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Vaches maigres et brebis égarées

Publié le 27 août 2007 par Philippe Thomas

Je sors de la Maison de la Presse de La Rochelle, où je cherchais le bouquin de Yasmina Reza (L’aube, le soir, la nuit). Que nib ! « On a déjà tout vendu ! », qu’on me répond. Restent en piles végétatives les bouquins politiques qui ressassent la défaite ou la victoire, c’est selon, préconisent ceci ou cela, pipolisent encore celle-ci ou celui-là. C’est plutôt bien de voir que la bonne littérature fait recette et que les fast books politico-merdiatiques finiront au pilon. L’université d’été du PS, le week-end prochain, arrive vite dans l’air de notre conversation avec Philippe que je trouve dans la boutique.

 « Alors, ce stand et ce planning des dédicaces, ça se prépare ? » Je me rappelle l’an dernier les joyeuses séances de dédicaces, à la librairie temporaire sise à l’entrée du Palais des congrès et où grouillait tout un peuple de militants et d’éléphants. Avec Mexandeau, on y chantait l’Internationale entre deux signatures de nos bouquins respectifs… « Oh, là, là, Fraise, mais tu rêves ! T’es pas au courant ? La présidentielle a complètement asséché le PS ! Solférino rogne sur tous les budgets, alors pas de librairie ! Y’a plus de sous ! Il paraît même que les VIP viendront à leurs frais cette année et que c’est fini les gueuletons chez A… aux dépens du parti… Alors forcément, y’aura moins de monde ! » Parmi les absences annoncées, on déplore celle d’amateurs de bonne chère comme Jack Lang, DSK et Fabius mais il y en aura d’autres.

C’est donc le temps des vaches maigres qui s’ouvre au PS, même si à Melle Ségolène Royal a voulu ouvrir la porte aux « brebis égarées ». En bergère unique auto-proclamée (elle a significativement déclaré « n’être en compétition avec personne » au sein du PS), l’ancienne candidate a prononcé de belles paroles incantatoires à Melle en appelant à la « rénovation » du parti. Un mot assez dévalué maintenant que tout un chacun au PS la veut, cette rénovation, du moins celle qui l’arrange… Rassembler est sans doute plus simple que rénover, dans ces conditions. Et dès lors, on peut à bon compte battre le rappel des troupeaux centristes, de vraies brebis de réforme ceux-là, et des bestiaux fourvoyés qui ont trouvé que l’herbe était plus verte dans le camp d’en face. Ca mange pas de pain, et c’est plutôt bon pour poser une image de rassembleuse.

Toutefois, la bergère n’a peut-être pas rameuté autant de monde qu’elle l’aurait souhaité à Melle. Les chiffres vont de 1500 (presse locale) à 3000 personnes (organisateurs). Mais elle veut y croire derechef. Un mien ami et ministre du Blogouvernement, élu UMP dans la vraie vie, m’a confié d’un air aussi entendu que rigolard : « J’vais te dire un truc, Fraise, la Ségolène, elle vous plombe pour un bout de temps encore. Vous vous en débarrasserez pas comme ça ! » A croire que le troupeau ne choisit pas son berger…

PS : je n’oublie pas le Conseil des ministres, j’en cause bientôt…


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