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Obliger tout le monde à faire mieux

Publié le 09 avril 2009 par Sogbeb
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Je-Dis de Gbeton --- Volume III --- Numéro 11 --- 9 avril 2009
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Il faut, autant qu'on peut,
obliger tout le monde.
La
Fontaine

« La concupiscence et la
force sont les sources de toutes nos actions :
la concupiscence fait les
volontaires ; la force, les involontaires. »

Blaise Pascal
Avant d'obliger un homme,
assurez-vous bien d'abord que cet homme n'est pas un
imbécile.
Eugène
Labiche

CE
QUE JE DIS


La liberté de choisir et d'agir a souvent
été défendue comme un droit sacré. Pourtant parfois lorsque la liberté frise le
libertinage, le laisser-aller ou carrément la démission paresseuse, je dis :" il
faut obliger tout le monde à aller vers des buts supérieurs et des lendemains
meilleurs." 


POURQUOI
JE LE DIS


Le petit Yann refuse naturellement
tout ce qu'on lui porte à la bouche, surtout quand il ne le

reconnaît pas tout à vue d'oeil. Mais lorsque sa maman parvient à
lui faire toucher un petit bout de ses lèvres, il le goûte et quand il
l'apprécie, c'est maintenant à lui de courir après ce repas qu'il refusait au
début pourtant. Ca vous rappelle l'histoire des nourrissons qui refusent souvent
de téter avant qu'on ne les y force. C'est pourtant ces mêmes bébés qu'il faudra
sevrer de force plus tard. C'est sans doute pour cela que mon père m'a souvent
dit qu' «
il faut savoir forcer l'enfant pour lui faire du bien ».
Et les raisons ne manquent pas pour étendre ce principe à l'adulte.




  1. L'être
    humain a un penchant naturel à la paresse et au confort


Le genre humain est naturellement paresseux. Selon
Marcel Jouhandeau, « L'homme
est fait pour un instant de labeur et pour une éternelle paresse. »
Il
aime son confort et peut banalement dormir sur ses lauriers. Il trouve du
plaisir dans l'oisiveté alors même que
« L'oisiveté est peut-être aussi la
mère de la paresse. » (Jean-Jules Richard).
L'Homme est ainsi un partisan du
moindre effort qui est pourtant plein de projets comme le dit 
Vauvenargues
:
« Les paresseux ont toujours envie de faire quelque chose.
»
Or comme nous l'apprend
Salvador Dali, « Pas de chef-d'oeuvre dans la paresse !
»
C'est pour cela qu'il est parfois
nécessaire d'obliger l'homme à aller de l'avant, ne serait-ce qu'à commencer à
réaliser ses projets. En effet,
« la paresse peut paraître attrayante,
mais le travail apporte la satisfaction. »
(
Anne Frank).
L'on pourrait objecter certes et crier au liberticide mais
« Si tout m'est
permis, tout n'est pas bon pour moi ».
Surtout que tout le monde ne peut pas être paresseux
en même temps, sinon le monde irait à la dérive. C'est ce qu'a voulu dire un
jour un certain
Ylipe :
« La paresse des autres est une
menace pour la mienne. »




  1. Dans
    la logique de solidarité et d'altruisme, il faut obliger tout le monde à être
    meilleur


Certaines personnes ont une tendance naturelle
l'altruisme. Il aime aider les autres ce qui fait d'eux-mêmes des travailleurs
et des ambitieux soucieux de faire davantage pour pouvoir partager avec les
autres. C'est en référence à ceux-là que le pape
Pie XII dit : «
Rien n'oblige davantage à monter que la volonté de faire monter les autres.
»
Dans cette envie de faire le bonheur des autres, ils
sont parfois bien amenés à forcer de temps en temps leurs amis. En effet, ils
préfèrent les forcer à apprendre à pêcher plutôt que d'être contraint de leur
offrir éternellement du poisson. Ils arrivent ainsi à forcer les autres à monter
avec eux.


En obligeant ces personnes, ils pourront faire l'
« impossible », soit pour vous faire plaisir, soit par simple obéissance et
in fine, ils arrivent à faire leur propre bonheur, par la force.
Pour eux, obéir à votre obligation n'est qu'une autre façon d'exprimer leur
paresse selon 
Germaine Beaumont.
« L'obéissance, nous dit-elle, n'est qu'une forme canonisée de la
paresse. »
Selon, Blaise Pascal
« La concupiscence et la force sont les sources de toutes nos actions : la concupiscence
fait les volontaires ; la force, les involontaires. »
Lorsque nous nous
aidons les uns les autres, la première personne qui en bénéficiera c'est
nous-mêmes, car
« Qui oblige s'oblige. » (Nestor Roqueplan) On peut ainsi
obliger un ami à parler de ses problèmes, à démarrer un projet difficile, à oser
faire le premier vers une réconciliation, etc. Par exemple, bien des femmes ont
souvent besoin d'obliger leurs fiancés à s'élever et s'améliorer en même temps
qu'elle, sur le plan des études ou de la rémunération, pour éviter les complexes
éventuels et préserver ainsi l'harmonie de leur couple n'est-ce pas ? Et
vice-versa.




  1. Forcer
    quelqu'un peut lui faire du bien


Comme dans l'exemple de l'enfant qu'on oblige à
découvrir le lait et qui s'y accroche par la personne obligée peut aimer ou
détester.
« Vous pouvez obliger un âne à traverser l'eau, mais vous ne
pouvez pas l'obliger à en boire. »,
nous dit le Proverbe créole.
Lorsqu'il aime et perçoit le bien-fondé de ce qu'il a commencé par
contrainte, il l'adopte et s'améliore. Si par contre, l'obligé n'aime pas ce
qu'il est obligé de faire, il ne fera aucun effort pour le réussir.
Mais dans bien des cas, on arrive à des résultats
positifs.
Qui n'a jamais réussit un travail sous l'effet de la
contrainte ou de la pression de son supérieur hiérarchique ? Qui n'a jamais
réussit une prouesse ou un examen de peur de décevoir ses parents ou ses amours
?


J'admets qu'il n'est pas aisé d'obliger les autres
mais cela y va de l'efficacité collective.
« Il est, pour l'homme, deux
difficultés insolubles : savoir au juste l'heure qu'il est, et obliger son
prochain. » (
Georges Courteline).
C'est pour cela qu'il faut trouver
quelque moyen de s'obliger à obliger les autre et comme le dit le proverbe
français,
« C'est obliger deux fois qu'obliger promptement. » Nous
pouvons user par exemple de l'estime de ces autres pour nous, de leur devoir de
respects envers nous, notre droit d'aînesse, la pression amicale des pairs, ou
tout autre argument comme la tradition, la noblesse qui les amènent à nous
obéir.


Alors chers amis, « il faut, autant qu'on
peut, obliger tout le monde » à être meilleur pour une communauté meilleure.
Mais attention, n'obligez jamais un méchant car « Obliger les
méchants, c'est presque travailler au malheur des gens de bien.»
(Mocharrafoddin Saadi). De plus, il faut au besoin savoir abandonner ceux qui s'abandonnent ! Mais que ce soit pour vous en ultime dernière option.



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