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INTERVENTION B THIBAULT A LA REUNION CGT 1er AVRIL (via Jean Lévy)

Publié le 21 avril 2009 par Lalouve
INTERVENTION B THIBAULT A LA REUNION CGT 1er AVRIL  (via  Jean Lévy)------------------------------------------------------------------------------------------------

"Canempechepasnicolas publie ci-dessous, sans attendre, le texte intégral de l’intervention du secrétaire général de la CGT, sans commentaires, de manière à provoquer des réactions des lecteurs du blog, et l’ouverture d’un débat.

Ces jours prochains, à son tour, canempechepasnicolas donnera son opinion critique.


INTERVENTION DE BERNARD THIBAULT A LA REUNION DES ORGANISATIONS CGT, LE 1er AVRIL :

La réunion fait apparaître un large accord sur l’analyse de la situation et sur la manière dont la CGT doit affronter la période à venir. Période qui ne doit pas être appréhendée de façon figée tant elle est exceptionnelle et marquée par des événements qui peuvent modifier à tout moment la donne. L’analyse pourra donc être affinée dans 8 jours, dans 15 jours … au regard d’éléments nouveaux. Il n’est qu’à observer ce qui s’est passé dans la seule semaine dernière à propos des débats sur les rémunérations des chefs d’entreprises pour mesurer que nous devons chercher à anticiper le mieux possible, mais aussi tenir compte des changements intervenant au fil des événements.

Nous avions dit qu’il y aurait un avant et un après 29 janvier. C’est ce qui s’est produit et a débouché sur une nouvelle séquence, après celle qui était issue des résultats des prud’hommes, laquelle avait vu se développer le processus unitaire avec à la clé le 29 janvier.

La CGT a une responsabilité particulière, ce dont conviennent beaucoup de militants CGT, qui le mesurent au quotidien. Nous l’avions dit après les prud’hommes, mais cela se confirme et s’amplifie au fur et à mesure que s’intensifie la bataille autour des enjeux. Mais le contexte est inédit pour tout le monde, aussi bien pour la CGT que pour les autres forces en présence. Les choses sont de plus en plus dures pour les employeurs, pour les responsables politiques et pour le Chef de l’Etat lui-même, même si cela n’apparaît pas encore de manière visible et explicite.

Beaucoup de chemin a été parcouru à partir de ce que la CGT a dit, avec d’autres, et que résume la formule « la crise c’est eux, la solution c’est nous ». Les choses bougent sur quelques lignes importantes de la bataille idéologique : finalité de l’entreprise, finalité de l’économie, place des salariés, rentabilité financière, stocks-options, et la liste n’est pas exhaustive des questions qui sont au cœur d’un système dont nous avons fait de longue date l’analyse et sont au centre du débat public aujourd’hui. Cela se traduit par des prises de position de la part des salariés, mais aussi de responsables, que l’on n’aurait jamais entendues en d’autres périodes. Et cela parce qu’il y a bien des évidences qui s’imposent à tout le monde.

La déclaration de Sarkozy avant le G20, « si ça ne se passe pas bien, je claque la porte », n’était pas faite pour ceux qui étaient autour de la table du G20, mais pour les français, pour ceux qui sont en galère. D’autant que ceux qui sont autour de la table du G20 lui ont demandé en substance, « qu’est-ce que c’est ce « bordel » en France ? » Car il y a un effet particulier de ce qui se passe en France au plan international, certes sur le terrain syndical, mais avec une résonance politique évidente.

Par exemple, chez Carterpillar, l’effet médiatique au plan mondial - vous avez sans doute vu les chaînes américaines- a conduit à des décisions rapides d’une direction qui est peut-être au bout du monde mais ne peut pas rester indifférente à une campagne médiatique mettant en relief ses décisions contre l’emploi et touchant son image. Car le débat existe aussi aux Etats-Unis sur la nature des mesures politiques, économiques et financières à prendre contre la crise …

Les lignes sont donc bien en train de bouger. Sarkozy lundi matin a dû refaire une réunion avec les responsables syndicaux. Et il n’est pas étonnant qu’il éprouve le besoin d’accélérer le rythme des rencontres avec les responsables syndicaux dans cette période. Il s’agissait en l’occurrence d’une réunion avant le G20. Une autre réunion pour mettre en place le fonds d’investissement social qui avait été annoncé le 18 février est prévue la semaine prochaine. Sarkozy a laissé entendre que de nouvelles rencontres pourront être organisées plus tard « si il faut réajuster ». Si nous ne sommes pas dupes de cette méthode, force est de constater que cela atteste là aussi que les lignes bougent.

