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Pollutions sauvages : il faut punir !

Publié le 20 avril 2009 par Juliayster
Pollutions sauvages : il faut punir !

C’est une affaire comme il en arrive malheureusement toutes les semaines dans nos campagnes ; un acte de vandalisme écologique, passé presque inaperçu, dont les auteurs ne seront jamais retrouvés. Dans la région d’Epernay, la propriété de la famille Splingart est traversée par le Sourdon, un ruisseau qui prend sa source au-dessus de Saint-Martin-d'Ablois et qui court à travers le village avant de rejoindre le Cubry.
Depuis plusieurs années, cette famille élève des poissons, dans les étangs et bassins creusés sur son terrain et alimentés par le Sourdon. Le fils, Olivier, vend des truites pour les concours de pêche. Ce sont ses parents qui s'occupent des poissons pendant ses déplacements professionnels.
« Mardi dernier, comme tous les soirs, j'ai sorti les chiens et j'en ai profité pour enlever les choses qui bouchent la grille, là où l'eau du ruisseau part dans la pêcherie », raconte M. Splingart. « J'ai vu un poisson qui sautait et se retournait à la surface. Je me suis tout de suite dit, il y a quelque chose de mauvais dans l'eau. » Il se dirige vers la pêcherie, où toutes les grosses truites sont en train de flotter, à l'agonie. Le lendemain, il repêche avec son épouse, près de 200 kilogrammes de truites mortes. À cinq euros le kilo de truite, le préjudice est de 1.000 euros pour l'entreprise familiale. « Il n'y a aucune assurance pour ce genre de dommages, c'est perdu », explique le couple, avec amertume.
Un produit chimique de nettoyage ou de jardinage, versé dans le ruisseau en amont de la pisciculture est sûrement à l'origine de cette perte.
Un gros manque à gagner
Si elles meurent avant d'être pêchées, les truites sont évidemment invendables. « Les poissons sont morts la gueule ouverte, le polluant est sûrement une substance qui raréfie l'oxygène dans l'eau, suppose M. Splingart. Les plus petites truites ont survécu. La personne responsable a dû déverser un tel produit en grande quantité, pour que, malgré la dilution, il y ait autant de poissons morts. »
La gendarmerie s'est rendue sur les lieux le lendemain mais il était déjà trop tard pour effectuer des prélèvements et analyser l'eau.
Personne n'a le moindre indice sur le produit qui aurait pu tuer les truites et ni sur son origine.
« Il y a des gens qui prennent le ruisseau pour une poubelle », s'insurge Mme Splingart. « C'est honteux. »
« On y retrouve des cannettes de bière, des sacs en plastique, des bouteilles… On a même vu une tête de veau ! Les gens devraient davantage respecter la nature », ajoute son époux.
D'où est venu le produit polluant, les Splingart ne le savent pas, mais ils aimeraient faire savoir qu'il y a une pisciculture en aval du village, qui récolte tout ce qu'on jette dans la rivière.
La même mésaventure en septembre dernier
« C'est arrivé dans la nuit, à 22 heures, ce n'est pas un accident, quelqu'un a volontairement versé quelque chose dans l'eau, en toute discrétion. Ce n'est pas malveillant, nos truites n'étaient sûrement pas visées. ». « Cette fois-là, le polluant était visible, l'eau était devenue bleu verte », se rappelle M. Splingart.
Mais là encore la gendarmerie n'avait rien pu faire.
« Il faut que ça cesse, affirme Mme Splingard. Ce n'est pas seulement une perte économique pour l'entreprise, c'est révoltant d'un point de vue écologique. En plus, nos chiens boivent dans le ruisseau aussi. »

Le caractère anecdotique de cette triste histoire ne doit pas cacher une incongruité judiciaire choquante : en France, l’incendie de forêt volontaire, en l’absence de victime, est puni de 20 ans de réclusion et 200 000 euros d’amende (article 322-6 du code pénal). La pollution d’un cours d’eau n’expose qu’à une contravention de 5ème classe de 1500 euros au plus.


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