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L’avis des autres

Publié le 28 avril 2009 par Pestouille

Aujourd’hui je suis malade. Encore pire qu’hier. Un truc atroce. Je vais vous passer les détails. Qui dit malade dit flemme et qui dit flemme dit: Au secours Monsieur O, j’ ai pas d’article pour demain, à l’aide écris moi un bel article fin intelligent et drôle comme tu sais si bien le faire. Bien tenté ! Mais monsieur O, à mon grand chagrin est presque aussi malade que moi et encore plus feignasse.

Vient alors une petite idée (de feignasse) Je planifie depuis un certain temps le lancement d’une nouvelle catégorie sur ce blog: Monsieur O. parle de cinéma. (C’est un peu son métier, donc ça devrait le faire) Je vais donc inaugurer cette catégorie aujourd’hui avec une critique du film “La vie des autres” dont bien sûr Monsieur O. est l’auteur. Mais je vous vois venir! La vie des autres? mais ce film date! c’était il y a presque deux ans! Ben oui, mais c’est comme ça, que voulez vous, j’ ai pas le choix aujourd’hui et en plus j’ ai une vraie vie et un travail… (ouhlalalala la rabat joie ! vite donnez moi un peu de Badoit)  bref, au moins point positif, vous serez nombreux à avoir vu le film, et j’ espère que cet article vous sera agréable à lire. Attention âme guimauve s’abstenir, car si j’ ai une tendance à la pestouillerie, monsieur O.  lui, peut être carrément vache…  Je laisse donc la parole à mon homme qui me fait tellement rire - spéciale dédicace “i must stick with you forerver” comme diraient ces poufs de pussycat dolls.

Puisque cela commence à considérablement m’agacer d’avoir à trouver des calembours stupides sur les titres de films, je vais m’employer ce mois-ci à réduire en miettes, que dis-je, en poussière, un film encensé par la critique et bon nombre de spectateurs, parmi lesquels nombre de nos chers et vénérés clients.

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Il y a quelques semaines de cela, poussé par l’avis général, et la vie de manière générale, je me rendis dans une de ces salles qui ne sont réellement obscures que jusqu’à ce que le film commence.
Va voir “la vie des autres” m’avait-on dit, c’est magnifique, fabuleux, le plus beau film de cette décennie.
Premier hic: Cette décennie a vu la naissance de la trilogie du Seigneur des anneaux, à laquelle rien ne saurait être supérieur, excepté sans doute un pot de 200kg de Nutella.
Comprenez donc bien que si l’ouvreur ne distribuait pas un pot de 200 kg de Nutella à l’entrée du cinéma, “la vie des autres” aurait beaucoup de mal à s’imposer comme meilleur film de la décennie à mes yeux.
Cependant, faisant fi de ces méditations diurnes et de ces à-priori indignes d’un humain républicain et démocrate (impossible de dire ça si j’étais américain, donc j’en profite!), je m’engageai dans la salle, m’attendant à passer malgré tout un agréable moment.
Le film commença…continua…et se termina.

La première impression qui se dégage est un sentiment mitigé: le film est correct, bien mis en scène, bien interprété, mais il lui manque quelque chose…
Une fois la première impresiion dégagée par les soins d’une mémoire vive défaillante, un sentiment d’agacement vient prendre sa place: Et si, une fois de plus, j’avais été berné par l’avis général?
La fin du film est, après réflexion, assez consternante de mièvrerie dégoulinante, et la trame générale repose sur une invraisemblance tellement énorme qu’elle en aurait fait de l’ombre à Gargantua.
Je m’explique: Pour résumer “la vie des autres”, il s’agit d’un agent de la STASI (pour les enfants de moins de 10 ans, la STASI était la “police secrête” du régime communiste Est-allemand, soit un petit frère du KGB) auquel on confie la lourde tâche de confondre un célèbre metteur en scène, qui a le tort de vivre avec une actrice convoitée par un haut fonctionnaire du régime. L’agent va donc écouter le couple pendant des heures, des semaines, des mois(on ne sait pas trop), dans l’espoir de dénicher une quelconque preuve compromettante qui conduirait le metteur en scène droit en prison.

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Le metteur en scène étant ami du grand manitou du régime communiste, il faut une preuve réelle de sa possible trahison envers ce régime, trahison évidente dans la mesure où tous les artistes sont des rebelles dans l’âme (cf: Elia Kazan).
Là où le bât blesse, c’est que jamais les méchants qui veulent faire plonger le gentil ne songeront à fabriquer une preuve, pratique pourtant courante dans ce type de dictature.
On m’objectera que le metteur en scène a des relations, et je répondrai que Danton et Trotsky en avaient aussi.
Bref, pas très vraisemblable tout cela. Cependant, “la guerre des étoiles” non plus, alors on ne va pas chipoter pour si peu.
Le film vaut, dit-on, par sa beauté intrinsèque, surtout en ce moment où il ne pleut pas beaucoup.
L’art qui sauve les gens, qui éveille les consciences…un beau conte de fées. Je ne voudrais pas paraitre pessimiste, et encore moins cynique, en ces temps électoraux, mais cela fait belle lurette que l’art ne sauve plus personne sinon dans l’imaginaire collectif restreint des habitants du Paris privilégié que nous sommes.
Qui, aujourd’hui va pleurer en écoutant du Bach (je ne parle pas de Mozart, parce que de toute façon, c’est impossible) (note de la rédaction, c’est à dire de moi, pestouille, si, c’est possible - ) sinon des gens qui ont été éduqués à coup de musique classique, et donc d’un milieu socio-culturel plus élevé que la moyenne.
Qui sera ému par une toile de Van Gogh? qui comprendra la portée de “La peste”?
Peu de gens, et en tout cas, quasi-exclusivement des gens qui sont déjà “éclairés” et sauvés ( ce qui ne veut pas dire que des gens que l’art ne touche pas ne puissent être éclairés).
La faute à qui? A des films comme “la vie des autres” qui répondent uniquement à nos attentes et ne nous font pas réfléchir. Des films agréables à regarder mais qui ne servent à rien. La dictature, c’est pas bien! Tiens donc, je l’ignorais! Les méchants ne sont pas tous méchants pour toujours! Chouette, on vient juste de dépasser les Walt Disney!
Et cette fin à laquelle on n’ose croire tellement elle est belle et hollywoodienne (dans la catégorie: films qui finissent “moyennement bien”).

Si vous avez aimé “la vie des autres”, vous n’aimerez probablement pas, dans le désordre: Old Boy et les films asiatiques qui en général finissent vraiment mal, l’oeuvre dramatique de Shakespeare pour les mêmes raisons, les tableaux de Francis Bacon, l’armée des ombres et la vie car elle se termine par la mort.

Je plaisante, mais j’ai vraiment trouvé le film bien mais sans plus!

Pour conclure, je vous rappellerai, quelque soit vôtre bord, les paroles de ce bon vieil Albert Camus: “Ne pas prendre parti, c’est collaborer”. Alors, allez voter!

(ndlr: l’article a été écrit au moment de la présidentielle… oui ça date… rholalala - de la badoit j’vous dis !!!!)


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