Cela bouge aussi du côté des médias qui doivent traiter autrement l’actualité sociale. J’évoque pour l’anecdote la préparation par France 2 pour mi avril d’une émission où il y aurait Thibault – Chérèque – Mailly, à 20h30 pendant une heure, ce qui jusqu’à maintenant, n’a jamais existé.

Je profite de cette réunion pour faire un petit aparté sur les questions liées à la médiatisation des événements sociaux et attirer votre attention, notamment au niveau des fédérations, sur l’attitude de l’Elysée qui consiste à prendre un dossier de temps en temps, un conflit ça et là et à organiser des contacts directs avec les responsables syndicaux des entreprises à l’Elysée. Il y a forcément des demandes en ce sens, d’autant que les ministres ne comptent pas beaucoup dans la répartition des responsabilités au sein de l’Etat, comme chacun le sait. J’attire l’attention sur le fait que des camarades se retrouvent directement confrontés avec des conseillers de l’Elysée ; le pouvoir veut se montrer à l’écoute, attester qu’il ne laisse pas les gens tomber. Soyons attentifs à des opérations d’instrumentalisation, car ce n’est rien d’autre.

Cela rejoint d’ailleurs un autre aspect de cette période : vers qui sont dirigés les mobilisations ?

Nous attendons des réponses des pouvoirs publics, certes, et il est incontestable que les mobilisations avaient parmi les points forts une critique, et pour cause, de la politique économique et sociale mise en œuvre par Sarkozy.

En même temps, les mobilisations rassemblent au-delà des clivages politiques. Il faut que nous soyons clairs dans les débats que nous pouvons avoir au sein de la CGT. Si nous attendons que le mouvement contraigne Sarkozy à faire un jour une conférence de presse pour dire « je vous ai compris, j’ai décidé de changer de politique économique et sociale », nous pouvons manifester longtemps, parce que ce n’est pas de cette façon que les choses vont se passer, c’est évident.

Au surplus, l’attente d’une réponse politique globale par en haut ne permet pas de porter les contenus revendicatifs que nous avons besoin de porter à tous les niveaux.

Etre contre la politique de Sarkozy c’est une chose, autre chose est de chercher à améliorer la situation faite aux salariés telle qu’elle est. Les attentes peuvent de ce point de vue être différentes, que l’on soit dans une entreprise menacée, qui a disparu ou dans un secteur moins touché par la crise. Soyons particulièrement attentifs dans la prochaine période à tous ceux qui vont sortir de l’indemnisation du chômage partiel auquel ils ont droit. Nous allons avoir la responsabilité de traiter ces situations et nous serons interpellés pour être utiles aux salariés dans les difficultés qu’ils rencontrent.

Sans exonérer bien sûr la politique économique et sociale de Sarkozy, le patronat ne peut pas être exempt d’obligations et de négociations, que ce soit sur les salaires, l’emploi. C’est aussi le moment de revenir sur certaines questions comme l’organisation du travail, l’intensification du travail ou la précarité dans les entreprises.

A partir de cet ensemble de questions, il est normal que nous réfléchissions collectivement à la conduite d’un mouvement qui n’a pas de précédent. Il faut donc accepter cette idée que sa conduite est à définir au fur et à mesure. Il n’y a pas de référence à aller chercher dans telle ou telle période. Il est normal que chacun réfléchisse, que cela débatte dans l’organisation. Et c’est aussi pour cela que l’on a organisé cette réunion, pour bien vérifier entre nous qu’en terme de stratégie, de lisibilité de la démarche de la CGT, il n’y avait pas de problèmes majeurs. Il est donc normal que cela débatte dans l’organisation, en veillant néanmoins à ce que l’on ne perde pas toute notre énergie dans les débats. Il y a le moment du débat et puis après, même si on continue à réfléchir, il faut mettre en œuvre les décisions. Cela ne clôt pas les débats, mais cela ne doit pas conduire à ne pas mettre en œuvre un certain nombre de décisions.

Tout le monde n’est pas confronté à la même situation dans ce contexte. Tout le monde ne vit pas la situation de la même manière, qu’il s’agisse des salariés, des syndiqués, des syndicats, des fédérations professionnelles. Il y a des enjeux spécifiques suivant que les salariés sont dans une entreprise qui ferme – et la liste s’allonge – ou dans une entreprise qui a déjà fermé. Là aussi, comment réfléchissons nous à ce que ceux qui n’ont plus leur entreprise continuent à bénéficier d’une relation étroite avec la CGT. Vous savez que notre structure actuelle nous pose des problèmes de ce point de vue, mais on ne peut pas laisser partir du syndicat tous ceux qui ont perdu leur travail ou leur entreprise, et Ils sont très nombreux. Il y a donc des mesures d’organisation exceptionnelles à prendre.

