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La photo au secours de la biologie marine

Publié le 01 juin 2009 par Maaxtal

La photo identification a résolument intégré la panoplie des biologistes travaillant sur la faune marine. Très utilisée dans notre île, c’est la technique la moins coûteuse, surtout à l’heure du numérique, pour quantifier les animaux et les habitudes des espèces dans la zone.

La semaine dernière, l’Université accueillait justement une conférence sur la question organisée par Kélonia. Ainsi, Kélonia, qui travaille sur les tortues marines en étroite collaboration avec l’Ifremer, alimente une base de photos de tortues vertes (TORSOOI) les plus courantes à La Réunion et dans les îles Éparses, comptant déjà plus de 400 individus. “Les écaillures de la tête sont uniques pour chaque individu. Grâce à un logiciel, la comparaison des clichés est bien plus aisée. La comptabilisation de la population est ainsi plus rapide. On peut également déterminer, lorsqu’il y a recapture, l’aire de déplacement par exemple. C’est bien plus simple comme technique que le baguage ou le transpondeur. Elle ne nécessite pas de manipulation de l’animal”, indique Stéphane Ciccione, directeur de Kélonia. Le protocole vient d’être validé pour les tortues imbriquées grâce à une collaboration avec la Marine conservation society des Seychelles (MCSS). Justement, la MCSS travaille sur les requins baleines des eaux seychelloises. David Rowat livre : “Grâce à la photo identification, nous avons pu déterminer que 48% des individus ont été vus plusieurs fois, ce qui dénote une grande fidélité à la zone, mais aussi que la population des Seychelles ne serait pas connectée avec d’autres dans l’océan Indien”. La méthode est également utilisée par le Groupe local d’observation et d’identification des cétacés (Globice) pour les grands dauphins côtiers, les cachalots et les baleines à bosse. Violaine Dulau, cétologue de l’association, rappelle que “nous avons pu identifier 82 baleines l’année dernière à partir de leur caudales. Notre base en compte désormais 125, mais nous n’avons jamais eu de recaptures ce qui prouve que les baleines ne sont pas attachées à nos côtes, tout du moins sur un cycle court de quelques années. La population est donc certainement régionale, d’où l’intérêt de croiser nos données avec celles des autres îles de la zone”. Ça ne marche pas pour toutes les espèces car il faut des signes distinctifs forts. Lorsque les cétacés sont en groupe, la méthode n’est pas non plus viable. C’est tout de même un sacré outil. Enfin, à terme, l’idée est d’alimenter les différentes bases (comme pour les tortues) avec les clichés de tous les usagers de la mer. Et toutes ces données servent à progresser dans les connaissances biologiques, mais elles sont aussi une aide précieuse à la décision pour les gestionnaires (pêche, réserves, éco-tourisme)


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