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Ravitailleurs US : vers un partage du contrat entre Airbus et Boeing

Publié le 25 avril 2009 par Theatrum Belli @TheatrumBelli

À la suite d'un compromis, le Pentagone envisage de choisir deux fournisseurs pour renouveler la flotte de l'US Air Force.

Airbus et Boeing finiront peut-être par se partager le "contrat du siècle" dans la défense aux États-Unis. Le Pentagone enclenche le renouvellement de la flotte vieillissante de plus de 400 avions ravitailleurs de l'US Air Force pour une valeur estimée à 100 milliards de dollars.

Gigantesque, le contrat sera découpé en plusieurs tranches, ce qui plaide pour un partage. L'idée fait son chemin à Washington. C'est en tout cas dans cette perspective qu'un compromis politique a été trouvé dans la nuit de jeudi à vendredi avec Robert Gates, le secrétaire d'État à la défense.

Les sénateurs d'Alabama, emmenés par Richard Shelby, attachés à la candidature Airbus qui prévoit la construction d'une usine dans leur État, ont obtenu des concessions importantes du Pentagone. En particulier, des assurances sur la transparence de l'examen des offres qu'Airbus et Boeing doivent présenter cet été suite à la relance officielle de la compétition en juillet. Officieusement, le Pentagone accepte d'étudier un partage du contrat dont la première tranche - elle avait porté sur 179 appareils pour 35 milliards de dollars - avait été gagnée par Airbus associé à l'américain Northrop Grumann, en février 2008, après une longue campagne marquée par de nombreux rebondissements. Mais la joie du tandem avait été de courte durée : à l'automne 2008, le contrat était annulé en pleine campagne pour les présidentielles aux États-Unis après que Boeing l'eut contesté auprès de la Cour des comptes américaine. Robert Shelby et son collègue Jeff Sessions avaient âprement critiqué cette décision.

En échange de ces concessions, les élus de cet État du Sud ont accepté de ne plus s'opposer au Sénat à la nomination d'Ashton Carter au poste de nouveau directeur des achats des armées américaines au Pentagone.

Depuis quelques jours, les signaux positifs en faveur d'un partage du contrat s'étaient multipliés. D'autres voix au Congrès soutiennent ce scénario, telle celle du démocrate John Murtha de Pennsylvannie qui préside la sous-commission des achats de matériels militaires ou celle de son collègue Neil Abercrombie de Hawaï, son homologue aux programmes d'aviation. Un partage éviterait une nouvelle défaite de Boeing : son vieux B767 a perdu toutes les dernières compétitions dans le monde face à l'Airbus A330 et la version militaire de son B777 ne sera pas prête à temps.

Enfin, Louis Gallois, président d'EADS, la maison mère d'Airbus, avait déclaré dans un entretien à la presse américaine qu'il n'était pas contre un contrat partagé pour autant qu'Airbus se voit attribué au moins 12 appareils, seuil de rentabilité de la future unité d'assemblage.

En dernier ressort, ce sera à Barack Obama de trancher, alors que le Pentagone prévoit de rendre public le ou les vainqueurs de la compétition au début de 2010.

Source du texte : FIGARO.FR


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