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La poésie française : en crise ?

Par Ananda
La poésie française se prétend en crise, victime de "délaissement".
Pourtant, avec ses désormais 70% (si ce n'est plus, effectuez vous-mêmes la correction ,si je me trompe) de bacheliers, sa tradition toujours vivace de fascination pour l'intellectuel et/ou l'écrivain, sa désormais omniprésente "middle class" dont les membres ont souvent été formés sur les bancs universitaires, la France compte de plus en plus de gens qui se piquent d'écrire, en particulier qui se piquent d'écrire de la poésie.
Mais si c'est une chose d'écrire, vous me direz que ç'en est une autre d'écrire avec un certain talent et, surtout, d'être diffusé, et si la poésie s'est considérablement démocratisée, son lectorat demeure, hélas, celui d'une élite et donc, ne saurait - n'est-ce pas ? - s'étendre au grand public.
L'édition du livre poétique connait une crise sans précédent. Comme, c'est archi connu, "la poésie ne se vend pas", elle est frileuse, de moins en moins encline à l'audace, bloquée sur des "valeurs sûres" (grands poètes classiques, poètes décédés, poètes reconnus par leurs pairs et à tout coup âgés de plus de 65 ans).
Il reste aux poètes en mal de publication et/ou de reconnaissance à se rabattre sur les revues, lesquelles, pour leur part, pullulent....mais peut-être trop, justement (?).
Les revues sont souvent des émanations d'associations et de regroupements que l'on pourrait, sans risquer de trop se tromper, assimiler à des "chapelles". Là, on se connait, on est "entre soi". C'est un petit "clan" à la française. On  regarde les autres petits clans (plus ou moins rivaux) avec ambivalence, sinon méfiance. Chacun aurait tendance à tirer la couverture à lui. Phénomène bien français, là encore, me direz-vous.
Ajouté à cela, une certaine tendance à l'intellectualisme, laquelle s'expliquerait, peut-être, par le fait que les enseignants et autres universitaires (les "clercs", en un mot) ont fait désormais main basse sur la poésie, qu'ils accaparent au point de la considérer comme leur bien propre et exclusif.
Gare au poète qui ne serait pas professeur, ou professeur de ... ! Le poète doit avoir des diplômes et une profession qui en imposent; s'il n'est bon bourgois et/ou bon clerc, il attirera peu l'attention.
Ecrire de la poésie avec talent ne saurait suffire.
Pour être reconnu de ce "sérail" qui fait pluie et beau temps, il faut en faire partie, ou, à tout le moins, le "courtiser" suffisamment pour qu'il daigne entrouvrir ses portes.
Mais le poète doit-il nécessairement être un intello ?
Pour ma part, je pense que la poésie est quelque chose de profondément spontané, de vieux comme l'histoire de l'humanité même. Elle colle au réel  (ou, à tout le moins, au réel de notre ressenti) et, étant, par essence, libre, n'appartient à personne.
Bien sûr, elle a besoin des mots, d'une certaine sophistication verbale favorisée par un certain degré d'instruction (peut-être).
Cependant, trop d'intellectualisme et trop de consignes professorales rigides la figent, l'étiolent. Quand ils ne l'installent pas totalement en dehors de la réalité.
Non, messieurs-dames, la poésie n'est pas une affaire de magisters.
Pas plus qu'elle n'est affaire de mots d'ordre, d'écoles et de diktats.
Le "grand public" (pour ne pas le nommer) a peut-être plus soif de poésie que nous le supposons.
Mais, sevré qu'il en est par les médias aux préoccupations mercantiles, n'est-il pas aussi "intimidé" par les doctorales sentences qu'égrènent à longueur de temps certains "enculeurs de mouches" qui ne sortent jamais de leur petit coin, du vase clos où ils évoluent avec leurs pairs ?


Patricia Laranco.

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