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DEVEDJIAN : Qui es tu donc l'ami ?

Publié le 19 avril 2009 par Zelast

19 avril 2009

DEVEDJIAN : Qui es tu donc l'ami ?

(merci d'avance à COMLIVE.net)

DEVEDJIAN : Qui es tu donc l'ami ?

le gars avec les lunettes noires...c est lui !! notez son copain Madelin./

Partisan notoire de M. Sarkozy de Nagy-Bocsa depuis plusieurs années, M. Devedjian est un symbole de l'imprégnation profonde des idées d'extrême droite, y compris les pires, dans la droite de gouvernement. Étudiant en droit dans les années 1960, il adhère aux groupuscules d'extrême droite Occident (dont il devient un dirigeant) et Europe-Action. Militer à l'extrême droite n'est pas anodin et à cette époque moins que jamais. Après la fin de la fin guerre d'Algérie et la déroute de Maître Tixier-Vignancourt (aux présidentielles de 1965 et surtout aux législatives de 1967), l'extrême droite française est numériquement infime, elle n'a strictement aucune influence, aucune prise sur les évènements ; seuls les militants les plus durs, les plus convaincus, les plus racistes restent encore, d'autant que la droite gaulliste et non gaulliste n'est pas spécialement regardante sur le recrutement de ses membres (cf. notamment Encyclopædia Universalis, article " L'extrême droite en France depuis 1945 ", 2e partie, et Histoire de l'extrême droite en France, dir. Michel Winock, éd. du Seuil, " Points "-histoire, 1993, chapitre 7). Occident ne rassemble que 800 membres, parmi lesquels plusieurs futurs élus de droite : M. Madelin, M. Goasguen, M. Abitbol, M. Alain Robert, M. Guillet, ou encore M. Longuet, qui y est chargé de la doctrine.

On est édifié sur cette doctrine en lisant le numéro 2 d'Europe action (février 1963), où un certain P. Lamotte écrit : " La race est en tout cas la nouvelle patrie, "patrie charnelle" qu'il convient de défendre avec un acharnement quasi animal. " ; ces propos tenus à l'université d'Occident :

" les nationalistes français constituent contre la république maçonnique et ploutocratique, le Parti de la nation française " (n° 3) ; " Tout fascisme est l'expression d'un nationalisme qui, seul, peut cristalliser la volonté de la jeunesse en un immense élan révolutionnaire : le nationalisme c'est la jeunesse au pouvoir "
(n° 5).

Ou encore, ces slogans : " Gauchistes, ne vous cassez pas la tête, Occident le fera pour vous " ; " Mort aux Bolches " ; " Sous-développés = sous-capables ". En effet, Europe-action choisit le combat sur un plan idéologique, Occident, l'activisme et la violence. Tous deux soutiennent les ségrégationnistes américains, la République sud-africaine de l'apartheid, la Rhodésie des colons racistes. Occident est dissous le 1er novembre 1968 après un attentat à l'explosif - et parce qu'il n'est plus d'aucune utilité au pouvoir gaulliste, maintenant que les évènements du printemps sont finis : cf. Ras l'Front n° 55, mai 1998. " Europe-Action servit d'organe et d'encadrement aux plus redoutables néo-fascistes français des années 60. " (Joseph Algazy, La Tentation néo-fasciste en France (1944-1965), Fayard, 1984).

M. Devedjian adhère au parti gaulliste en 1969 ; il participe à la rédaction des statuts du R.P.R. puis devient un des avocats personnels de M. Chirac jusqu'au début des années 1990, et continue par la suite de le conseiller ; mais, sentant le vent tourner 1993/1994, il choisit M. Balladur (Le Monde, 9 mai 2002). Pour autant, il ne renie pas vraiment son passé. Au contraire, lui qui ne parlait pas l'arménien dans sa jeunesse se rapproche des milieux arméniens les plus nationalistes. Il a été l'avocat du groupe terroriste arménien Asala (raciste et antisémite), auteur d'un attentat à la bombe à Orly en 1983, qui fit 8 morts (dont 4 Français et 2 Turcs) et 56 blessés le 15 juillet 1983 : c'est le pire attentat commis sur le sol français depuis des dizaines d'années. Maître Devedjian a le droit de défendre qui il veut. Le problème est ailleurs : dans son édition du 15 août 1983, l'hebdomadaire turc Nokta et plusieurs journaux français publiés au même moment, rappelaient que le futur maire d'Anthony locales avait proféré des paroles menaçantes pour la compagnie Turkish Airlines, dont le bureau a été frappé par l'attentat d'Orly : " Il va être dangereux d'utiliser la Turkish Airlines. " M. Devedjian persiste et signe dans un entretien à l'Armenian Reporter du 6 juin 1985 :

" Tout le monde considère les membres de l'Asala comme des terroristes, moi je vois en eux des résistants ! [...] Je ne considère pas que les Arméniens qui tuent des diplomates turcs soient des terroristes. Je les considère comme des activistes. [...] À l'issue de notre combat, il sera possible de libérer les terres ar méniennes en Turquie et de les réunifier, indépendamment de l'Union soviétique, avec l'actuelle Arménie. [...] Dans l'histoire, les Turcs ont déjà perdu les trois quarts de leurs territoires. Ils accepteront par la force la naissance d'une nouvelle Arménie. "

Sa haine raciste des Turcs allant plus loin que sa haine de la gauche et de l'extrême gauche, M. Devedjian a explicitement appelé l'Asala - toujours dans son entretien à l'Armenian reporter- à se rapprocher de l'ignoble Parti des travailleurs du Kurdistan (P.K.K.), organisation terroriste marxiste-léniniste presque en sommeil depuis l'arrestation de son chef mais qui, jusqu'en 1999, terrorisait autant les paysans kurdes que les exactions de l'armée turque (laquelle s'est d'ailleurs calmée depuis). Le P.K.K. est aujourd'hui moins marxiste-léniniste qu'avant, c'est vrai : il a aussi tâté à l'islamisme chiite et au trafic de drogue (Quid 2005, p. 1436 ; Notes et Études de l'Institut de criminologie de Paris, n° 30, octobre 1995, n° 33, octobre 1996). - M. Devedjian a vitupéré l'arrestation de son chef, en 1999, parlant d'" acte de piraterie internationale ". La nomination de M. Le Gallou, cofondateur du Club de l'horloge et théoricien de la préférence nationale, comme adjoint à la culture par le maire Devedjian 1983, paraîtrait presque anodine.

A u Monde du 13 février 2005, M. Devedjian confie : " Je ne me suis jamais caché de mon passé. J'étais d'origine arménienne et c'est aussi une façon, pour moi, de me sentir français. J'étais anticommuniste et, finalement, je n'ai pas changé. Je me suis engagé pour la cause de l'Algérie française. "
L'unité d'une vie...


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