le moment de rappeler que c’est grâce à l’adoption de la "rush defense" que la France a surpris et battu le Pays de Galles cette année dans le cadre du Tournoi.

Qu’est-ce que la "rush defence" ?

D’abord c’est la marque de fabrique des champions du monde sud-africains. Traduite de l’anglais, "rush defence" cela voudrait dire "ruée". Et cela se traduit sur le terrain par une ruée collective de toute la ligne de défense vers le camp adverse.

En plus des sud-africains, les London Wasps, deux fois champions d’Europe, et les Gallois, auteurs du Grand Chelem l’an passé, ont construit une partie de leurs succès sur la "rush defense". C’est sans doute la signature de l’ancien treiziste Shaun Williams qui a été l’expert en défense de ces deux équipes.

Quelque soit le système de défense mis en place cette semaine par le Stade Toulousain, mon impression est que Novès a vu juste en mettant l’accent sur ce secteur de jeu.

J’ai été frappé de voir l’inhabituelle passivité de Brive en défense devant Toulouse le week-end dernier. Cela a dû mettre à la puce à l’encadrement toulousain et remobiliser les techniciens du clubs sur l’idée que, sans bonne défense, l’attaque n’est qu’une belle illusion. Cette "absence" en défense correspond avec la mise à l’écart quelques jours plus tôt de David Ellis qui était le spécialiste de ce secteur de jeu à Brive. (David Ellis est le technicien de la défense auprès de l’équipe de France). Y a-t-il une relation de cause à effet ?

En tout cas voilà Toulouse au pied du mur. Chargé de porter tous les espoirs français du rugby de club ce week-end à Cardiff face à une équipe qui compte dans ses rangs des grosses pointures : Roberts, Shanklin, Gareth Thomas (un ancien toulousain), Halfpenny, Gethin Jenkins et Martyn Willians.

Avec un squad pareil ce Cardiff a de quoi vous donner le blues !


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