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Des milliers de litres de lait jetés: vive la France égoïste!

Publié le 19 mai 2009 par Angélie Baral @Greenvibes

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Producteurs laitiers, votre désarroi est bien légitime, mais pas vos méthodes: Emmaüs, les Restos du Coeur, l'Armée du Salut, les Petits Frères des Pauvres et bien d'autres associations auraient pu profiter de ce lait bien plus que les trottoirs, à moins de se dire que certaines vies humaines valent moins qu'un trottoir?

Me voilà encore sous le choc, une fois de plus. Si la colère des producteurs laitiers se comprend, j'excècre ces méthodes. Gâcher ainsi de la nourriture qui a exigé de l'énergie, de l'eau, des terres... n'est et ne sera JAMAIS justifiable alors qu'il est possible de la redistribuer sans pour autant affaiblir l'idée de manifester. Au contraire, ce serait plus noble.

Le fait que les grandes enseignes font la pluie et le beau temps ne date pas d'hier: elles fixent les marges arrières, imposent leurs exigences, s'engraissant autant que possible sur les produits qu'elles vendent. Certes, si le gouvernement souhaitait y mettre fin, il le pourrait en imposant un processus transparent sur toute la chaîne de distribution. Mais ni la gauche, ni la droite n'a la volonté d'agir (ah... lobby, quand tu nous tiens par les coucougn*****).

Ainsi, le lait en est un formidable exemple. Le prix des matières premières chute mais pas les prix de vente finaux. Pas la peine de se gratter la tête, la différence va droit dans la poche des distributeurs - enfin, du moins ceux qui dirigent car s'il est une activité où les salariés sont particulièrement payés à coup de lance-pierre, c'est bien celui-là.

Alors oui, les producteurs ont toute légitimité d'exprimer leur colère. Mais les actions d'agriculteurs qui montent sur Paris (par exemple) et distribuent leur trop-plein aux habitants ou le fait de venir avec ses brebis ou ses vaches, avouez que c'est bien plus subtile que déverser des litres de lait parterre.

Imaginerions-nous la même action en Ethiopie ou au Bangladesh? Non, j'ose croire que nous serions trop gênés par cette méthode. Mais alors pourquoi en France? Parce que notre rapport à la nourriture diffère. Notre inconscient accepte finalement volontiers le gâchis. Tant que nous conserverons ces habitudes de consommations insouciantes, l'idée d'agir réellement en faveur de l'environnement améliorant directement notre qualité de vie à long terme sera vécu comme une contrainte.

Un long chemin reste encore à parcourir...

Source de la photo: Le Monde


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