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La baie de Somme, royaume de la lumière et des oiseaux

Publié le 30 avril 2009 par Abarguillet

   Bac Films

S'il vous prenez l'envie de changer d'horizon et de découvrir un lieu enchanteur, faites comme les oiseaux migrateurs, posez-vous un moment dans la Baie de Somme. Vous y découvrirez  une nature à l'état sauvage, parée de lumière, et offrant à votre oreille attentive la symphonie ininterrompue de ses chants d'oiseaux. La baie, paysage lunaire redéfini par la lumière, est livrée sans mesure aux noces fastueuses du sable et de l'eau. A marée basse, on peut surprendre, se séchant sur les dunes, quelques phoques veaux-marins dont la colonie ne cesse de grandir. Plus loin, on marche sur des galets à travers une zone où domine l'argousier qui, en automne, fournit des baies d'un bel orange vif. Les dunes arbusives abritent le lapin, le faisan et la bécasse recherchés par les chasseurs. Là, des oyats ont été plantés afin de stabiliser le sol, là-bas des sureaux, des églantiers, des troènes sauvages et des prunelliers. La pointe du Hourdel constitue la limite sud de la baie de Somme. Au fur et à mesure que l'on avance, on découvre des dépôts de galets en crochets successifs remontant vers le nord et protégeant la dune des assauts du vent et de la mer. Ces dépôts, nommés crochons, constituent un phénomène rare en France : la conquête de la terre sur la mer, quand partout ailleurs l'inverse se produit.

  

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De nombreuses espèces d'oiseaux ont adopté ce site. Les berges et l'îlot de la Gravière servent de reposoir pour les grands cormorans et pour le Tadorne de Belon, canard à tête noire avec un bec orné d'un tubercule rouge. Le littoral est un milieu rude pour la végétation qui doit s'adapter au sel, au sable, à la vase et au vent. Aussi la flore est-elle différente au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la mer. A ces paysages fondus dans l'or du sable où, à l'horizon, le ciel semble soudain se gonfler comme un ballon, on ne voit guère pousser que le chou marin et le gazon d'Olympe, alors que leur succèdent, plus loin, dans les mollières, la salicorne, la saladelle, l'euphorbe maritime et la roquette de mer et que les marais accueillent volontiers les aulnes, les saules, les pins noirs et les frênes.
Pour les géographes, la Baie de Somme est l'emboîtement de deux estuaires : celui de la Somme et celui de la Maye. La mer, en s'engouffrant dans les vallées de ces deux fleuves, a créé une immense étendue qui compose un ensemble de 7000 ha, dont  3000 appartiennent à la réserve naturelle ornithologique du Marquenterre. Cette réserve a pour triple objectif de sauvegarder des espaces importants pour les oiseaux, de veiller à la pérennité de la colonie de phoques et d'assurer la conservation des éléments les plus rares de la flore locale. Une visite d'une journée vous procurera d'inoubliables surprises et émotions. Pensez que sur 452 espèces d'oiseaux recensées en Europe, plus de 280 ont pu être observées au parc du Marquenterre. C'est le cas des Bécasseaux et Pluviers venus de Sibérie, des Bernaches nonettes descendus des terres arctiques ou des grands Echassiers migrant vers l'Afrique. Des oiseaux rares et menacés comme la Spatule blanche et l'élégante Avocette s'y reproduisent chaque année. Le parc, c'est également 27 espèces de mammifères ( renard, sanglier, chevreuil, biche, lièvre ), 32 de libellules, 200 de papillons nocturnes et plus de 265 variétés de plantes.

  


Au printemps, les petits échassiers, qui vivent entre vasières et mangroves, y font halte avant d'aller se reproduire en Sibérie. On ne sait ce qu'il faut le plus admirer, de la magnifique Cigogne qui plane au-dessus du marais avant de regagner son nid, de l'Aigrette garzette si fine et délicate, du Vanneau huppé, de l'Huitrier-pie au bec orange et à l'oeil en fusion, du Héron gardeboeuf qui niche en haut des arbres comme la Cigogne, du Tournepierre, de la Barge à queue noire, du Chevalier gambette ou de la ravissante Avocette au long bec recourbé qui lui permet de sabrer l'eau et d'attraper plus aisément les vers et crustacés dont elle est friande. Afin de protéger ses oisons, elle fait parfois semblant d'être blessée. Boitillant, traînant l'aile, elle éloigne malignement le prédateur de sa couvée.
Au sommet de la dune, un panorama superbe nous attend. Dans les zones submergées, où une végétation de prés salés, dominée par le lilas de mer, se développe abondamment, on aperçoit des Bécassines, des Vanneaux, des Foulques, des Canards colverts, des Goélands argentés. Parmi ces oiseaux, il y a des sédentaires et des migrateurs. Certains d'entre eux, comme le coucou et le rossignol, vont passer l'hiver en Afrique ; d'autres, appelés migrateurs partiels, se contentent, comme les grives, de changer de région pour avoir plus chaud et trouver facilement de la nourriture. 
Afin de repérer un oiseau, mieux vaut se fier à son ouie qu'à sa vue. Leurs chants ont une fonction essentiellement territoriale. Les concerts sont à leur paroxysme d'intensité au printemps, pendant la période nuptiale. C'est alors qu'il est important d'exercer son oreille en même temps qu'aiguiser son oeil, de façon à profiter de ce spectacle total. Je vous le recommande. Ne ratez pas cette visite et cette immersion dans une nature belle et secrète. A deux heures de Paris, vous connaîtrez un dépaysement auquel vous ne vous attendiez pas. Tout est réuni pour combler vos attentes, enchanter vos sens et vous mettre en communion étroite avec l'harmonie la plus parfaite, la beauté la plus authentique.

 SITE DU MARQUENTERRE


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