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Muerte sin fin - Mort sans fin (troisième)

Publié le 27 janvier 2009 par Versions

 
¡Mas qué vaso —también— más providente!
Tal vez esta oquedad que nos estrecha
en islas de monólogos sin eco,
aunque se llama Dios,
no sea sino un vaso
que nos amolda el alma perdidiza,
pero que acaso el alma sólo advierte
en una transparencia acumulada
que tiñe la noción de Él, de azul.
El mismo Dios,
en sus presencias tímidas,
ha de gastar la tez azul
y una clara inocencia imponderable,
oculta al ojo, pero fresca al tacto,
como este mar fantasma en que respiran
—peces del aire altísimo—
los hombres.
¡Sí, es azul! ¡Tiene que ser azul!
Un coagulado azul de lontananza,
un circulante amor de la criatura,
en donde el ojo de agua de su cuerpo
que mana en lentas ondas de estatura
entre fiebres y llagas;
en donde el río hostil de su conciencia
¡agua fofa, mordiente, que se tira,
ay, incapaz de cohesión al suelo!
en donde el brusco andar de la criatura
amortigua su enojo,
se redondea
como una cifra generosa,
se pone en pie, veraz, como una estatua.
¿Qué puede ser —si no— si un vaso no?
Un minuto quizá que se enardece
hasta la incandescencia,
que alarga el arrebato de su brasa,
ay, tanto más hacia lo eterno mínimo
cuanto es más hondo el tiempo que lo colma.

 
——————————————
 

Mais quel verre —aussi— plus prudent !
Peut-être cette cavité qui nous enserre
en insulaires monologues sans écho,
même si elle a Dieu pour nom,
n’est-elle autre chose qu’un verre
moulant notre âme dérobée
mais que l’âme peut-être seulement pressent
dans une transparence amoncelée
colorant —de bleu— la notion de Lui.
Dieu qui lui-même,
se faisant présences timides,
doit adopter le bleu pour teint
et une claire et impondérable innocence,
cachée au regard mais fraîche au toucher
comme cette mer fantôme où respirent
—poissons de l’air à son sommet—
les hommes.
Oui, bleu il est ! Bleu il doit être !
Bleu de lointain, coagulé,
Amour alentour de la créature,
là où cet œil d’eau de son corps
jaillit en lentes ondes de stature
entre fièvres et plaies ;
là où le fleuve hostile de sa conscience
est eau flasque et mordante qui se jette
à terre, incapable, ah ! de cohésion ;
là où le brusque va-et-vient de la créature
atténue sa colère,
s’arrondit comme
un chiffre généreux,
se met debout, vrai, comme une statue.
Qu’est-ce que, autrement, si ce n’est pas un verre ?
Peut-être une minute qui s’enflamme
jusqu’à l’incandescence,
qui allonge la fougue de sa braise,
ah ! d’autant plus vers l’éternel même minime
que le temps qui l’emplit est plus profond.
 
José Gorostiza
 
(Traduction par Claude Couffon)

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