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Le purgatoire des 54 Indiens de Ceuta par Caroline Claes

Publié le 20 avril 2009 par Combatsdh

Ceuta, le 16 avril 2009
Un an dans le purgatoire sauvage de la forêt de Ceuta pour le groupe des 54 indiens Sikh.
La mafia les menèrent depuis l’Inde jusqu’à Ceuta dans un voyage qui leur coûta plus de 15000 euros et plus de deux ans de traversée en enfer. Sur le chemin ils vécurent toutes sortes d’atrocités. Ils virent leurs amis mourir de faim, de soif ou de maladie à leurs côtés dans le désert du Sahara, ils furent séquestrés plusieurs mois au Burkina-Faso et au Mali par des mafias sans pitié dont le seul but était de leur soutirer de l’argent, furent emprisonnés en Algérie et au Maroc dans des prisons dont les conditions étaient inhumaines et vécurent de nombreuses déportations d’un pays à l’autre, les obligeant à répéter le calvaire des traversées dans le désert.
Quand enfin en 2006 ils arrivèrent à Ceuta, qu’ils s’imaginaient comme l’entrée grande ouverte à l’Europe, ils se retrouvèrent enfermés dans une ville-prison et reçurent d’emblée l’ordre d’expulsion du territoire européen.
Les 54 indiens de religion Sikh décidèrent de quitter le CETI (centre temporaire d’immigrants) il y a plus d’un an par peur d’être déportés à leur pays qu’ils ont quitté il y a maintenant plus de 4 ans, et d’aller vivre dans la forêt de Ceuta dans des conditions inhumaines, montrant ainsi leur résistance pacifique à la décision du gouvernement espagnol.
Le 7 avril le groupe commémora l’année complète vécue dans les dures conditions de la forêt : à la merci du froid, du vent, des nombreuses pluies, des maladies et de toutes les carences possibles et imaginables en hygiène, nourriture et eau.
Leur attente aujourd’hui se centre sur une pétition signée par plus de 8000 citoyens espagnols et remise au ministère de l’intérieur à Madrid le 11 mars, en vue d’annuler leur expulsion et de les permettre l’entrée au territoire espagnol pour des raisons humanitaires.
Après avoir investi tous leurs efforts et l’argent de leurs familles qui ont dû vendre tout ce qu’elles possédaient en Inde (terres, maisons,…) et même s’endetter auprès d’amis et de banques, leur situation actuelle représente une angoisse constante. « Si je suis déporté à mon pays, je ne serai plus rien, plus personne, je serai mort ! » commente Gurpreet Singh, un des représentants du groupe.

fotoceuta4.1240071310.jpg

http://www.vimeo.com/3960998

http://www.vimeo.com/2364883

article du journal El Mundo sur la situation des 54 indiens de Ceuta (migreurop)

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