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Muerte sin fin - Mort sans fin (cinquième)

Publié le 06 février 2009 par Versions

 
Pero en las zonas ínfimas del ojo
no ocurre nada, no, sólo esta luz
—ay, hermano Francisco,
esta alegría,
única, riente claridad del alma.
Un disfrutar en corro de presencias,
de todos los pronombres —antes turbios
por la gruesa efusión de su egoísmo—
de mí y de Él y de nosotros tres
¡siempre tres!
mientras nos recreamos hondamente
en este buen candor que todo ignora,
en esta aguda ingenuidad del ánimo
que se pone a soñar a pleno sol
y sueña los pretéritos de moho,
la antigua rosa ausente
y el promedio fruto de mañana,
como un espejo del revés, opaco,
que al consultar la hondura de la imagen
le arrancara otro espejo por respuesta.
Mirad con qué pueril austeridad graciosa
distribuye los mundos en el caos,
los echa a andar acordes como autómatas;
al impulso didáctico del índice
oscuramente
¡hop!
los apostrofa
y saca de ellos cintas de sorpresas
que en un juego sinfónico articula,
mezclando en la insistencia de los ritmos
¡planta-semila-planta!
¡planta-semila-planta!
su tierna brisa, sus follajes tiernos,
su luna azul, descalza, entre la nieve,
sus mares plácidos de cobre
y mil y un encantadores gorgoritos.
Después, en un crescendo insostenible,
mirad cómo dispara cielo arriba,
desde el mar,
el tiro prodigioso de la carne
que aún a la alta nube menoscaba
con el vuelo del pájaro,
estalla en él como un cohete herido
y en sonoras estrellas precipita
su desbandada pólvora de plumas.

 
——————————————
 

Mais dans les zones infimes de l’œil
rien ne surgit hormis cette lumière,
ah frère Francisco,
cette allégresse
unique et riante clarté de l’âme.
Un plaisir de jouir en chœur de présences
et de tous les pronoms qu’altérait jusqu’alors
le lourd épanchement de l’égoïsme,
moi, Lui, nous trois,
à jamais trois !
tandis que nous nous distrayons très fort
avec cette bonne candeur qui tout ignore,
cette ingénuité si subtil de l’esprit
qui se met à rêver en plein soleil
et voit en songe les passées couverts de rouille,
la vieille rose absente
et le fruit promis de demain,
comme un miroir de l’autre face, opaque,
qui, sondant l’image de sa profondeur,
lui arrache un autre miroir en guise de réponse.
Voyez avec quelle naïve et suave austérité
il répartit les mondes dans le chaos,
les faisant marcher sans écarts comme des automates ;
sous la didactique pression de son index
obscurément
hop !
il les apostrophe
et en extrait des rubans de surprises
qu’en un jeu symphonique il articule,
mêlant à l’insistance de ses rythmes
plante-semence-plante !
plante-semence-plante !
sa tendre brise, ses feuillages tendres,
sa lune bleue aux pieds nus sur la neige,
ses mers paisibles toutes de cuivre
et ses mille et une roulades enchanteresses.
Après quoi, en un crescendo insoutenable,
voyez comment, depuis la mer
et vers le ciel
se décharge le tir prodigieux de la chair
qui, avec le vol de l’oiseau,
endommage encore les nues,
explose en lui, fusée blessé,
et précipite en étoiles sonores
la poudre éparse de ses plumes.
 
José Gorostiza
 
(Traduction par Claude Couffon)

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