Tout le monde ne vit pas non plus les choses avec la même intensité. Entre une entreprise susceptible de fermer et l’attente d’une revalorisation des salaires par exemple dans la fonction publique, revendication aussi légitime, les préoccupations diffèrent. Il en est de même de la conduite ou de la répétition des rendez-vous revendicatifs. Là aussi le profil des entreprises, le statut des salariés, et le degré de mobilisation jouent un rôle déterminant.

Avec 95 % de mobilisation dans une entreprise, cela ne pose pas de problème de reconduire la grève si les salariés le décident. Mais si on pense ça et là dans nos rangs que le seul moyen pour augmenter le nombre de ceux qui participent aux mouvements dans leur entreprise c’est de multiplier les rendez-vous nationaux comme une réponse destinée à combler un déficit de mobilisation dans certaines entreprises, il faut qu’on se dise clairement que cela ne peut pas marcher.

Ces rendez-vous nationaux, interprofessionnels, unitaires depuis le début ont créé une dynamique. Ils continuent à générer une ambiance, à donner confiance mais cela ne peut pas être vécu comme un substitut au travail revendicatif adapté à chaque entreprise et au plan professionnel.

La CGT va s’exprimer sur la manière dont elle se situe par rapport aux décisions d’action des mois d’avril et mai. Il est évident que dans cette expression, nous ne prendrons pas le risque de donner un prétexte à ce que la CGT apparaisse comme cherchant à se distinguer de ce qu’a décidé l’intersyndicale. Je pense que nous sommes tous lucides là-dessus, nous n’avons absolument rien à gagner à chercher à nous distinguer si cela devait être perçu par les salariés eux-mêmes comme une attitude de division à l’égard d’un mouvement qui donne confiance et qui recueille l’adhésion d’une grande partie de la population. Ce qui gène patronat et gouvernement, c’est de constater que dans les manifestations, il y a même parfois des petits commerçants, parfois des petits patrons. A l’initiative de syndicats de salariés, certaines autres catégories n’hésitent ainsi pas à délivrer leur propre message, ce qui est un peu inédit. Bien sûr cela doit être apprécié avec lucidité quant à l’ampleur du phénomène.

La CGT va donc s’exprimer sur sa vision d’un mois d’avril constitué d’un feu roulant d’initiatives diverses.

S’agissant des formes d’action les plus médiatisées comme celle des camarades de Caterpillar, il faut que nous soyons tranquilles sur le rôle des médias et jouer la transparence avec les salariés en lutte. Il revient en permanence aux responsables syndicaux de dire vis-à-vis des salariés qui sont exaspérés mais qui sont aussi déterminés : « si vous décidez telle ou telle forme d’action, il faut que vous sachiez quels sont les possibilités ou les risques inhérents aux formes d’actions arrêtées ». Il faut surtout alerter sur tout ce qui pourrait être contre productif par rapport aux revendications défendues. Mais les salariés sont intelligents et il faut donc accepter que tout cela vienne en débat, normalement, naturellement. Il n’y a pas de raisons de se faire peur avec la manière dont les mouvements, les mobilisations sont conduites jusqu’à présent. Comme souvent, gouvernement et patronat vont peut-être chercher à utiliser ça et là, voire à provoquer si nécessaire quelques mouvements particuliers pour tenter de retourner l’opinion publique. Il suffit d’y être attentif comme sur le reste.

Il est possible d’avoir un 1er Mai que l’on pourra qualifier d’historique cette année. Quand on voit ce que nous sommes parvenus à réaliser entre janvier et mars, ce n’était quand même pas gagné, et peut-être même que parmi les non syndiqués – c’est-à-dire les non initiés -, il va y avoir un attrait pour le 1er Mai plus grand encore que pour d’autres, plus rodés, plus habitués aux rendez-vous. Le rendez-vous, nous ne le faisons pas pour les habitués, nous le faisons pour franchir un pallier supplémentaire de la mobilisation. Il est bien évident que les habitués doivent être là sinon je ne vois pas comment les autres viendraient.

