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Fred Vargas, l'art du bancal bien droit

Publié le 14 avril 2009 par Didier54 @Partages
Faire aimer (découvrir) Fred Vargas même à ceux qui ne lisent jamais ou qui n'aiment pas les polars. Comment faire ? Je serais bien tenté d'évoquer Dans les bois éternels, ou Sous les vents de Neptune, des prédécesseurs. Mais ce serait autre chose. Forcément autre chose. Alors partons du dernier né de la dame, car c'est une dame Fred Vargas. Son titre : Un lieu incertain. Je viens de l'achever. Il m'a tenu compagnie pendant une semaine, à raison de quelques heures par jour. Il peut se lire en moins que ça, bien sûr. Ou en plus que ça. Mais il se lit et se lit plutôt bien, très bien même, sans doute parce que c'est bien écrit, plutôt trés bien même.
Ca et là des phrases extraordinaires, à piocher comme on cherche des champignons. On hume l'air, on regarde bien, et on fait des découvertes.
On peut aussi, bien sûr, aller zieuter deux trois sites internet. Se faire une idée de quoi ça cause, Un lieu incertain. Chez l'éditeur, par exemple. Ou sur Evene, Télérama, Le Nouvel Obs, Rue 89. Ou encore sur des blogs, comme celui-ci, chez Lili, ou celui-là, Livresque sentinelle.
Mais l'idée force, je trouve, au-delà de cette histoire-là et de ce polar-là, c'est l'aspect jubilatoire de l'écriture de la dame, une manière unique de faire tenir bien droit des trucs qui partent dans tous les sens. A se demander comment elle fait à ainsi jouer les funambules, multipliant les improbables, réussissant à les faire tenir debout en permanence. On est dedans. On est happé. Et même quand on n'y croit pas, on y croit, parce qu'on y est. Dedans. Elle vous saisit par la main, vous embarque, vous emmène, vous accompagne, jamais ne vous lâche. Du grand art.
Là, par exemple, ça cause vampires. Histoires de vampires. Ca part de Paris, ça va à Londres, ça file en Serbie, ça évoque l'Autriche et l'Allemagne. Mais tout cela, au fond, c'est justement une toile de fond. Les personnages sont tous trés habités, ça foisonne, c'est vivant, c'est riche. L'histoire part dans tous les sens mais ne lâche jamais le fil. Chapeau bas.

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