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Les raisons de l’occupation à l’UQÀM

Publié le 11 avril 2009 par Hugo Jolly

Dans la nuit du 6 au 7 avril 2009, 45 étudiantEs de l’UQAM et d’ailleurs, ont investi l’emblématique pavillon Hubert-Aquin et comptaient occuper les lieux jusqu’à ce que leurs revendications soient acceptées. Le Comité du 6 avril s’est formé suite à l’arrestation des 45 étudiantEs.
Rest of the text:

Les revendications des occupantEs étaient: un réinvestissement massif à l’UQAM, immédiatement et sans condition de la part du gouvernement du Québec, l’embauche immédiate de 300 nouveauxELLES professeurEs et la démocratisation des instances administratives de l’UQAM dans une perspective d’autogestion.

En ce sens, nous exigons que le futur « plan stratégique » de l’UQAM ne contienne aucune close sur l’autonomie financière des facultés et/ou des départements et que les directeurs, doyens ou tout autre membre du conseil d’administration, incluant le recteur et les vice-recteursTRICES, soient démocratiquement éluEs par l’ensemble de la communauté uquamienne. C’est cette dernière qui devrait être en contrôle de l’université et non des PDG d’entreprises à but lucratif. ChacunE devrait avoir le droit de se prononcer sur toutes les décisions. C’est en ce sens que nous avons tenté de prendre posession collectivement de notre milieu d’étude. Malheureusement, l’administration actuelle de l’UQAM nous l’a refusé.

Nous croyons que la gouvernance de l’université ne devrait pas être guidée par une perspective de rentabilisation à tout prix, mais que, conformément à la mission originaire de l’UQAM, l’objectif premier devrait rester la qualité et l’accessibilité de l’éducation post-secondaire. L’emphase doit être mis sur la mission académique avant les impératifs financiers.

L’occupation du 6 avril s’est faite dans un contexte de grève générale. Tous les professeurEs et plus de 15 000 étudiantEs de l’UQAM étaient en grève au moment de l’occupation. Nous tenons à préciser que la grève des étudiantEs n’est pas seulement une grève d’appui aux professeurEs, mais un plaidoyer pour une réhabilitation de l’éducation post-secondaire comme enjeu social fondamental méritant des investissements publics massifs.

Nous croyons que l’université, et plus particulièrement l’UQAM, doit demeurer un lieu de réflexion critique sur la société et le politique. Historiquement, l’Université est un espace de liberté, un sanctuaire pour libres-penseurs et, depuis des décennies, le foyer de contestations contre l’injustice sociale. Encore aujourd’hui, les étudiantEs se retrouvent à l’avant-plan des luttes pour l’égalité et le progrès social. L’administration de l’UQAM ne reconnaît pas ces propriétés universelles de l’université. En faisant impunément appel aux forces policières, l’UQAM s’est révélée être un « État policier » digne des régimes totalitaires. Nos intentions n’étaient pas violentes, mais politiques. Aucun bureau n’a été volontairement brisé durant l’occupation, ils n’ont été déplacés que pour notre protection. Aucune résistance n’a été utilisée lors de l’arrestation, nous étions piégés de toute façon. En restant à l’intérieur de l’université, nous voulions symboliser qu’elle doit appartenir à chacunE y faisant partie.

Nous regrettons d’avoir à subir les conséquences de nos idéaux, mais nous les acceptons, sans résignation. Notre combat ne fait que commencer, nous ne nous arrêterons que lorsque l’UQAM nous appartiendra vraiment. À nous, ainsi qu’à tout ceux qui y étudient, y enseignent, y travaillent et y militent.

Vous n’avez encore rien vu de ce dont la colère légitime est capable!

- Le Comité du 6 avril

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