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Enfant prodige...

Publié le 20 février 2009 par Maximus
Enfant prodige... Le plus difficile n’est pas d’aimer un enfant dont on est fier parce qu’il travaille bien en classe ou parce qu’il réussit ses études et sa vie. J’ai été témoin de ce genre de satisfaction quand mon meilleur ami était brillant mais ce n’était pas de l’amour car grisée pas ses résultats, ses parents ne voyais pas à quel point ses relations avec les autres le rendaient malheureux.
Je me souviens pourtant que lorsqu'il était enfant, il souffrait de sentir que son père semblait surtout l’aimer lorsque il était le premier de la classe. Il le couvrait de cadeaux pour l’encourager et curieusement il avait déjà l’impression qu’il ne l’aimait pas pour ce qu'il était vraiment et il se demandait s’il l'aimerait moins si un jour il « travaillait mal ». La réponse lui est venue dans toute sa cruauté quand il avait commencé à avoir des problèmes au lycée allant même jusqu’à sécher les cours avec les conséquences prévisibles sur les résultats. N’étant plus un faire-valoir il devenait pour son père un déchet. « Quand un fruit est pourri il faut le jeter » disait-il de lui sous le coup de la colère.
La véritable révélation de l’amour c’est de continuer d’aimer lorsqu’il n’y a plus rien à quoi se raccrocher et que l’on peut alors découvrir l’autre dans sa vérité nue qui seule permet à Dieu de se manifester. Inconditionnel est l’amour. Il est vrai que la joie devant les résultats scolaires de son enfant répond aussi au souci de contribuer à son bonheur et à son épanouissement. Pourtant exhibé avec fierté, cette légitime satisfaction ne sert que l’orgueil des parents.
L’amour n’a que faire de la représentation sociale. De le penser ainsi ne l’a jamais rendue riche mais lorsque un fruit pourri prêt à être jeté le noyau retourne à la terre et la chair du fruit lui sert d’engrais. Aujourd'hui il lui arrive d’avoir un pincement au cœur quand des personnes qu'il n’a pas vu depuis longtemps lui parlent de leur enfant qui réussit si bien et qui a des notes exceptionnelles.
Il n’aime pas ce qu'il ressens dans ces moments là comme il n’aime pas avoir aussi si mal lorsqu'il donne des nouvelles de son fils à des gens qui se souviennent avoir été en admiration devant l’éveil de son intelligence. Dans de tels s moments sa voix tremble. Il cherche à masquer son désarroi. Il voudrait fuir peut-être se justifier mais il a envie de crier et de pleurer devant ce qui lui semble une si grande injustice.
Il avait construit pas à pas avec lui les conditions de sa réussite, son amour des livres et de sa curiosité intellectuelle. Pour lui, il avait renoncé à toute ambition professionnelle pensant que l’activité artistique le laisserait toute la disponibilité nécessaire de se consacrer à lui ce qui a été un combat de tous les instants pour répondre de son comportement si peu codifié.
Le collège et le lycée ont tout anéanti. Il n’y a pas de reconnaissance du délit de harcèlement moral pour protéger les adolescents. Des comportements suffisamment intolérables pour que des adultes les portent devant la justice sont le quotidien de jeunes pris comme boucs émissaires par les autres élèves parfois relayés par certains profs mais la Conseillère Principale d’éducation de son lycée lui avait expliqué, les autres subissaient parfois le même genre de bizutages et de railleries que lui mais la différence ils savaient réagir sans se laisser affecter.Il n’y a pas de place pour les gens trop fragiles. C’est à l’image de notre société. Tu marches ou tu crèves
Je voudrais pouvoir me réjouir quand les enfants des autres réussissent bien sans avoir l’impression d’un irréversible gâchis.
A bon entendeur....
PS: Une pensée pour toi l'ami....(H.R)

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