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Un nouveau texte d'Umar TIMOL (Ile Maurice)

Par Ananda

J’aime la nuit, non seulement pour ses évidences, le sentiment pascalien du vide, de la précarité, de cette beauté infinie qui se déroule dans l’espace et qui nous ramène à ce que nous sommes, c’est à dire rien ou pas grand chose, le sentiment de l’ineffable, de toucher à ce qui échappe à tout langage ou encore le sentiment d’être l’unique conscience capable d’élucider l’univers et ses magnificences mais aussi et surtout parce que je m’y sens bien, la nuit est ainsi comme un intermède ou un entre-deux car je sais qu’il ne va rien m’arriver, que je suis à l’abri, que le temps ici est figé et qu’il se perpétue indéfiniment dans l’instant et alors je le love dans les plis de ma chair, je l’enroule autour du soyeux de mes chimères et je sais qu’en ce lieu, de plénitude, le monde ne basculera pas, ne cédera pas aux railleries de la haine, ne s’évertuera pas à l’indécence, à la boursouflure du sang et de la machette, je sais qu’en ce lieu le monde résilie le chaos et la mort mais plus encore j’aime la nuit, vois-tu, parce qu’elle est servitude et délivrance, parce qu’elle te précipite à la périphérie de mes ombres et ne cesse, pour autant, de ressasser ta présence au creux de mes désirs.

umar.

 


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