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L’ironie décalée de Nicolas Sarkozy

Publié le 20 avril 2009 par Hmoreigne

Tempête dans un verre d’eau, à moins que ce ne soit dans une cour d’école.  Nicolas Sarkozy a dit ? Pas dit ?? Les mots étaient bien les siens mais finalement, c’était de l’humour. Le comportement du président de la république laisse pantois, tout comme la réaction de celle qui se veut sa principale opposante. Sans parler des porte-flingues de service ou d’une certaine presse carpette toujours partante pour servir la soupe à l’Elysée. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy,  la fonction présidentielle, et derrière elle l’essentiel de la classe politique, brouille les repères et perd le sens de la tenue et de l’éthique. On était pourtant prévenu. Aujourd’hui tout devient possible.

L’Elysée est sur une pente dangereuse. Celle du flirt répété avec les vérités arrangées. Tant pis si c’est la crédibilité de la parole publique qui en fais les frais. L’Elysée ment. Effrontément ou par omission. Et rares sont ceux qui s’en offusquent. On préfère avancer que le président a mal été compris ou s’est mal exprimé. Les faits pourtant se répètent. Il y a eu l’affaire Pérol et un soi disant accord de la commission de déontologie puis, l’escapade Mexicaine et la pseudo prise en charge du séjour privé par les autorités mexicaines. Aujourd’hui le sujet est plus léger. Il ne s’agit que du QI du premier ministre d’un pays voisin et ami…

Dans un tel embrouillamini il faut en revenir aux faits. Une réunion entre le président de la république et un groupe de 25 parlementaires dont certains de l’opposition est-elle d’ordre privé ? Non. Les propos tenus engagent, fussent-ils censés être caustiques.

Le Nouvel Observateur rapporte que Bernard Kouchner, n’exclut pas que Nicolas Sarkozy ait pu dire de José Luis Zapatero qu’il n’est pas très intelligent”, tout en soulignant que cela voulait dire “qu’il l’est”. Allez comprendre.

On fera crédit à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir cherché à insulter le Premier ministre espagnol. Appartient-il pour autant au Chef de l’Etat à se livrer à ce genre d’exercice ? Le coup parti, il aurait été trop simple d’assumer ses propos, de les recadrer plutôt que de laisser se développer une polémique de bas étage.

“Nicolas Sarkozy est-il digne de la fonction ?” s’interrogeait il y a quelques semaines Philippe Bilger dans les colonnes de Marianne 2. “Ce qui crée un lien légitime, valable pour tous, c’est la morale, c’est la qualité du regard que le président porte sur la fonction présidentielle et donc l’adhésion de la communauté nationale à l’allure de son président dans l’exercice de ses fonctions, dans les coulisses officieuses aussi bien que dans sa large part officielle” écrivait notamment le magistrat.

L’affaire “Zapatero” confirme la crainte. Plutôt que d’élever le débat, l’Elysée a d’utiliser l’occasion pour régler ses comptes avec un quotidien insoumis. Une attitude qui a amené Laurent Joffrin à taper du poing sur la table.”Contrairement à ce qu’affirme l’Elysée, relayé par quelques comparses, notre compte rendu des propos tenus la semaine dernière par Nicolas Sarkozy sur ses homologues étrangers était rigoureusement exact. Nos deux journalistes, Matthieu Écoiffier et François Wenz-Dumas, ont recueilli les confidences de plusieurs députés présents. Ils ont ensuite recoupé leurs informations et publié un article complet et nuancé. Dès le premier jour, ils indiquaient que le président français n’avait pas insulté d’autres chefs d’Etat, mais porté des jugements à l’emporte-pièce sur leur personnalité, ce qui n’est pas la même chose. Il a usé d’ironie à l’égard de José Luis Zapatéro ; cette ironie a été prise au premier degré par la presse espagnole. C’est la véritable origine de l’affaire.”

La “spontanéité” prêtée à Nicolas Sarkozy frise plutôt le manque d’éducation d’un enfant capricieux et malpoli. Il n’y a pas crime de lèse-majesté à le faire remarquer. Même si ce délit de l’ancien régime retrouve des couleurs depuis la condamnation d’un quidam qui avait eu l’impudence de brandir, au passage d’un cortège officiel, une pancarte illustrée du “casse-toi pauvre con” prononcé par le président himself au salon de l’agriculture.

Frédéric Lefebvre, la voix de son maître, en deviendrait presque risible si ses propos s’inscrivaient dans un dialogue à la Audiard plutôt que dans la vraie vie publique : “Ce quotidien, qui ressemble de plus en plus à un tract, après avoir perdu ses lecteurs, perd sa crédibilité”. “Cette attitude est tout simplement scandaleuse de la part d’un quotidien français qui, en colportant une fausse information, contribue à abîmer l’image de notre pays”.

Ah, l’image. Bel exemple en effet que les déclarations d’un porte-parole de parti majoritaire qui n’hésite pas à mettre en cause la santé mentale d’une ancienne candidate aux présidentielles :” Je crois qu’elle a définitivement besoin d’une aide psychologique. Moi, je le dit à Mme Royal : ça se soigne”.


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