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"Il faut prendre l'argent là où il se trouve, ... c'est-à-dire chez les pauvres ..."

Publié le 21 avril 2009 par Slovar
Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres" Ecrivait Alphone Allais en 1901.
Plus d'un siècle plus tard, forts de nos technologies, la phrase un peu cynique de l'humoriste reste une valeur sure dans le monde du XXI eme siècle.
Les responsables de la crise financière puis économique nous promettent monts et merveilles à condition de faire preuve de patience et de méthode.
Au premier rang : Alan Greenspan (ancien président de la Réserve fédérale américaine).
Réputé, du temps de sa splendeur, pour être très accommodant, il ne reconnaît qu'une petite erreur, semble t-il. Elle aurait été de "sous-estimer l’inflation, en raison d’un changement en apparence infime, dans le mode de calcul de la composante prix immobilier"
Tout en oubliant qu'il déclarait avant la crise : "J’ai une idéologie. Mon opinion est que des marchés libres et concurrentiels sont de loin la (meilleure) façon d’organiser l’économie. Nous avons essayé la régulation, aucune n’a véritablement marché" et pour qui "les ventes de slips sur le territoire américain étaient un indice économique comme un autre, à l'image des ventes de logements, de l'indice ISM manufacturier ou encore des chiffres du chômage" - Source Le Figaro Bourse
Reprenant son ton de "gourou" en Février 2009, pour expliquer que : "la moins mauvaise solution est que le gouvernement prenne le contrôle temporaire" des banques en difficulté, soit à travers la FDIC, l'organisme chargé de garantir les dépôts bancaires, soit via un autre mécanisme. Ce faisant, le gouvernement aurait le moyen de "transférer les actifs toxiques vers une 'bad bank' sans avoir à gérer le problème de donner un prix à ces actifs"
Il concluait que puisqu'on ne pouvait plus privatiser les bénéfices, autant passer à l'étape de mutualisation des pertes ...
Cette morgue est applicable à quelques hérauts français du libéralisme économique (et grand s laudateurs de Greenspan) :
"Laissez les libéraux en dehors de cette crise, ce n’est pas un échec des théories libérales ni même des mécanismes libéraux", supplie Alain Madelin .. / ... "Le libéralisme constitue le meilleur antidote à l'emballement des pulsions collectives et le meilleur guide pour reconstruire le capitalisme du XXIe siècle", assure, de son côté, Nicolas Baverez. Et de conclure avec audace : "Le libéralisme n'est donc pas la cause mais la solution à la crise du capitalisme mondialisé".
Mais attention, l’Etat ne doit pas profiter de ces tristes circonstances pour s’installer au cœur du système économique. "Les Etats sont comme des pompiers qui doivent éteindre les incendies puis rentrer dans leurs casernes", avertit Philippe Manière. Son intervention de secouriste achevée, l’Etat devrait se retirer modestement pour laisser à nouveau la main invisible des marchés conduire à l’harmonie universelle.
Au final, l’opinion la plus répandue dans la sphère libérale est que cette crise, loin d’obliger à une révolution des modes de pensée, est plutôt un mauvais moment à passer. Philippe Manière se moque des anti-libéraux qui exultent aujourd’hui : "une montre arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour, il faut qu’ils en profitent !". Ecrivait Eric Dupin citant les propos de ces "visionnaires" dans un Article publié dans Le Monde Diplomatique de février 2009
C'est probablement au nom de ces idéologues que le Gouverneur de la Banque de France a déclaré : "La situation économique mondiale actuelle est "un peu moins mauvaise" que ces derniers mois, ce qui permet de prévoir une stabilisation à la fin 2009 et une reprise début 2010"
Vous souriez ? Mais ce n'est pas tout !
"Quand on met ensemble tous les indicateurs que nous avons sur l'activité économique (...) et qu'on calcule ce que doivent donner tous les plans de relance, les politiques monétaires, on a de bonnes raisons de penser en effet que nous pourrions avoir une économie qui se stabilise à la fin de l'année et une reprise en 2010" - Yahoo/Reuters
