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Arno Klarsfeld au cabinet du Premier ministre : l'ultime imposture

Publié le 17 août 2007 par Roman Bernard
Peut-être avez-vous pris connaissance de cet événement, malgré la relative indifférence qu'il a suscitée parmi les grands médias. Libération annonçait mercredi dans un court article qu'Arno Klarsfeld, "avocat-vedette" et candidat malheureux à la députation dans la huitième circonscription de Paris, devrait intégrer le cabinet de François Fillon à Matignon. M'étant déjà félicité de sa défaite aux élections législatives, ainsi que de celle de Sylvie Noachovitch dans la huitième circonscription du Val d'Oise, je ne peux que m'indigner qu'un personnage aussi fat qu'incompétent puisse rejoindre l'équipe du Premier ministre qui, jusqu'ici, avait toute mon estime. Ce recyclage de l'un des grands battus des législatives pour l'UMP s'inscrit pourtant dans une logique d'ouverture des responsabilités politiques aux membres "éminents" de la société civile, dont les nominations de Bernard Laporte ou de Fadela Amara au gouvernement ont illustré les excès. Si je désapprouve ceux qui, comme Jean-François Copé, estiment que "la politique est un métier", je ne suis pas non plus d'accord avec l'idée selon laquelle ceux qui représenteraient soi-disant le mieux la diversité de la société française seraient aptes à exercer des fonctions publiques. Une telle pratique, éminemment démagogique, pour ne pas utiliser des termes trop galvaudés comme "populiste" ou "poujadiste", est le pendant de droite de la démocratie dite "participative" chère à Ségolène Royal. Elle revient à essayer de faire croire que la classe politique, consciente de sa propre nullité, tient à rendre de façon magnanime le pouvoir au peuple souverain. Les échecs des expériences Claudie Haigneré, Francis Mer et surtout Luc Ferry, tentées en 2002 par Jean-Pierre Raffarin -autre démagogue de haute volée- auraient pourtant dû conduire à la conclusion que pour faire de la politique à un tel niveau, il convient d'en avoir déjà eu l'expérience à un degré moindre. Jean-Marie Cavada, lui aussi issu de la société civile, a intégré cette exigence d'éducation politique en devenant eurodéputé. Il est vrai que les perspectives politiques futures du Modem ne lui laissent pas véritablement d'autre alternative que de siéger à Strasbourg. Après avoir confié le pouvoir à des hauts fonctionnaires, pratique dont nous revenons heureusement aujourd'hui -Alain Juppé battu, il n'y a plus qu'un seul ministre énarque, Valérie Pécresse-, la République appellerait donc à son secours ses meilleurs éléments pour sortir la France de l'ornière où la technocratie l'a jetée. Les novices en politique débarquant au gouvernement sont pourtant, l'expérience le prouve, inutiles dans le meilleur des cas, nuisibles dans le pire. Je ne doute pas qu'Arno Klarsfeld, dont on peut apprécier ci-dessous l'inaptitude au débat -je sais que c'était il y a quatre ans et demi, mais moi aussi, ça me "titillait" de l'afficher ici-, fera un excellent commis de l'Etat, du moins si l'on s'en réfère aux canons du chiraquisme : inconsistant, superficiel, néfaste. Ardisson Arno Klarsfeld clash envoyé par lizandrus Si l'entrée au cabinet de François Fillon du "jeune premier" de 42 ans devait se concrétiser, je me rangerais, après l'avoir clairement soutenue, parmi les premiers déçus de la politique de "rupture" que prônait Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle. Avec une interrogation bien légitime sur mon comportement électoral l'an prochain. Roman B.

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