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CSS : le mensonge tactique

Publié le 21 avril 2009 par Kalvin Whiteoak

On apprend aujourd’hui que grâce à une gestion calamiteuse mais aussi de façon pas très subtile, le groupe d’assurances CSS a réussi (une performance …) à faire une petite perte durant l’exercice 2008. Étrange coïncidence, en pleines discussions sur le système de santé, voici des assureurs qui transforment donc leurs juteux résultats en pertes comptables éhontées pour mieux pouvoir pleurer dans les bras de leur saint sauveur usuel, Pascal le magnifique.

Car un peu à l’image de la multiplication des pains, les assureurs multiplient les mensonges, même techniques, pour justfier leurs pertes. Ainsi les braves gestionnaires de la CSS évoquent-ils les marchés financiers secoués en 2008 comme excuse première (on doit leur concéder ce point …difficilement contestable tout en admettant qu’auparavant ils s’en sont gavés avec les autres) mais nous racontent aussi que cette perte est due “à la diminution forcée des réserves“.

Dans les séries comiques les plus connues, les assureurs ne feraient pas mauvaise figure avec pareille excuse, car justement, quand on diminue ses réserves, on augmente son profit ou on compense une perte d’exploitation, mais on n’influence pas le résultat opérationnel de l’exercice. On veut donc nous prendre pour de vulgaires benêts du côté de la CSS.

Ceci dit, il fallait que ces marchands immoraux de santé trouvent une raison à consonance politique pour contrecarrer la guerre que leur font certains ministres cantonaux des finances qui estiment à raison que la hauteur de leurs réserves est insensée et illégale.

Quand on ne veut pas réussir à montrer un profit, la chose n’est pas bien difficile techniquement. Mais rassurons donc “le bon peuple”, la banqueroute ne guette pas plus CSS que les fabricants de chocolat.

En revanche, il est vrai que pour augmenter son profit, il faut parfois couper dans les coûts. On nous raconte volontiers du côté des assurances que les coûts administratifs sont limés au maximum … la preuve est donc faite aujourd’hui que tel n’est pas le cas, ce qu’on savait déjà.

Les conditions de travail dans ces institutions n’ont que très peu évolué depuis quelques lustres: le luxe y est de rigueur, si on ose dire, même s’il n’est pas forcément ostentatoire.

Car les assureurs ont des pratiques similaires à celles de certains banquiers s’agissant de rémunérer des portefeuilles “exportés” de la concurrence ou pour choyer au moyen d’avantages peu taxés certains de leurs collaborateurs.

Les grands groupes d’assurance procèdent dans une opacité absolue : leur contrôle démocratique et technique n’est tout simplement pas possible, car ils noient le poisson comme peu d’acteurs économiques osent le faire … ils n’ont d’ailleurs formellement souvent pas d’actionnaires mais de simples sociétaires déprimés.

Avant donc de pleurer avec ceux qui font des pertes, il faut exiger que ces utilisateurs rapaces de l’argent public pour un bien qui ne devrait pas être commercialisable, la santé, fassent un aggiornamento total vers la transparence.

Quand ils répondront enfin simplement à certaines questions qu’ils évitent à l’envi, peut-être redeviendront-ils crédibles. En l’état toutefois, ils sont ridicules et personne ne peut sérieusement croire une minute que ce qu’ils racontent aux médias béats et simplistes pour être retranscrit au peuple revête une once de vérité.

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CSS : le mensonge tactique


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