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Conférence de presse de Nicolas SARKOZY : la casse sociale

Publié le 18 septembre 2007 par Bruno Mouilloud

Nicolas Sarkozy a demandé mardi 18 septembre au “gouvernement de réformer sans tarder” les régimes spéciaux de retraites, estimant qu’il s’agissait d’une “question d’équité”, devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

“La priorité, c’est de traiter la question des régimes spéciaux de retraites”, a jugé Nicolas Sarkozy.
Le chef de l’Etat “demande au gouvernement de les réformer sans tarder”, estimant que “les différences de situations qui justifiaient tel ou tel avantage particulier créé avant la Seconde, voire la Première guerre mondiale, ont largement disparu”.

“C’est une question d’équité, on n’entreprendra pas une troisième réforme des retraites sans y inclure” les régimes spéciaux, a assuré M. Sarkozy, en précisant qu’il ne voulait “stigmatiser personne”.

“Chaque statut gardera des éléments spécifiques forts, mais la convergence avec les autres régimes de retraite est inéluctable”, a-t-il poursuivi.

“Grand débat sur le financement de la santé”

Nicolas Sarkozy a d’autre part annoncé l’ouverture d’un “grand débat sur le financement de la santé” dont “les conclusions seront tirées au premier semestre de l’année prochaine”.

Selon le chef de l’Etat, “l’assurance maladie n’a pas vocation à tout prendre en charge, sans rien contrôler et sans rien réguler”. “C’est pourquoi j’ouvre également un grand débat sur le financement de la santé”, a-t-il indiqué.

“Qu’est-ce qui doit être financé par la solidarité nationale, qu’est-ce qui doit relever de la responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire ? Ce débat, qui a déjà eu lieu chez tous nos voisins, je demande au gouvernement de l’organiser”, a expliqué Nicolas Sarkozy.

“Nous en tirerons les conclusions au premier semestre de l’année prochaine”, a précisé Nicolas Sarkozy.

Le chef de l’Etat a également indiqué qu’il voulait “offrir une aide à l’acquisition de la couverture complémentaire beaucoup plus généreuse et étendue qu’elle ne l’est aujourd’hui”.

Il a aussi estimé que le risque dépendance des personnes âgées pouvait être “en partie” couvert par l’”assurance individuelle” privée “en complément de la solidarité”, le chantier du financement de la dépendance devant “aboutir au premier semestre 2008″.

Aller “plus loin” sur les 35 heures

Le président de la République Nicolas Sarkozy a également annoncé son intention d’”aller plus loin” dans l’assouplissement “incontournable” des 35 heures et de “donner une place plus importante à la négociation d’entreprise et de branche dans la détermination de la durée collective du travail”.

Soulignant que l’assouplissement des 35 heures était à ses yeux “incontournable”, Nicolas Sarkozy a rappelé qu’un premier pas avait été franchi avec la loi votée cet été exonérant d’impôts et de cotisations sociales les heures supplémentaires. La mesure entre en vigueur au 1er octobre.

“Il va falloir aller plus loin et simplifier certains aspects de la réglementation du temps de travail qui est l’une des plus complexes du monde”, a déclaré Nicolas Sarkozy.

“Nous devons donner une place plus importante à la négociation d’entreprise et de branche dans la détermination de la durée collective du travail, comme cela se pratique dans tous les autres pays”, a-t-il annoncé.

Fin des préretraites ?

Il a par ailleurs indiqué qu’il souhaitait “la suppression des mises à la retraite d’office avant 65 ans” et annoncé que “les préretraites (seraient) plus lourdement taxées”.

“Je demande au gouvernement de supprimer les verrous fiscaux, sociaux et réglementaires qui pénalisent ceux qui voudraient continuer à travailler et qui incitent les entreprises et les administrations à négliger les seniors dans leur gestion des ressources humaines”, a-t-il déclaré.

“En particulier, je souhaite la suppression des mises à la retraite d’office avant 65 ans”, a expliqué le chef de l’Etat. “Les préretraites seront plus lourdement taxées”, a-t-il ajouté.

“Quant aux dispenses de recherche d’emploi (chômeurs de plus de 57 ans, ndlr), elles seront progressivement supprimées pour ceux que cela concernera à l’avenir”, a également annoncé Nicolas Sarkozy.

Il a “demandé aussi aux partenaires sociaux de traiter, comme ils en ont vraisemblablement l’intention, la question de l’emploi des seniors dans le cadre de leurs négociations sur l’assurance chômage”.

Ces mesures figureront dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2008 présenté le 24 septembre.

Nouvelles sanctions pour les chômeurs

Le président a également annoncé son intention de définir “avant la fin de l’année des procédures et des sanctions, à la fois plus efficaces, plus fermes et plus justes” à appliquer lorsqu’un demandeur d’emploi refuse deux offres valables d’emploi ou une formation.

Dans le même sens, il a annoncé avoir demandé à sa ministre de l’Economie Christine Lagarde de lui faire “dans les 15 jours des propositions sur le processus de fusion de l’ANPE et de l’Unedic”, une fusion “qui aura lieu”, car “c’est l’intérêt des demandeurs d’emploi”.

Il reviendra au nouvel organisme issu de la fusion Anpe-UNEDIC de prononcer ces sanctions, a-t-il dit.


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