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Ciel & Espace, edito. Un Soleil sans tache

Publié le 26 mai 2009 par Cieletespace

Ciel & Espace, edito. Un Soleil sans tache. C'est une question un brin "métaphysique" : que se passe-t-il quand il ne se passe rien ? Depuis plusieurs semaines, dans les observatoires solaires du monde entier, c'est LA question qu'il faut résoudre après avoir observé l'astre du jour. Sur lequel on ne voit rien !

Aucune activité, aucune tache noire caractéristique de mouvements magnétiques et d'éruptions. Rien, le Soleil est comme endormi. "Jamais depuis 1913, l'activité solaire n'a été aussi faible", explique un spécialiste. Et de surenchérir : "Si cela continue, nous nous dirigeons tout droit vers un grand froid, un rendez-vous frigo" !

Pour comprendre ce que tout cela veut dire, il faut se souvenir que l'activité de notre étoile préférée varie avec le temps. Selon un cycle de 11 ans, environ, des taches noires apparaissent à sa surface, prolifèrent comme une poussée d'acné sur un visage d'adolescent, puis diminuent avant de disparaître. Certains cycles sont très calmes et comptent à peine une vingtaine de taches au maximum ; d'autres au contraire sont plus actifs et peuvent aller jusqu'à 250 zones sombres.

En tout cas, depuis que nous disposons de mesures précises par satellites, nous savons que l'énergie émise par le Soleil augmente avec le nombre de taches. La preuve flagrante de cette corrélation est fournie par l'histoire. C'est d'un côté "l'optimum médiéval", appelé aussi le réchauffement climatique de l'an mille, avec une période inhabituellement chaude du Xe au XIVe siècle, attribuée à un Soleil très actif. Et c'est de l'autre, le fameux "petit âge glaciaire", où sous le règne de Louis XIV, le roi Soleil, aucune tache ne fut visible. Pis, un froid sans précédent s'abattit sur l'Europe, gelant la Seine.

Bref, tout semble démontrer que les humeurs du Soleil influent sur notre climat et que les effets "radiateurs" ou "frigos" sont les marques extrêmes d'abondance ou d'absence de taches.

Évidemment, l'affaire n'est pas si simple. D'abord, parce que l'accumulation des gaz à effet de serre l'emporte largement aujourd'hui sur la part du réchauffement lié à la variation de l'éclairement solaire (tout au plus 20 %).

Ensuite, parce que l'on connaît mal l'origine et le mécanisme des cycles solaires. On ne sait pas ce qui les déclenche, s'ils seront calmes ou agités, s'il existe même des super-cycles séculaires.

Bref, il faut observer et tenter de comprendre ce qui pourrait nous arriver. Depuis quelques années une flottille de vaisseaux spatiaux a été mise sur orbite pour tenter de résoudre ces énigmes fondamentales et s'essayer à une meilleure prévision des effets de la météo solaire sur l'environnement terrestre. Une tâche qui n'a plus rien de métaphysique !

Alain Cirou

Directeur de la rédaction


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