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"Nous ignorions que la mort pouvait être aussi belle"

Publié le 21 avril 2009 par Gezale

23 ans après le 26 avril 1986, jour de l’accident de tchernobyl, Val-de-Reuil fait jouer « nous ignorions que la mort pouvait être aussi belle … » de svetlana alexievitch.
23 ans, jour pour jour, après que, le 26 avril 1986, le cœur du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl entre en fusion, déclenchant la plus grande catastrophe qu’ait connu le nucléaire civil, la compagnie du « second souffle » donnera "Nous ignorions que la mort pouvait être aussi belle" tirée du livre de Svetlana Alexievitch La Supplication (Ed. JC Lattès) le 26 avril à 16 heures à Val-de-Reuil, à l’invitation de Marc-Antoine JAMET et de la municipalité.
Pour que le silence ne retombe pas sur Tchernobyl, pour honorer la mémoire de ceux, plus ou moins volontaires, toujours courageux quelle qu’en soit la manière, qui ont payé de leur vie la construction du sarcophage censé confiner le bâtiment devenu immensément radioactif, pour ne pas oublier les dizaines de milliers de victimes indirectes, les centaines de milliers de personnes évacuées, la population meurtrie qui continue à vivre non loin de cette zone à jamais empoisonnée, la municipalité de Val-de-Reuil a programmé cette représentation afin que ce jour anniversaire demeure celui du souvenir et de la vigilance. L’accident, qui s’est produit alors que les opérateurs de la centrale nucléaire effectuaient un test sur un système de contrôle électrique de l’un des réacteurs, est la conséquence de dysfonctionnements nombreux et importants : un réacteur de type RBMK 1000 mal conçu et sans enceinte de confinement, mal exploité ; un contrôle de la sûreté par les pouvoirs publics inexistant ; une gestion inadaptée des conséquences de l'accident. C’est le seul à avoir été classé au niveau 7 sur l’échelle internationale des évènements nucléaires.
Cette pièce où l’art, c'est-à-dire le drame, le dispute au politique, à l’écologique, au moral, c'est-à-dire à la vie et, ici, à la mort, sera accueillie par la Compagnie de l'Éphéméride, sur l'île du Roy, à Val-de-Reuil. Il faut espérer que le public y viendra nombreux. Elle a déjà été donnée à Louviers, à Saint-Romain-de-Colbosc, à Vernon et sera interprétée à Fessenheim où se situe la plus ancienne centrale nucléaire française. Le thème de la pièce montée par Jean-Pierre Vernizeau est très simple : l'auteur russe fait parler des personnages peu après la catastrophe. Il met en scène scientifiques, mères, soldats face au premier grand drame nucléaire civil du 20e siècle.
Irradiant une lumière d’une beauté sinistre et remarquable, l’incendie qui embrasait le réacteur allait durer deux semaines. L’interprétation exceptionnelle des membres de la compagnie du « 2ème souffle », Maud Delescluse, Claude Desnoyers, Fabienne Videcoq et Jean-Pierre Vernizeau, tous habitants de communes voisines de Val-de-Reuil, nous fait revivre, chacun à sa façon, les quatorze longues journées qui ont suivi la catastrophe. Pour Jean-Claude Bourbault, conseiller municipal délégué à la Culture : « Val-de-Reuil est fière d’accueillir, cette programmation exceptionnelle, fruit de rencontres et d’histoires d’amis fidèles ! ». La représentation sera suivie d'un débat avec la participation de Jean-Claude Mary, du réseau " sortir du nucléaire.


Dimanche 26 avril 2009 à 16 h, Théâtre de l’Éphéméride, Ile du Roy – Entrée libre


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