Il y a ensuite les euro manifestations tout de suite après le 1er mai. Les organisations plus particulièrement concernées, proches de la Belgique et de l’Espagne sont sollicitées pour assurer que la CGT apparaisse dans les euro manifestations de Bruxelles et Madrid. Je vous ai dit l’écho de ce que nous faisons au plan international, il est donc important que la CGT marque sa présence lorsque d’autres vont à leur tour organiser des manifestations mi-mai.

Il y a enfin les suites du 1er Mai sur le plan national. La question a déjà été abordée dans l’intersyndicale et nous avons fait la suggestion que d’ores et déjà, on réfléchisse à un horizon mi-mai. Il n’a pas été possible, pour l’instant, de se mettre d’accord au niveau de l’intersyndicale. Je dis « pour l’instant » parce que si nous parvenons, par notre travail CGT, à faire monter en puissance une multiplication des initiatives, des mobilisations diversifiées, des formes d’actions originales, que nous occupons le terrain revendicatif sous de multiples formes, que nous montrons que nous ne « lâchons pas le morceau » sur le terrain revendicatif pendant tout le mois d’avril, avec un travail d’élargissement et d’intensification, nous gardons à l’esprit la possibilité de rediscuter avec les autres de l’horizon de mi-mai. Cette perspective de mi-mai, sans donner de date, va dépendre du degré d’engagement pour contribuer à ce que le climat revendicatif progresse encore et ceci à l’égard de tous les responsables syndicaux.

Car si les attentes à notre égard sont grandes, elles le sont aussi à l’égard des autres et c’est pour cela qu’il n’y a pas un syndicat aujourd’hui qui va prendre le risque de sortir du cadre unitaire ou d’une initiative unitaire.

Quelques mots sur la remarque qui a été faite en référence à la mobilisation en Guadeloupe et à la coalition du LKP qui regroupe 48 organisations. Si cette référence consiste à laisser entendre qu’il faudrait nous aussi réfléchir à une configuration du même type pour la conduite du mouvement, une forme de coalition regroupant les syndicats, les associations et les partis politiques, naturellement ce serait une autre stratégie et je vous le dis, ce serait une erreur stratégique considérable :

Premier effet, dans l’hypothèse ou une telle coalition serait envisagée en métropole, cela ferait voler en éclats l’intersyndicale. Je dirais même que dès lors que la CGT laisserait entendre qu’elle voudrait réfléchir à une telle hypothèse, c’en serait fini de l’intersyndicale.

Deuxième effet, ce serait faire fuir de la mobilisation une majorité des participants aux temps forts interprofessionnels que nous sommes parvenus à réunir jusqu’à présent. Le caractère unitaire et syndical de la démarche assoit le succès de cette démarche. Le jour où il n’y aurait plus l’unité syndicale ou plus la caractéristique syndicale, nous serions dans une configuration totalement différente.

Troisième effet, ce serait rendre un service inattendu à Nicolas Sarkozy et à sa majorité qui ne cessent d’expliquer pour essayer de justifier leur politique que l’opposition politique ne ferait pas mieux qu’eux.

Je remarque que personne aujourd’hui, en tous cas parmi les salariés, ne conteste aux syndicats la responsabilité d’assurer la défense des intérêts des salariés et qu’ils leur revient dans un contexte comme celui-là de prendre les initiatives qui leur apparaissent les plus opportunes. Les manifestations et les grèves ont bénéficié du soutien de 72 ou 73 % de compréhension, voire de soutien de la population et ce au-delà des clivages politiques. Ce n’est pas une question « pro » ou « anti »Sarkozy. Sur la politique économique et sociale, les 72 % qui approuvent la démarche des syndicats désapprouvent la politique économique mise en œuvre.

S’il revient aux syndicats d’assumer cette responsabilité de défense, je remarque aussi que cela n’empêche pas d’autres organisations, d’autres acteurs de la société de s’exprimer, voire de se positionner à l’égard de ces initiatives. Nous avons eu par exemple des réseaux associatifs très importants, non seulement qui ont apporté un soutien mais qui ont milité, qui se sont affichés, qui ont été partie prenante et ont amené du monde sous leur label associatif. Sans doute certains étaient syndiqués mais d’autres n’étaient syndiqués nulle part et sont venus sur le combat associatif dans lequel ils sont investis, en considérant qu’il n’y avait pas antagonisme entre la bataille menée par les syndicats, le cahier revendicatif syndical et les valeurs et les revendications sociales particulières que leur association portait.