Du côté d'Eric Woerth, on est en train, peut être aussi, au nom des "stratèges" cités par Dupin de mettre en place une partie de la moralisation du capitalisme annoncée à grand cris par notre Président. Ainsi :
"La direction générale des finances publiques vient de créer une cellule spécifique pour la régularisation des contribuables possédant des avoirs non déclarés dans des paradis fiscaux, afin de leur éviter des poursuites pénales, a annoncé lundi le ministre du Budget Eric Woerth, lors de la présentation de la campagne de l'impôt sur le revenu. "J'appelle ces contribuables en situation de fraude à venir avec leur bonne foi en bandoulière pour régulariser leur situation, cette offre n'est pas une amnistie et ne durera pas éternellement", a lancé le ministre sans toutefois donner de date limite.
"Les impôts dus, les intérêts de retard et les pénalités prévues par la loi seront bien sûr payés", a précisé M. Woerth lors d'une conférence de presse au ministère des Finances. Concrètement, ce nouveau guichet, accessible dès aujourd'hui par internet et par téléphone, doit permettre une discussion avec l'administration fiscale. Il s'adresse aux résidents français qui détiendraient des avoirs non déclarés placés sur des comptes bancaires dans des paradis fiscaux, à condition que l'origine de ces fonds soient licites.
Une régularisation leur évitera un contrôle fiscal et des poursuites pénales. Les contribuables devront s'acquitter des sommes dues au titre de l'impôt sur le revenu, de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et des droits de succession. "Les pénalités qui peuvent dans certains cas aller jusqu'à 80% de la somme due seront appliquées avec raison", a affirmé M. Woerth. Cette mesure fait suite à la levée progressive du secret bancaire dans les paradis fiscaux décidée le 2 avril lors du G20 de Londres. Un processus que le ministre du Budget a dit "suivre très attentivement". Si vous êtes concernés, vous pouvez d'ores et déjà communiquer grâce à l'adresse mail suivante : cellule-régularisation@dgfip.finances.gouv.fr - Source Yahoo/AP
Bon, ça c'est pour les riches. De l'autre côté, c'est à dire ceux qui payeront quoi qu'il arrive, on apprend dans un sondage réalisé du 23 au 28 mars 2009, auprès d'un échantillon national représentatif de 1.002 personnes en situation de surendettement âgées de 18 ans que :
Près de huit Français sur dix (79%) surendettés ont contracté des crédits pour faire face aux dépenses de la vie courante, et 65% sont surendettés pour avoir contracté trop de crédits, selon un sondage CSA réalisé pour les chambres régionales du surendettement social (Crésus), publié mardi dans Le Parisien.
Alors qu'un projet de loi pour mieux encadrer le crédit sera présenté mercredi en Conseil des ministres, 79% des personnes interrogées expliquent être surendettées par la nécessité de faire face aux dépenses de la vie courage (loyers, charges), contre 19% qui estiment que leur situation est due à une mauvaise gestion des dépenses (vous avez effectué trop de dépenses qui n'étaient pas nécessaires).
Parmi les explications au surendettement, 65% estiment avoir contracté trop de crédits, 34% ont subi une baisse du niveau de leurs ressources. Ils sont 26% ont connu une séparation d'avec leur conjoint (ou un divorce, ou un décès) et 26% ont eu à régler des charges élevées.
Enfin, 76% des Français surendettés ont le sentiment qu'avant d'être surendettés, on leur a proposé de recourir à des crédits trop souvent - Yahoo/AP
Oui, comme le dit l'opportuniste de Villepin : " Il y a une forte colère qui s’exprime dans notre pays. Oui, il y a un risque révolutionnaire en France" ... / ..."Parce que les fermetures d'usine, parce que l'augmentation du nombre de chômeurs", qui "donnent à un certain nombre de Français un sentiment d'inégalité de traitement" avant d'ajouter sur le bouclier fiscal : "la mesure est victime d’un procès d’intention injuste".
Moralité : "Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres" la refondation d'un capitalisme plus juste et à "visage humain" est probablement à ce prix ... exorbitant pour le plus grand nombre
Crédit image
Banques du Monde

Libellés : crise financière, crise économique, economie, politique


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