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Une époque de catastrophes

Publié le 21 avril 2009 par Cafatica

Depuis la révolution industrielle, l'activité humaine met de plus en plus à mal l'environnement, dans le seul but de produire toujours plus. Le revers de la médaille du progrès industriel : la multiplication de catastrophes sanitaires et écologiques irréversibles.

Une époque de catastrophes
Le nom de Bhopal, capitale de l'Etat du Madhya Pradesh (Inde), est associé à la plus grande catastrophe de l'industrie chimique. Le 2 décembre 1984, 42 tonnes d'isocyanate de méthyle (un gaz hautement toxique) s'échappent d'une usine de pesticides appartenant à la société américaine Union Carbide (aujourd'hui Dow Chemical). Bilan : 500 000 victimes, et 20 000 morts.
Plus de vingt ans après, une seconde génération de victimes voit le jour : des victimes de l'eau, via le sol infesté de produits chimiques. Car, pendant des années, l'usine a empoisonné le sol. Des métaux lourds ont été décelés dans l'eau, parfois à un niveau jusqu'à six millions de fois supérieur à la présence naturelle de ces éléments dans le sol. Elle est imbuvable, mais souvent bue. La catastrophe industrielle continue...
Deux ans après Bhopal, le 25 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, enregistre une surchauffe de son réacteur n°4. Des réactions en chaîne entraînent l'explosion de la dalle de béton recouvrant le réacteur. La construction bâclée de la centrale, la culture soviétique du secret et l'incompétence du personnel dirigeant amplifient les conséquences de l'accident. En 2006, la situation globale de la radioactivité serait redevenue "acceptable" dans la région ... bien que supérieure à la moyenne mondiale. La superficie des zones contaminées couvre 150 000 km ² et concerne environ 5 millions de personnes. Il reste toujours une zone fortement contaminée de 30 km de rayon autour du réacteur.
Bhopal et Tchernobyl sont à eux seuls le symbole de deux systèmes en échec environnemental : l'ultralibéralisme et le communisme.
 
Suite à l'accident de Seveso (Italie, 1976), une directive de l'Union européenne organise la sécurité pour les sites dangereux. Mais, si elle réduit les risques, l'application des normes Seveso n'est pas aussi rigoureuse qu'on le prétend. Par exemple, en Belgique (qui enregistre une des plus fortes concentrations de sites Seveso), ceux-ci ont quadruplé depuis 2000 (de 82 à 310) suite à l'application d'une directive européenne. Le nombre de contrôleurs n'a pas pour autant augmenté. Et, en France, les toulousains se souviennent de l'explosion de l'usine AZF, le 21 septembre 2001, qui fit 30 morts et environ 2 200 blessés. Enfin, les normes Seveso concernent uniquement l'Europe. Ainsi, le 13 novembre 2005, une usine pétrochimique de Jilin (Chine) a déversé dans le fleuve Songhua des centaines de tonnes de produits hautement cancérigènes. Cette pollution a touché plusieurs villes, exigeant un plan quinquennal de 1 milliard d'euros pour nettoyer (en principe) ce fleuve... en principe seulement, car il est en réalité toujours fréquemment victime de rejets industriels.
Une époque de catastrophes
En mer, les catastrophes riment avec marées noires, elles aussi directement liées à l'activité industrielle. Les 40 000 tonnes de fioul échappées du pétrolier américain Exxon Valdez, qui sombra en mars 1989, coûtèrent la vie à 250 000 oiseaux marins et perturbèrent à très long terme la chaîne alimentaire et l'ensemble de l'écosystème des côtes de l'Alaska. Puis ce furent les 37 000 tonnes de l'Erika qui, le 12 décembre 1999, se brisa en deux au large des côtes françaises. A peine 3 ans plus tard, les 77 000 tonnes du Prestige souillaient gravement les côtes espagnoles... 
Point commun entre ces deux derniers navires : ils naviguaient sous des pavillons de complaisance (Malte pour l'Erika, les Bahamas pour le Prestige) qui octroient des avantages aux propriétaires (notamment en matière de restriction des droits des travailleurs, de sécurité et de fiscalité). Ces navires-poubelles ont malheureusement encore de beaux jours devant eux. En avril 2008, une majorité des ministres des transports des pays européens rechignaient à adopter des mesures plus contraignantes, imposant entre autre un renforcement de la responsabilité civile des propriétaires des navires et des obligations de l'Etat du pavillon. Mais en politique, il ne fait jamais bon se mettre à dos le lobby industriel et pétrolier ...  Sans une réelle volonté politique, le temps des catastrophes industrielles, sur terre comme en mer, n'est donc pas révolu... La fonte des glaces va permettre le passage de pétroliers dans le grand nord ; à la première marée noire dans ces territoires jusqu'ici préservés, l'homme aura défitivement fini de souiller la planète jusque dans ses pôles, incapable d'avoir su un tout petit peu l'épargner.
Une époque de catastrophes

Liste des plus grands accidents industriels :
- San Juan Ixtaheupec (Mexique), 1984 : explosion de stocks de gaz de pétrole liquéifié. 708 700  victimes.
- Three Mile Island (Etats-Unis), 1979 : accident nucléaire, 200 000 victimes.
- Mississauga (Canada), 1979 : déversement de produits hautement toxiques, 220 000 victimes.
- Minas Gerais (Brésil), 2003 : rupture d'un réservoir de produits chimiques, 550 000 victimes.
-Tchernobyl (Ukraine), 1986 : explosion nucléaire. 135 031 victimes.
- Bhopal (Inde), 1984 : fuite de gaz toxiques, 500 000 victimes.
- New Delhi (Inde), 1985 : accident chimique, 100 351 victimes
- Tianyuan (Chine), 2004 : fuite de chlore, 150 009 victimes.
- Visakhapartnam (Inde), 1997 : incendie d'une raffinerie, 10 087 victimes. 
(Source : l'Atlas de l'environnement).


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