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Synthèse de la conférence de l’OCDE « TIC, environnement et changement climatique »

Publié le 02 juin 2009 par Frédéric Bordage @greenit
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La conférence « High-level OECD Conference: ICTs, the Environment and Climate Change », organisée par l’OCDE, s’est déroulée mercredi et jeudi dernier (les 27 et 28 mai 2009) à Helsingør au Danemark. Ce lieu n’est d’ailleurs pas choisi au hasard, puisque c’est aussi le Danemark qui accueillera la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique intitulée COP15 en décembre 2009. Cette conférence de l’OCDE a aussi pour but d’apporter de la matière aux gouvernements pour comprendre le rôle des TIC dans le combat contre le changement climatique. Nous y avons participé et nous vous proposons une petite synthèse.

Organisée sur deux jours, la conférence proposait en ouverture une matinée de séances plénières pour définir le sujet du Green IT. Les participants pouvaient ensuite choisir de suivre 4 sessions (sur un total de 8) sur des thèmes plus précis. Enfin, la conférence s’est conclue par une session commune de synthèse. Télécharger le programme (PDF).

Comme son nom l’indique, cette conférence est de « haut niveau », c’est-à-dire à destination des acteurs de l’industrie des TIC et des gouvernements. Les intervenants étaient tous des personnalités à hautes responsabilités de provenance internationale (Voir la liste des intervenants). La France était représentée par Bernard Flüry-Hérard (session 6), co-auteur du rapport « TIC et développement durable » remis à Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde en mars 2009.

De nombreuses informations que nous avions déjà relayées sur GreenIT.fr ont été présentées.

  • Google, par la voix de Benjamin Kott, a présenté en session 5 l’initiative Climate savers et le récent concours Power down for the planet.
  • GreenPeace, représentée par Zeina Al-Hajj (Chef de projet de la campagne Greener Electronics), a présenté le fameux guide pour une high tech responsable et a dévoilé sa nouvelle campagne Cool-IT (session 5).
  • L’ITU (Union Internationale des Télécommunications), représenté par Malcolm Johnson (Directeur du bureau de standardisation des télécommunications), a annoncé en session de clotûre une nouvelle méthode standard pour évaluer l’impact des TIC sur l’environnement et la prochaine conférence "TIC et changement climatique" qui se tiendra en Equateur en juillet prochain.
  • EPEAT, représenté par Sarah O’Brien, a parlé du succès de son label (session 5).
  • L’Union Européenne, par la voix de Paolo Bertoldi, a présenté son code de conduite énergétique pour les datacenters (session 5).

Les résultats

Les résultats ont été résumés dans une séance de synthèse en 8 messages clefs et 8 recommandations. Si ces résultats apparaissent équilibrés, il faut savoir que beaucoup d’intervenants se sont uniquement concentrés sur la consommation d’énergie des TIC et ont souvent oublié l’impact sur l’environnement de la production et du recyclage. Heureusement Sarah O’Brien, qui représentait l’EPEAT, est intervenue à plusieurs reprises pour rappeler que la phase d’utilisation n’est que la partie visible de l’iceberg.

8 messages clefs :

1. La crise économique actuelle est une opportunité pour évoluer vers une croissance économique basée sur le savoir/ les connaissances. Les TIC sont un ingrédient clé. (Intervention de Botaro Hirosaki, Vice Président de NEC, durant la key note d’introduction)

2. Le secteur des TIC peut prendre le leadership d’une économie à faible impact carbone et dynamiser le changement socio-économique.

3. Les TIC n’ont pas forcément un impact positif sur l’environnement. Persister dans notre manière actuelle de faire des affaires peut mener au désastre. (Suite à l’intervention de Zeina Al-Hajj (GreenPeace) en session 5 qui propose de calculer l’impact net des applications TIC).

4. Au-delà de l’efficacité énergétique, l’exploitation des énergies renouvelables est importante (par exemple pour les Datacenters).

5. Une société durable est plus qu’une économie sobre en carbone. Au-delà du changement climatique, il y a d’autres problématiques comme les ressources, le recyclage, les conditions de travail ou les droits de l’homme. Nous devons maximiser la « qualité de la vie par bit » et les « bits par nature » (Sessions 1, 2, 3 et 4).

6. L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) est une méthode clé pour mesurer l’impact des TIC (session 1).

7. Afin de stimuler les changements de comportement, les solutions Green IT doivent être simples et transparentes, mais ne doivent pas disculper les utilisateurs de leur responsabilité (sessions 4, 6 et 7).

8. Augmenter la durée de vie des périphériques utilisateurs est indispensable pour réduire durablement l’impact des TIC sur l’environnement (session 5).

8 recommandations :

1. Les TIC doivent être intégrées aux politiques environnementales (session 8, table ronde du 28 mai).

2. Les politiques Green IT doivent s’appuyer sur l’ensemble du cycle de vie (ne pas seulement considérer la phase d’utilisation) (session1).

3. Promouvoir l’échange, la standardisation et l’intégration des informations du cycle de vie (session 1).

4. Développer des métriques standards pour évaluer l’impact net des applications TIC en termes de réduction d’émissions de CO2 et d’autres impacts environnementaux (pollution chimique, biodiversité) (table ronde du 28 mai, session 5, ).

5. Les marchés publics devraient systématiquement réclamer des améliorations « vertes » (session 8).

6. Afin de promouvoir le Green IT, il faut s’appuyer sur des projets phares et diffuser les meilleures pratiques (session 4).

7. Les gouvernements doivent prêcher par l’exemple (utiliser des solutions Green IT dans l’administration publique, mettre en place des tableaux de bord Green IT et réduire la consommation d’énergie des bâtiments publics) (sessions 2, 8).

8. Les outils fiscaux (comme par exemple une taxe carbone ou un système de bonus/malus) devraient être utilisés pour stimuler les investissements dans les technologies à haute efficacité énergétique (session 8, table ronde du 28 mai).

Pour revivre l’évènement

Toutes les présentations (au format PDF) sont d’ores et déjà disponibles au téléchargement ici, tout comme les vidéos correspondantes qui seront mises en ligne prochainement.

Prêcher par l’exemple

Pour conclure, sachez que nous avons participé à cette conférence via l’interface web proposée par les organisateurs qui nous a permis de suivre en direct les interventions et de poser des questions au même titre que les participants présents physiquement dans la salle.
Un rapide calcul permet de s’apercevoir que le voyage, en train puis en avion, aurait émis près de 315kg de CO2, tandis que la consommation d’énergie de l’équipement nécessaire à la téléconférence aurait émise moins de 15kg de CO2. Par contre, ce calcul est très incomplet puisque, pour bien faire, il faudrait effectuer une analyse du cycle de vie qui prendrait en compte l’impact de la production et du recyclage de chaque solution.

Détails du calcul :

Voyage physique
310kg de CO2 pour l’aller-retour en avion + 4kg de CO2 pour l’aller-retour en train (pour joindre l’aéroport).

Soit un total d’approximativement 315Kg de CO2 pour le voyage physique

Téléprésence
~1000W d’équipements (2 caméras pour chacune des 2 salles en plus de l’équipement réseau) au Danemark pendant 16h de conférence (500x16=8000) = 16KWh.
16x0,84 = 13,44Kg de CO2
~40W d’équipement en France pendant 16h de conférence (40x16= 640) = 0,64KWh. 0,64x0,09 = 0,058 Kg de CO2.

Soit un total d’approximativement 13,5Kg de CO2 pour la téléprésence.


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