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La Spirale intensificatrice de l'ésocriture

Publié le 20 avril 2009 par Tudry

Oubliant le chemin parcouru, nous allons droit de l'avant.  saint Paul

"Qu'est-ce que l'ésotérisme ? C'est l'étude et l'expérimentation des ténèbres intérieures." Raymond Abellio

Un ami, franchissant la passe du port de l'amitié m'a, énergiquement, recommandé, en guise d'à-Dieu, de dépasser le terme de « contrelittérature ». Recommandation prophétique puisqu'elle émane de celui-là même à qui cette idée verbalisée fut prophétiquement révélée. Ainsi donc, appel entendu, capitaine qui naviguez vers d'autres eaux, vers d'autres attaches; appel d'autant plus entendu qu'en me révélant ce que vous aviez intimement perçu et verbifié, c'est-à-dire si impeccablement personnalisé, vous m'aviez ouvert à cette même potentialité.

Oui ! En « inventant », au sens où l'on dit d'un découvreur de trésor qu'il en est l'inventeur, en inventant, donc, ce mot et en m'offrant de m'y inscrire, Alain Santacreu m'a aussi offert la clef d'un autre trésor insoupçonné.

Comme tant d'inventeurs, J. de Flore eut tort. Non pas dans son intuition géniale d'un triple âge spirituel trinitaire mais dans sa volonté (trop humaine ? ) de systématiser cette intuition. L'intuition intellectuelle est une énergie interne, une énergie « internelle ». Alchimiquement, au contact de l'extériorité mondaine, elle se coagule, se solidifie. En quelque sorte la littérature est la coque dure, matérielle, solidifiée de l'écriture qui est essentiellement spirituelle et intérieure; la Contrelittérature est une station sur le chemin de retour vers l'intériorité illuminée mais, elle-même se pose face à la littérature. La « définition » de son essence fut une paraphrase de la célèbre sentence maistrienne : « la Contrelittérature n'est pas une littérature contraire mais le contraire de la littérature. » Il faut encore aller de l'avant et trouver cet autre mot de Maistre : « la contre-révolution sera angélique ou elle ne sera pas », afin de ne plus situer la contrelittérature face à la littérature car :

« Il y a une négation et un contraire. La négation doit être détruite pour racheter les contraires. » William Blake

La contrelittérature est le point de basculemement, de renversement dans la voie vers l'intériorité, l'authentique Talvera; mais, après ce retournement, cette métanoia, il reste un long chemin à parcourir, long, solitaire, infiniment personnel, révélateur de la personne et absolument invisible.

La littérature est l'écorce externe, dure, hautaine, rongée des influences de ce monde. La contrelittérature est la face interne de l'écorce, belle, harmonieuse, toutefois le coeur, le noyau est encore loin; il faut alors suivre le chemin concentrique de l'écriture interne jusqu'au centre inamovible, jusqu'à ce centre qui, une fois atteint nous laisse voir que l'étendue parcourue ne lui est pas essentiellement extérieure mais, sans pourtant se confondre avec lui, est lui.

« L'esprit éternel de l'homme revendique pour lui [...] le point central absolu, non du système planétaire clos, mais de tout l'être, de tous les plans de l'être, de tous les mondes. » (N. Berdiaev, Le sens de la création)

Pour paraphraser, à notre tour, nous paraphraserons Berdiaev et nous dirons que l'écriture « doit être résolument énergétique et non téléologique. » L'écriture est un processus énergétique interne; elle doit s'élancer, à partir du « point central absolu » à l'assaut du monde (l'une des phases étant de dissoudre le monde en soi afin de l'entrainer à sa suite dans le périple évoqué ci-dessous.

Littérature et contrelittérature demeurent téléologiques or, il n'y a pas de fin supérieure, pas de but ultime, pas d'horizon bienheureux et indépassable, il y a, seul, l'eschaton. Eschaton qui est le point de perpétuelle fusion sans confusion de la source et de la « fin » !

Du point de vue chrétien, non pas théologique, mais vital, « panzoiste », le « but » est l'acquisition de l'Esprit Saint mais, en réalité, actualisation de l'eschaton, ce but n'en est pas un puisqu'il est en vérité le commencement de ce périple magnifique qui va de commencements en commencements par des commencements sans fin !

Il s'agit donc, non pas, de trouver mais d'activer, d'acter, cette énergie interne et éternelle, cette énergie internelle de l'écriture, cette inscripture, cette « ésocriture » ....

Merci capitaine d'avoir tranché nos amarres ! Merci et à-Dieu !


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