Je remarque aussi que cela n’a pas empêché que les partis politiques qui le souhaitaient s’expriment aussi, chacun le faisant à sa manière et suivant sa méthode, parfois ils l’ont fait d’ailleurs à plusieurs, des déclarations communes ont été faites, entre partis de gauche.

A cet égard, il faut distinguer deux attitudes chez ces partis :

La première, ceux qui reconnaissent la mission particulière et la responsabilité particulière qu’ont les organisations syndicales et qui, en tant que partis, demandent plus ou moins régulièrement, selon les besoins, à discuter, à rencontrer les syndicats pour avoir un échange sur la situation, sur les revendications que le syndicat porte. Libre ensuite au parti concerné d’en faire ce qu’il veut.

La seconde de la part de ceux, parmi les partis de gauche, qui ont la prétention de donner des leçons aux responsables syndicaux, voire même qui auraient la prétention de se substituer aux syndicats dans la responsabilité d’assurer la défense des intérêts des salariés et la conduite des mobilisations sociales.

La CGT continuera si c’est nécessaire à dire publiquement que c’est pour elle totalement inacceptable et qu’à pousser les feux sur ce type de débat là, on faciliterait un éclatement du rapport de force actuel. Autrement dit, on affaiblirait le rapport de forces pour obtenir satisfaction sur les revendications qui sont portées par une masse de salariés et de citoyens qui, aujourd’hui, sont rassemblés au-delà de leurs clivages politiques, qu’ils aient ou pas un engagement politique.

Dernier mot sur les adhésions et le renforcement de la CGT. Continuons en avril et prenons aussi des dispositions exceptionnelles pour le 1er Mai, essayons de passer encore un cran supplémentaire pour les manifestations du 1er Mai en termes de dispositions d’organisation en faveur du renforcement. Nous avons peut-être de nouveaux arguments à travailler à propos de l’adhésion. Nous disons que les lignes de la bataille idéologique ont bougé. Aujourd’hui et au vu de la participation aux initiatives syndicales, cette idée que les syndicats sont utiles, nécessaires à des contre pouvoirs, voire même doivent organiser des choses pour permettre aux salariés de peser est perçu différemment. A nous de nous faire comprendre sur le fait qu’il y a de l’attente vis-à-vis des syndicats, vis-à-vis de la CGT mais que l’on ne peut pas attendre de nous des résultats qui ne soient pas proportionnels au degré d’engagement des salariés. Nous ne pourrons pas aller aider les salariés qui n’ont pas de syndicat dans leur entreprise si se multiplient les situations qui nécessitent une intervention syndicale. C’est ce que nous essayons de faire mais nous ressentons bien les limites que nous rencontrons faute de syndiqués en nombre suffisant. Vous reconnaissez l’utilité de la représentation syndicale, de l’engagement syndical, voire même de la bataille syndicale, il faut à votre tour que vous vous organisiez en syndicats, il faut à votre tour que vous veniez dans la CGT. Tel est le message à délivrer. Et à plus long terme, parce que nous travaillons aussi à plus long terme, parmi les questions centrales, la place faite aux salariés dans la société de demain au sens large du terme est un enjeu. Il y a à faire face à la crise actuelle mais de toutes façons, parmi les questions nouvelles posées et parmi nos ambitions, il y a aussi la question d’une autre place aux salariés, dans l’entreprise, dans la société en général. Cela on ne pourra le gagner, ce débat ne pourra être conduit que s’il y a un plus grand nombre de salariés organisés en syndicats. A leur tour, solidairement, ils défendront un certain nombre de valeurs, de principes mais aussi de revendications.

Nous avons donc à la fois à prendre des dispositions plus étoffées en matière de syndicalisation mais aussi à actualiser un peu l’argumentation à partir de laquelle nous suggérons d’adhérer à la CGT. Il y a déjà une tendance à l’adhésion plus importante que l’année dernière car nous sommes dans une séquence où nous pouvons mieux nous faire comprendre et plus largement convaincre de l’utilité du syndicat. Reste un défi : que les adhésions se concrétisent dans l’organisation, notamment celles que nous réalisons en manifestation ; soyons conséquents.

Encore une fois, au gré des événements, Nous aurons besoin d’avoir des contacts plus étroits, nous verrons en avril de quel dispositif de suivi nous aurons besoin car c’est toujours avec vous, dirigeants de fédérations et d’unions départementales, que la direction confédérale peut prendre les meilleures dispositions, faire les meilleures propositions et aussi adapter sa communication extérieure de façon appropriée.

Publié par Jean Levy sur son blog


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